Édition internationale

À Siem Reap, l’école Française devient un lycée Français international

Installé depuis cette année dans des bâtiments entièrement neufs, le Lycée Français International Norodom Monineath Sihanouk de Siem Reap entre dans une nouvelle phase de son développement. Nouveaux locaux, ouverture d’une classe de seconde, montée en puissance du projet éducatif : son directeur, Philippe Durand-Massé, détaille les ambitions d’un établissement désormais conçu pour durer.

À Siem Reap, l’école Française devient un lycée Français internationalÀ Siem Reap, l’école Française devient un lycée Français international
Photo : Lycée Français International Norodom Monineath Sihanouk de Siem Reap
Écrit par Raphaël FERRY
Publié le 15 mars 2026

Des locaux enfin comme une école

L’établissement a connu plusieurs vies. D’abord installé dans une maison adaptée, puis hébergé dans d’anciens locaux scolaires, il dispose désormais d’un bâtiment construit spécifiquement pour sa mission.

« Cette fois, c’est une vraie école, conçue comme telle », explique Philippe Durand-Massé.

La construction, décidée en 2023, a été rendue possible grâce aux économies réalisées par l’association des parents d’élèves — organisme gestionnaire — et à une subvention de la France, via l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger.

Les plans ont été réalisés selon les normes françaises. Les salles de classe répondent aux standards réglementaires et peuvent accueillir jusqu’à 25 à 30 élèves, même si les effectifs actuels sont bien en deçà de cette capacité.

 

À Siem Reap, l’école Française devient un lycée Français international

 

Le nouvel ensemble comprend une bibliothèque-CDI, un laboratoire de sciences (SVT, physique-chimie, technologie), des salles d’arts plastiques, un restaurant scolaire et des espaces adaptés aux différents niveaux. « Nous avons désormais un vrai laboratoire, des salles aux normes, des espaces fonctionnels. Cela change complètement le quotidien des élèves et des enseignants. »

 

 

Le restaurant scolaire fonctionne avec un traiteur local. Les repas sont livrés chauds, servis sur plateau, et les parents peuvent venir déjeuner le vendredi pour observer le fonctionnement. « Les menus sont communiqués à l’avance. Les familles peuvent vérifier la qualité des repas. C’est une nourriture fraîche, saine, et le dispositif fonctionne très bien. »

Environ 80 à 85 % des élèves déjeunent sur place.

Le développement se poursuit. D'ici deux ans, un plateau sportif couvert sera construit : terrain multisport bétonné, protégé du soleil, permettant la pratique du handball, du basket ou d’autres disciplines collectives. Dans un second temps, un bloc dédié au lycée — avec des salles pour les enseignements de spécialité — est prévu, ainsi qu’une piscine.

« Le bloc lycée devrait voir le jour dans trois à quatre ans maximum. L’école a été conçue physiquement pour accueillir jusqu’à 250 élèves. »

128 élèves, 12 par classe : un lycée à taille humaine

 

 

Aujourd’hui, l’établissement accueille 128 élèves, de la toute petite section (2 ans) à la classe de seconde. La moyenne est d’environ 12 élèves par classe. « Nous pouvons aller jusqu’à 200 élèves sans difficulté, mais nous restons volontairement dans des effectifs réduits. »

L’ouverture de la seconde marque un tournant. Une inspection académique est prévue afin d’obtenir l’homologation officielle de ce niveau par le ministère français de l’Éducation nationale. « Il faut avancer étape par étape. L’objectif est d’ouvrir le cycle terminal — première et terminale — d’ici trois à quatre ans. »

Cette montée en gamme répond à une demande des familles, certaines hésitant à envoyer leurs enfants en internat à Phnom Penh après la troisième. « On ne peut pas dire à des élèves de 14 ans : partez à 240 kilomètres de votre famille parce que nous ne sommes pas assez nombreux. Il faut tenter l’aventure. »

Quand on lui demande si l’appellation « Lycée français international » n’est pas un peu ronflante, le directeur répond que l’établissement se définit à la fois comme français et international.

Français, parce qu’il applique strictement les programmes de l’Éducation nationale et qu’il est homologué par celle-ci.

International, parce qu’il rassemble plusieurs nationalités et accorde une place importante aux langues.

Le français est la langue d’enseignement. Certaines disciplines sont partiellement enseignées en anglais. Le sport est dispensé en khmer au primaire. L’histoire-géographie comporte une part en anglais au collège. L’espagnol est introduit dès la sixième et le mandarin est proposé en activité périscolaire.« Choisir l’école française, c’est choisir le plurilinguisme. Nos élèves sont, pour la très grande majorité, parfaitement bilingues français-anglais. »

Le khmer est obligatoire pour tous, y compris pour les élèves français. « C’est la langue du pays. Elle doit être enseignée. Les khmerophones approfondissent leur maîtrise, les autres débutent. »

La dynamique des bourses offertes par la Reine mère Norodom Monineath Sihanouk participe à cette évolution. Quatorze élèves cambodgiens bénéficient aujourd’hui de ce dispositif, qui couvre 90 % des frais de scolarité.

« Ce projet a contribué à faire évoluer l’image de l’établissement. Il y a davantage de mixité qu’auparavant. »

Gouvernance, cadre et perspectives

Derrière le développement des bâtiments et l’augmentation progressive des effectifs, une autre dimension, plus institutionnelle, occupe également une place centrale dans le discours du directeur. Philippe Durand-Massé insiste sur un point : une petite école doit rester une institution structurée. « Plus l’école est petite, plus il faut rappeler le cadre. Les programmes ne sont pas négociables : ils sont fixés par l’Éducation nationale. »

 

 

Conseil d’administration, conseil d’établissement, instances représentatives : le fonctionnement doit rester institutionnel, même dans un environnement de proximité.

Enfin, le directeur tient à rappeler le rôle déterminant de la Reine mère dans cette nouvelle étape. « Elle avait jusqu’à présent donné son nom à des hôpitaux ou à des dispensaires. C’était la première fois qu’une école lui demandait cette autorisation. Elle a accepté en rappelant le rôle que son mari avait joué dans la francophonie. »

Le changement de nom est désormais reconnu par les autorités cambodgiennes. L’officialisation côté français est en cours. « Nous lui sommes profondément reconnaissants. Ce geste donne du sens à notre projet. »

 

 

À Siem Reap, l’École française de Siem Reap entre dans une nouvelle étape de son histoire : celle du Lycée Français International Norodom Monineath Sihanouk, un établissement désormais doté d’infrastructures à la hauteur de ses ambitions et engagé dans un développement progressif vers le cycle terminal.

À Siem Reap, l’école Française devient un lycée Français international

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos