Directeur général de France Volontaires depuis 2021, Yann Delaunay était de mercredi à vendredi en visite au Cambodge. L’occasion de revenir sur le rôle du volontariat international, la place particulière du Royaume dans ce dispositif, et les perspectives à l’approche du Sommet de la Francophonie de 2026.


Diplomate de formation, Yann Delaunay a rejoint le ministère des Affaires étrangères en 2002. Il a occupé plusieurs postes à l’étranger, notamment à Copenhague et à Berlin, avant de travailler en cabinets ministériels, aux Affaires européennes puis aux Affaires étrangères. Il a également été secrétaire général d’Atout France, l’agence de développement touristique, avant de prendre la direction de France Volontaires.
« Cela fait déjà cinq ans que je suis directeur général de France Volontaires. Et c’est un engagement dont je suis très heureux. »
France Volontaires, au cœur du volontariat international
Opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, France Volontaires réunit l’État, les collectivités et la société civile pour développer le volontariat international d’échange et de solidarité.
« L’objectif, c’est de permettre à des Français qui souhaitent s’engager dans des projets de solidarité internationale de trouver des missions utiles, concrètes et construites en partenariat. »
Ces missions couvrent des réalités très diverses : service civique pour les plus jeunes, volontariat de solidarité internationale pour des profils plus expérimentés, ou encore dispositifs destinés à des retraités ou à des professionnels.« Ce qui compte, c’est de trouver la bonne adéquation entre une mission et un profil, pour que ce soit utile à la structure d’accueil comme au volontaire lui-même. »
Contrairement aux idées reçues, le volontariat ne concerne pas uniquement les jeunes :« Il y a beaucoup de jeunes, bien sûr, mais les volontaires de solidarité internationale ont en moyenne 30 ans, et certains peuvent avoir 50 ans ou plus. »
Des milliers de volontaires engagés dans le monde
À l’échelle mondiale, France Volontaires accompagne plusieurs milliers de missions chaque année. « Si l’on prend l’ensemble des dispositifs, cela représente environ 5 000 volontaires français dans le monde. »
À cela s’ajoute un enjeu central : la réciprocité. « Nous permettons aussi à des volontaires des pays partenaires de venir en mission en France. Cela concerne environ 500 personnes chaque année. »
Le Cambodge s’inscrit pleinement dans cette dynamique, avec plusieurs dizaines de volontaires cambodgiens déjà accueillis en France ces dernières années.
Le Cambodge, un pays clé du volontariat français
Le Royaume occupe une place particulière dans le dispositif. « Le Cambodge est le deuxième pays au monde en nombre de volontaires de solidarité internationale. »
En 2025, plus de 200 volontaires français y sont déployés, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’action sociale. « C’est une spécificité cambodgienne : la société civile mobilise beaucoup les volontaires pour mettre en œuvre ses projets. »
Ce dynamisme s’inscrit dans un écosystème structuré, où le volontariat est reconnu comme un levier de développement et d’engagement des jeunes .

Source : France Volontaire
Un accord bilatéral pour structurer la coopération
La visite de Yann Delaunay intervient quelques mois après la signature d’un accord intergouvernemental entre la France et le Cambodge. « Cet accord reconnaît le volontariat comme un outil de la coopération entre nos deux pays. Il facilite les mobilités et renforce notre action commune. »
Cet engagement marque une étape importante dans la structuration du volontariat comme pilier de la relation franco-cambodgienne .
La Francophonie comme horizon commun
Autre enjeu majeur : le Sommet de la Francophonie, que le Cambodge accueillera en 2026.
France Volontaires y contribue à travers plusieurs programmes, dont le dispositif « Volontaires unis pour la francophonie », qui vise à déployer une centaine de volontaires à l’échelle internationale.« Une partie de ces volontaires sera mobilisée ici, au Cambodge, dans le cadre du sommet. »
Pour Yann Delaunay, le volontariat constitue un levier concret au service de la francophonie : « C’est un outil utile dans la relation entre les pays de l’espace francophone. »
L’« Équipe France », un travail collectif
Au Cambodge, l’action de France Volontaires s’inscrit dans une dynamique plus large, portée par l’ambassade de France et ses partenaires.« Nous travaillons en collectif, avec l’ambassade, le service de coopération et d’action culturelle, l’AFD ou encore l’IRD. »
Ce travail coordonné, souvent désigné sous le terme d’« Équipe France », permet de renforcer l’impact des projets, notamment en matière de langue française et de formation.
Un exemple concret : l’envoi d’enseignants cambodgiens de français en mission en France, afin de renforcer leurs compétences pédagogiques. « Cela leur permet de se confronter aux pratiques françaises et d’enrichir leur expérience. »

De gauche à Droite : MM Pierre SOËTARD, responsable régional de France Vonlontaires, Rithyra LIV, représentant national et Yann DELAUNAY, directeur général
Une dynamique à consolider
Si le Cambodge apparaît aujourd’hui comme un terrain particulièrement favorable au développement du volontariat, d’autres pays présentent des dynamiques plus contrastées. « Ici, nous sommes dans un environnement très favorable et très dynamique»
Un constat qui souligne le potentiel du Cambodge comme laboratoire d’une coopération renouvelée, fondée sur l’engagement des sociétés civiles.
Pour en savoir Plus : Comment devenir volontaire au Cambodge
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