Le 6 octobre, une Cambodgienne de 34 ans a été la première patiente à recevoir une greffe de rein effectuée dans le Royaume. Le Cambodge a ainsi franchi une étape dans le développement de ses soins hospitaliers. L’intervention a été effectuée par une équipe cambodgienne à l’hôpital Calmette, avec l’accompagnement de professionnels des Hospices civils de Lyon (HCL).


La réussite de l’opération a été célébrée le 6 octobre à l’ambassade de France à Phnom Penh, en présence du ministre cambodgien de la Santé, de représentants de l’hôpital Calmette et de la délégation lyonnaise.
Le projet de transplantation rénale a été engagé en 2019, avant d’être interrompu par la pandémie de Covid-19. Il a repris à la fin de l’année 2025, notamment avec la formation à Lyon de cinq membres de l’équipe cambodgienne. Le programme répond aux besoins de patients atteints d’insuffisance rénale terminale, pour lesquels la greffe peut constituer une option de traitement.
Cambodge : « Le temps après 15 heures », l’étape qui commence
Dans son discours, Raymond Le Moign, directeur général des Hospices civils de Lyon, a pris pour repère l’heure du déclampage -15h00 - au moment où le rein greffé est de nouveau irrigué dans le corps du receveur. Il a présenté cette étape comme le début de l’histoire de la transplantation rénale au Cambodge, mais aussi comme le point de départ d’un travail de longue haleine. « Ce temps-là nous appartient à tous. Il vous appartient. Il appartient au peuple cambodgien. Il appartient à l’hôpital Calmette. Il appartient au ministère de la Santé », a-t-il déclaré.
Pour le directeur des HCL, la réussite de la première opération ne suffit pas à garantir l’avenir du programme. La suite nécessitera des ressources, une organisation médicale solide et des règles claires, notamment pour l’inscription des patients, le suivi des greffés et l’encadrement éthique du don. « Ce sera aussi l’histoire du système de santé cambodgien », a-t-il souligné.
Raymond Le Moign a également salué le rôle des responsables de l’hôpital Calmette et des équipes cambodgiennes, qui ont porté le projet et pris les décisions nécessaires à sa mise en œuvre. Les HCL, a-t-il assuré, entendent poursuivre leur accompagnement, tout en reconnaissant que la responsabilité du programme revient désormais aux institutions et aux professionnels cambodgiens.
Cambodge et Lyon : une coopération pour l’autonomie des équipes
Le ministre cambodgien de la Santé a lui aussi insisté sur la continuité du partenariat. Le projet, a-t-il rappelé, ne se limite pas à une opération : il doit permettre de former les équipes, d’organiser le suivi des patients et de garantir la sécurité des donneurs vivants comme des receveurs. Le directeur de l’hôpital Calmette a, pour sa part, décrit une collaboration construite au fil des années, au bloc opératoire, en réanimation et au laboratoire. Il a salué une démarche qui, selon lui, consiste à travailler aux côtés des professionnels cambodgiens plutôt qu’à leur transmettre uniquement des connaissances.
Cette approche s’inscrit dans une relation ancienne entre les équipes lyonnaises et cambodgiennes, notamment en urologie. Selon les éléments présentés par le ministre, près de la moitié des urologues exerçant aujourd’hui au Cambodge ont été formés à Lyon.
Cambodge : une prise en charge mobilisant de nombreuses spécialités
La transplantation rénale repose sur une organisation qui dépasse largement l’intervention chirurgicale. Elle mobilise notamment les équipes de chirurgie, d’anesthésie-réanimation, de néphrologie, d’immunologie et de biologie spécialisée. Le suivi après la greffe implique aussi de prévenir et de traiter les complications, notamment infectieuses, et d’accompagner le donneur comme le receveur sur le long terme.

De Gauche à droite : les Docteurs Morelon , Koenig , Néphrologues et Leymonie anesthésiste des Hospices civils de Lyon venus en soutient pour cette première
La délégation lyonnaise réunissait ainsi des professionnels de plusieurs disciplines, reflétant la diversité des compétences nécessaires au fonctionnement d’un programme de transplantation. L’enjeu est de permettre à une équipe cambodgienne pluridisciplinaire de prendre progressivement en charge l’ensemble du parcours : évaluation des donneurs et des receveurs, préparation, intervention, suivi et formation de nouveaux professionnels. La transplantation rénale constitue une première étape. À court terme, l’enjeu affiché par les partenaires est de consolider le programme rénal et de faire vivre la coopération dans la durée.
Raymond Le Moign a résumé le rôle de Lyon comme celui d’un partenaire de cette construction : « Nous sommes très fiers d’avoir été un petit rouage dans la magnifique histoire de la transplantation rénale du Cambodge. »
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