Édition internationale

TAN Borivath : « Le français est une langue de culture, de lien et d’opportunités »

Portrait de TAN Borivath, ingénieur cambodgien engagé dans l’innovation agroalimentaire et la promotion du français à l’international.

Photo de TAN Borivath à l'ambassadePhoto de TAN Borivath à l'ambassade
TAN Borivath à l'ambassade de France
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 27 juin 2026

Le 2 juin, à Phnom Penh, la 4e édition de la « Journée France Alumni Cambodge » a mis à l’honneur des anciens étudiants cambodgiens engagés dans des projets innovants. Lors du concours « Talents innovants », TAN Borivath a été récompensé pour une initiative en agroalimentaire dédiée à la lutte contre la malnutrition infantile.

Son projet repose sur une boisson nutritive à base de soja, de moringa et de sésame noir, actuellement en phase de planification pour sa mise en œuvre dans une école primaire de la province de Kampong Chhnang, avec l’appui du dispositif CAP Innovation de l’Organisation internationale de la Francophonie. « L’idée est venue d’un constat simple : malgré les programmes existants, certains enfants manquent encore d’apports nutritionnels essentiels ». Pensé comme un complément aux dispositifs existants, ce projet s’inscrit dans une démarche de coopération francophone avec un déploiement local, autonome et durable.

Originaire de la province de Battambang, TAN Borivath est aujourd’hui enseignant en agroalimentaire à l’Institut de technologie du Cambodge. Il y a d’abord été étudiant et y a suivi un cycle d’ingénieur pendant trois ans, avant de poursuivre sa formation en France, à l’Institut Agro Montpellier. « J’ai construit des bases solides au Cambodge, puis la France m’a permis de les approfondir avec une approche plus appliquée et plus ouverte à l’international », explique-t-il.

Cette double formation lui a donné la possibilité de confronter deux systèmes d’enseignement. « On ne travaille pas de la même manière, on n’aborde pas les problèmes scientifiques de la même façon. Cela m’a appris à m’adapter et à prendre du recul », précise-t-il. Les stages qu’il a réalisés en France ont donc renforcé cette expérience : « Être confronté à des entreprises et à des équipes multiculturelles m’a permis de mieux comprendre les attentes du monde professionnel ».

Le français, un accès aux études et aux réseaux internationaux

La langue française occupe une place centrale dans le parcours de TAN Borivath : elle lui a donné accès à des expériences académiques et professionnelles à l’international. En 2015, il a participé au programme « Génération Bilingue », réunissant de jeunes francophones issus de 35 pays autour des enjeux climatiques : « C’était la première fois que je me retrouvais dans un environnement aussi international, avec des profils très différents ». Il a également participé au 9ᵉ Parlement francophone des jeunes à Tirana en 2022. Depuis son retour au Cambodge, le français structure toujours son activité professionnelle : « J’utilise le français pour mes travaux académiques, mais aussi pour échanger avec des partenaires et monter des projets. Cela facilite les collaborations et l’accès à certaines ressources ou programmes ».

L’anglais s’impose souvent comme un choix prioritaire : « Beaucoup de jeunes choisissent l’anglais parce qu’ils le perçoivent comme plus directement utile sur le marché du travail ». Mais pour TAN Borivath, le français demeure un atout pour les jeunes générations, même s’il est concurrencé. « C’est une langue qui ouvre des portes vers des études et des carrières à l’international, notamment dans l’espace francophone », assure-t-il.

Au Cambodge, le français conserve une place dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation, la diplomatie, la santé et le développement. L’ingénieur souligne donc la nécessité de renforcer les environnements francophones en créant « davantage d’occasions de pratiquer le français dans des contextes concrets ». Les anciens étudiants francophones jouent également un rôle structurant : « Nous pouvons partager nos parcours, montrer ce que le français nous a apporté concrètement et encourager les plus jeunes ». Ils contribuent à faire le lien entre différents espaces : « Nous sommes à la fois des relais et des passerelles entre plusieurs cultures et plusieurs systèmes », estime TAN Borivath.

Coline LUCZAK


Le Cambodge accueille cette année le 26e Sommet de la Francophonie. Le Cambodge est-il pour autant un pays francophone ? La question reste posée et mérite un long développement.

Au Petit Journal, nous sommes allés à la rencontre de ces Cambodgiens qui font vivre la francophonie au quotidien. Ils sont issus de tous les milieux et leur histoire est, à chaque fois, singulière. Qu’ils exercent dans l’enseignement, les sciences, les arts ou au sein du gouvernement, leurs profils sont multiples, mais toujours passionnants.

Retrouvez les témoignages déjà publiés de en suivant ce lien : Ces Cambodgiens qui font vivre la francophonie

bonnes lectures...

 

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