Aucun décès lié au paludisme n’a été enregistré au Cambodge depuis huit ans et aucune transmission locale n’a été détectée au premier semestre 2026. Les autorités restent vigilantes face aux cas importés.


PHNOM PENH – Le Cambodge n’a enregistré aucun décès lié au paludisme depuis huit ans. Aucun nouveau cas de transmission locale n’a également été recensé au premier semestre 2026. Le ministère de la Santé met toutefois en garde contre le risque de cas importés.
Dans un communiqué publié le 16 juin 2026, le ministère a présenté ces résultats comme une nouvelle étape majeure dans la lutte menée par le pays contre la maladie. Le Cambodge cherche désormais à empêcher toute réapparition du paludisme et poursuit son objectif d’obtenir, d’ici 2030, la certification de pays exempt de paludisme auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Un risque de cas importés toujours présent au Cambodge
Même si la transmission locale a été éliminée, le Cambodge demeure exposé à l’arrivée de cas importés en raison des déplacements transfrontaliers depuis des pays où le paludisme reste endémique.
Les autorités sanitaires évoquent également le risque de paludisme zoonotique, une forme de la maladie pouvant être transmise des singes aux humains. Situé dans un bassin régional sensible, le Cambodge reste exposé à ce risque.
Selon le ministère de la Santé, le Cambodge dispose d’un système national complet de surveillance du paludisme. Celui-ci permet de signaler les cas en temps réel et de déclencher une intervention rapide dans un délai de 24 heures.
Le dispositif couvre les communautés grâce aux agents villageois chargés de la lutte contre le paludisme ainsi que le réseau de santé publique : postes de santé, centres de santé, hôpitaux de référence, hôpitaux provinciaux et établissements hospitaliers nationaux.
Une surveillance renforcée dans les provinces cambodgiennes
Le ministère estime que ce réseau de surveillance s’est révélé efficace pour détecter les cas et organiser une réponse rapide. Aucun nouveau cas de transmission locale ni foyer local suspect n’a été signalé depuis le début de l’année.
Afin de préserver cette situation, les autorités continuent d’encourager la population à se protéger contre les piqûres de moustiques. Elles recommandent notamment de dormir sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide et d’appliquer les autres mesures de prévention.
Toute personne présentant des symptômes compatibles avec le paludisme est invitée à effectuer rapidement un test et à recevoir un traitement auprès d’un agent villageois ou dans l’établissement de santé publique le plus proche.
Les principaux symptômes sont une fièvre irrégulière, des troubles digestifs, des maux de tête et des douleurs musculaires, suivis d’accès de fièvre accompagnés de frissons et de sueurs.
Éliminer la transmission locale du paludisme au Cambodge
Le Cambodge a franchi une étape historique au troisième trimestre 2025, avec l’élimination de la transmission locale du paludisme, conformément au Plan stratégique national pour l’élimination du paludisme 2011-2025.
Cette avancée repose sur plusieurs années d’efforts consacrés à la détection précoce des cas, à l’administration rapide des traitements, à la surveillance de la maladie, à la prévention et à la mise en place d’interventions immédiates.
De plus de 170 000 cas en 1997 à 107 en 2025
En 1997, le paludisme constituait un problème de santé publique au Cambodge. Plus de 170 000 cas et plus de 800 décès avaient été enregistrés en une seule année. Les forêts denses et les réseaux fluviaux du pays offraient alors des conditions favorables à la reproduction des moustiques du genre Anopheles.
La situation a profondément évolué. En 2025, le Cambodge n’a recensé que 107 cas de paludisme à l’échelle nationale. La dernière phase avant l’élimination complète reste toutefois la plus difficile.
Le parcours du Cambodge, passé d’une crise sanitaire majeure à une situation proche de l’élimination, constitue l’une des évolutions les plus significatives de la santé publique dans la région.
Alors que l’objectif final se rapproche, les priorités sont clairement établies : détecter chaque cas, empêcher toute transmission et éviter le retour du paludisme sur le territoire cambodgien.
Ecrit par : Teng Yalirozy
Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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