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Service militaire : le Cambodge prépare sa copie

Un projet de loi prévoit 24 mois de service militaire obligatoire pour les jeunes hommes, avec sanctions en cas de refus et avantages pour les conscrits.

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Assemblée Nationale Cambodgienne

Le Cambodge s’apprête à mettre en œuvre une nouvelle législation sur la conscription, prévoyant l’obligation pour les hommes âgés de 18 à 25 ans d’effectuer un service militaire de 24 mois. Les personnes cherchant à se soustraire à cette obligation pourraient encourir des peines de prison allant jusqu’à cinq ans.

Ce projet de loi relatif à « l’obligation militaire » a fait l’objet d’un examen approfondi le 4 mai, lors d’une réunion de la quatrième commission de l’Assemblée nationale, chargée de l’Intérieur, de la Défense nationale, de la Fonction publique et des Affaires frontalières. La séance était présidée par Kep Chuktema, en présence de représentants du gouvernement royal conduits par le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, le général Tea Seiha, au Palais de l’Assemblée nationale.

Renforcer la défense nationale et l’engagement civique

Le texte vise à consolider les capacités de défense du pays, à préserver l’intégrité territoriale et à encourager le sentiment patriotique chez les jeunes Cambodgiens.

Selon les dispositions envisagées, tous les citoyens cambodgiens de sexe masculin âgés de 18 à 25 ans seraient tenus d’accomplir un service de 24 mois, avec une possibilité de prolongation allant jusqu’à six mois dans des circonstances exceptionnelles. Les personnes disposant d’une double nationalité et résidant au Cambodge seraient également concernées.

Le service militaire resterait volontaire pour les femmes, bien qu’elles soient incitées à y participer.

Exemptions et sanctions prévues

Certaines catégories seraient exemptées, notamment les moines bouddhistes, les membres du clergé, les personnes en situation de handicap ainsi que les professionnels hautement qualifiés exerçant des fonctions essentielles pour la nation.

Afin de garantir l’application du dispositif, le projet de loi prévoit des sanctions en cas de non-respect, incluant des amendes et des peines d’emprisonnement comprises entre six mois et cinq ans, en fonction de la gravité des infractions.

Des mesures d’accompagnement pour les conscrits

Le gouvernement royal prévoit également un ensemble d’avantages pour les personnes ayant accompli leur service. Parmi eux figurent un accès prioritaire à l’emploi dans les secteurs public et privé, la garantie de retrouver son poste et son niveau de rémunération pour les salariés, ainsi que la possibilité de reprendre ses études sans perte de progression académique. Des indemnités et des prestations sont également prévues pendant la durée du service.

Une loi en cours d’ajustement

Kep Chuktema a précisé que cette réunion n’avait pas vocation à constituer un espace de débat, mais plutôt un cadre de collecte d’avis afin d’améliorer le texte et d’en assurer la pertinence. « L’objectif est de produire une loi qui serve au mieux l’intérêt national et celui du peuple cambodgien », a-t-il indiqué.

De son côté, le général Tea Seiha a souligné que la loi en vigueur, adoptée en 2006, ne correspond plus pleinement aux réalités actuelles. « Cette mise à jour est nécessaire pour renforcer les capacités de défense du Cambodge et développer le sens du devoir national chez les générations futures », a-t-il déclaré.

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