L’organisation NatureLife Cambodia, en partenariat avec les autorités locales, a dévoilé les résultats du recensement annuel des oiseaux d’eau pour l’année 2026. Si la diversité aviaire reste notable dans les sanctuaires de Boeung Prek Lapov et d’Anlong Pring, les experts s'inquiètent de l'impact du dérèglement climatique sur ces écosystèmes fragiles.


Un inventaire diversifié dans les sanctuaires du sud
L'organisation NatureLife Cambodia, travaillant de concert avec les gardes forestiers des sanctuaires nationaux, a finalisé en janvier 2026 le Recensement asiatique des oiseaux d'eau (AWC). Cette étude, menée dans deux paysages protégés majeurs du Cambodge, visait à évaluer la santé des zones humides et à assurer le suivi de la biodiversité locale.
Les relevés font état d'une population aviaire variée. Dans le paysage protégé de Boeung Prek Lapov, les experts ont documenté 94 espèces distinctes. De son côté, le site d'Anlong Pring a permis l'observation de 67 espèces. Au total, ce sont 161 espèces uniques qui ont été répertoriées sur l'ensemble de ces deux zones vitales pour la faune migratoire du delta du Mékong.
L’absence préoccupante de la Spatule à face noire
Malgré cette diversité, les spécialistes ont noté l’absence de certains oiseaux rares. La Spatule à face noire, une espèce particulièrement suivie, n'a pas été détectée lors de cette session de recensement. Cet oiseau migrateur avait été observé pour la dernière fois dans le secteur de Boeung Prek Lapov au cours des années 2011 et 2012.
Cette absence renforce les inquiétudes des défenseurs de l'environnement quant à l'évolution de la qualité écologique des zones humides. Les spécialistes soulignent que certaines espèces, de plus en plus difficiles à observer, pourraient souffrir de la dégradation progressive de leurs habitats naturels de nidification et d'alimentation.
Le changement climatique menace les zones humides cambodgiennes
Les experts identifient le changement climatique comme le principal facteur de la perte d'habitat au Cambodge. La hausse globale des températures entraîne une évaporation prématurée des sources d'eau, modifiant ainsi le cycle naturel des zones humides. Par ailleurs, les perturbations liées aux activités humaines continuent de peser sur la tranquillité des oiseaux migrateurs.
Afin de répondre à ces enjeux, NatureLife Cambodia et les gardes du ministère de l'Environnement prévoient d'intensifier la surveillance des sites. L'une des priorités affichées pour les mois à venir concerne l'accélération de la gestion par zonage, notamment à Boeung Prek Lapov. Ce dispositif devrait permettre d'instaurer une protection renforcée des zones de conservation centrales, garantissant ainsi un refuge plus sûr pour l'avifaune du pays.
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