La trompette de palme cambodgienne, ou comment fabriquer les Pei sloeuk

Par Pascal Médeville | Publié le 19/08/2022 à 17:34 | Mis à jour le 19/08/2022 à 10:58
trompette de palme cambodgienne - Pei Sloeuk

Au Cambodge, la feuille de palmier à sucre est utilisée pour fabriquer plusieurs instruments de musique, dont la trompette de palme. 

 

C’est Madame Keo Narum, spécialiste de la musique cambodgienne, qui présente dans son excellent ouvrage intitulé La Musique en pays khmer, un instrument de musique qui était très en vogue pendant les années soixante auprès des enfants cambodgiens, garçons et filles, qu’ils habitassent à la campagne ou en ville. C’était également un instrument de choix pour les jeunes bouviers qui s’en servaient pour tromper leur ennui.

Cet instrument de musique est une « trompette » rudimentaire, appelée en khmer « pei sloeuk » (ប៉ីស្លឹក, littéralement « flûte en feuille ») et confectionnée avec des feuilles de palmier à sucre, de bananier ou de cocotier.

On commence par découper à partir de ces feuilles de longs rubans d’une largeur de deux ou trois centimètres. On lisse ensuite entre les doigts les rubans ainsi obtenus afin de les assouplir quelque peu.

Si l’on souhaite une trompette longue, il suffit d’enrouler plusieurs rubans les uns après les autres. Pour terminer, on fixe le dernier ruban formant le corps de la trompette avec une épingle de bambou, ou encore avec la nervure centrale de la foliole du palmier à sucre ou du cocotier. On dit que les plus talentueux arrivent à fabriquer des trompettes longues d’un mètre ayant à leur extrémité la plus large le diamètre d’un poignet d’enfant.

Pour pouvoir produire un son, il est nécessaire d’aplatir la pointe du cône, parfois d’en couper l’extrémité, de façon à avoir une ouverture plate, et d’y introduire une anche faite d’une bande de feuille repliée sur elle-même et dont la largeur est ajustée à celle de l’ouverture du cône. Il faut tâtonner un peu pour placer l’anche dans la bonne position.

Le son produit n’est pas des plus mélodieux, mais les enfants adoraient rivaliser pour voir qui aurait la trompette la plus sonore, ou encore jouer tous ensemble pour produire une belle cacophonie.

 

La vidéo ci-dessous montre la confection de cette « pei sloeuk » avec la palme du palmier à sucre.

 

 

Article préalablement publié sur Tela Botanica.org

 

 

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Pascal Médeville

Diplômé des « Langues’O », Pascal Médeville, traducteur professionnel de khmer et de chinois, est passionné de culture asiatique en général et khmère en particulier. Après dix ans passés en Chine, il s’est installé au Cambodge en 2010.
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