Entre inflation, tensions régionales et crédit en berne, l’économie cambodgienne ralentit. Seules les exportations offrent un léger souffle de résistance.


La Banque mondiale anticipe une progression du produit intérieur brut du Cambodge de 3,9 % en 2026. Il s’agirait du niveau le plus faible enregistré depuis 2021. Ce ralentissement s’explique par plusieurs dynamiques simultanées qui affectent l’économie nationale.
Le conflit prolongé au Moyen-Orient exerce une pression sur les prix, en particulier ceux de l’énergie. Cette situation contribue à une inflation élevée, estimée à 5,8 % en avril 2026. Dans ce contexte, la consommation intérieure se contracte : elle reculerait de 1,1 %, une première depuis 2020. Cette évolution traduit un affaiblissement du pouvoir d’achat des ménages.
Les tensions à la frontière avec la Thaïlande ont aussi entraîné une diminution marquée des transferts de fonds des travailleurs migrants. Ceux-ci ne représenteraient plus que 2 % du PIB en 2026, contre 5 % en 2024. Cette baisse affecte directement les capacités de remboursement des microcrédits en milieu rural, un pilier de la consommation dans ces zones déjà exposées à la précarité.
Des secteurs en panne mais des exportations toujours dynamiques
Le marché du crédit demeure particulièrement dégradé. Les prêts accordés ont chuté de 77 % depuis 2021. Le déséquilibre économique s’explique notamment par un manque de projets jugés rentables, en particulier dans l’immobilier et la construction, deux secteurs actuellement en phase de correction.

Repli attendu de la croissance économique du Cambodge Photo : AKP CC
Malgré ces difficultés, l’économie cambodgienne conserve certains facteurs de résistance. Les exportations ont continué de progresser, avec une hausse de 19 % sur les cinq premiers mois de l’année 2026. Cette dynamique contribue à amortir partiellement les effets du ralentissement global.
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