La justice cambodgienne confirme la condamnation de Kem Sokha, ravivant les inquiétudes sur l’état de la démocratie dans le pays.


Le leader de l’opposition Kem Sokha a perdu jeudi son dernier appel contre sa condamnation pour trahison, la Cour d’appel de Phnom Penh ayant confirmé le verdict et imposé des restrictions supplémentaires de déplacement dans une affaire de longue date critiquée par la société civile comme un signe de recul démocratique.
Le fondateur âgé de 72 ans du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), aujourd’hui dissous, avait été condamné en 2023 à 27 ans de résidence surveillée à Phnom Penh.
Des accusations contestées depuis 2017
Kem Sokha a été reconnu coupable de trahison pour des accusations selon lesquelles il aurait conspiré avec les États-Unis afin de renverser le gouvernement de l’ancien Premier ministre Hun Sen, au pouvoir pendant de longues années, et dont le fils Hun Manet occupe désormais le poste. Kem Sokha a toujours nié ces accusations depuis son arrestation en 2017.
Un tribunal de première instance lui avait également retiré ses droits politiques et interdit de rencontrer des étrangers ou toute personne en dehors de sa famille. Des experts des Nations unies ont estimé que l’affaire était politiquement motivée et reflétait un schéma plus large d’actions judiciaires visant des figures de l’opposition.
Réactions et inquiétudes sur le climat politique
L’avocat de Kem Sokha, Pheng Heng, a déclaré ne pas savoir si un recours sera déposé devant la plus haute juridiction après ce verdict, qualifiant la décision de regrettable.
Pa Chanroeun, président de l’Institut cambodgien pour la démocratie, a estimé que ce verdict reflétait le climat politique du pays, qu’il décrit comme marqué par une liberté d’expression limitée et un espace démocratique en rétrécissement.
Plusieurs ambassades ont publié des déclarations jeudi, notamment l’Australie, qui a qualifié la décision de « profondément décevante ».
L'ambassade de France au Cambodge a quant à elle publié le message suivant sur Facebook :
La délégation de l’UE et ses États membres résidents prennent note avec préoccupation de l’issue du procès en appel de Kem Sokha.
Le pluralisme politique est essentiel pour garantir un espace politique et civique ouvert au Cambodge, dans le respect de ses engagements démocratiques.
L’UE et ses États membres résidents ont toujours soutenu l’État de droit au Cambodge et espèrent une évolution constructive, notamment grâce à des mesures positives en faveur des personnes actuellement détenues.
S.E. Igor Driesmans, Ambassadeur de l’Union européenne au Cambodge
S.E. Stefan Messerer, Ambassadeur d’Allemagne au Cambodge
S.E. Olivier Richard, Ambassadeur de France au Cambodge
S.E. Markéta Kolc Hájková, Ambassadrice de la République tchèque au Cambodge
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