Édition internationale

Une Française chante le drapeau khmer

Chanter, en khmer, une chanson à la gloire du drapeau cambodgien : voilà une idée qui peut paraître, pour le moins, exotique à la plupart des Français installés dans le Royaume depuis peu. C’est pourtant le pari qu’a relevé Anne-Sophie Douet, ostéopathe installée à Phnom Penh.

Une Française chante le drapeau khmerUne Française chante le drapeau khmer
photo Ana Eduardo
Écrit par Raphaël FERRY
Publié le 28 avril 2026

Pourquoi ce choix ? « Pour rendre un peu à ce pays qui me donne tant », nous confie-t-elle avec un large sourire.

Le projet trouve sa source dans une rencontre fortuite entre Anne-Sophie et Srornos. Ce jeune pianiste classique cambodgien a fondé sa propre école de musique à Phnom Penh.

Anne-Sophie, elle, a toujours nourri une passion pour le chant, qui l’a menée en France à participer à des télé-crochets et à des chorales. Mais après un parcours musical en Europe, elle avait mis cette passion de côté pendant près de vingt ans. C’est lors d’une soirée, rue 178 à Phnom Penh, que son talent est redécouvert de manière impromptue.

Frappé par l’émotion que dégage sa voix, Srornos lui propose alors d’interpréter un titre en langue khmère. Pour Anne-Sophie, ce projet dépasse la simple performance artistique : il s’agit d’un véritable acte de reconnaissance envers son pays d’adoption.

Le choix se porte sur une chanson patriotique khmère, composée il y a une dizaine d’années, qui célèbre les symboles nationaux et la lignée des ancêtres. Pour Srornos, ce titre est hautement symbolique : il s’agit de « célébrer le Cambodge, l’héritage de sa grandeur passée et la force du peuple khmer », dans un contexte où l’unité nationale demeure une valeur essentielle.

« Cette chanson parle de l’esprit du Cambodge et de la force d’être ensemble. Beaucoup de Cambodgiens se sentent parfois seuls ou en colère face à certaines situations. Je voulais montrer qu’ils ne sont pas seuls et que nous sommes unis par cette musique », explique le pianiste.

Il ajoute : « Nous avons eu le sentiment que personne ne venait nous aider lors du conflit avec la Thaïlande. Voir des Occidentaux qui nous soutiennent me touche beaucoup. Je veux porter ce message sur les réseaux sociaux : nous ne sommes pas seuls. »

« À travers cette chanson, je souhaite rendre au Cambodge ce qu’il me donne chaque jour. L’accueil des Cambodgiens est tel que j’avais à cœur de m’investir dans un projet qui fait sens pour eux », confie Anne-Sophie.

La réalisation du clip a été une véritable aventure logistique. Le duo a d’abord cherché un lieu capable d’accueillir un piano à queue, instrument indispensable pour permettre à Srornos d’exprimer toute sa sensibilité. Leur choix s’est porté sur le studio de l’organisation Smiling Gecko, situé dans la province de Kampong Chhnang.

L’enregistrement a été marqué par une connexion immédiate entre les deux artistes. « Il y a quelque chose d’intangible, de magique, qui s’est produit lorsque nous avons commencé à jouer ensemble. Ce que nous avons capté en studio était incroyable, l’atmosphère était unique », se souvient Anne-Sophie.

 

Une Française chante le drapeau khmer

 

Le duo a ensuite mobilisé une équipe de tournage cambodgienne afin de réaliser un clip à Kirirom. L’opération a nécessité l’installation d’un piano au cœur des paysages naturels. Le projet a également intégré une dimension solidaire : lors du tournage, l’équipe a distribué des fournitures scolaires et des vêtements aux élèves de la Coconut School.

Un succès populaire sur les réseaux sociaux

Depuis sa mise en ligne, le clip rencontre une audience remarquable, totalisant près de 400 000 vues sur Facebook en une dizaine de jours. Cette réinterprétation épurée semble avoir touché le cœur du public cambodgien par sa sincérité et son respect des traditions locales.

« Les gens sont émus de voir une étrangère s’approprier leur culture avec autant de respect. La musique permet de faire passer notre message au-delà des mots », souligne Srornos.

Forte de cette expérience, Anne-Sophie poursuit son engagement dans la vie culturelle de Phnom Penh. Elle participera prochainement à la comédie musicale « Vertige de l’amour » dans la capitale, tout en envisageant de nouvelles collaborations avec Srornos.

Pour en savoir Pus« Vertiges de l’Amour » revient à Phnom Penh pour deux soirées

Le duo espère désormais que leur travail pourra intégrer les plateformes de diffusion nationales afin de toucher un public encore plus large.

 

 

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