Avec la saison des pluies, les cas de dengue augmentent au Cambodge. Transmission, symptômes, formes graves et prévention : les clés pour mieux se protéger.


Alors que la saison des pluies fait son retour au Cambodge, les conditions deviennent à nouveau favorables à la circulation de la dengue. Chaque année, la période allant de mai à octobre s’accompagne d’une augmentation du nombre de cas dans le pays.
Pour les voyageurs comme pour les résidents, quelques repères simples permettent de mieux comprendre cette maladie et d’adopter les bons réflexes au quotidien.
Remarque : les informations présentées ici sont d’ordre général. Il reste recommandé de consulter un professionnel de santé ou un spécialiste en médecine du voyage pour des conseils adaptés à votre situation et à vos antécédents.
Une maladie virale transmise par les moustiques
La dengue est causée par un arbovirus appartenant à la famille des Flaviviridae, comme les virus de la fièvre jaune ou du West Nile. Il existe quatre sérotypes distincts (DENV-1, DENV-2, DENV-3 et DENV-4).
Une infection par l’un de ces sérotypes confère une immunité durable contre celui-ci, sans protéger contre les autres. Une personne peut donc contracter la dengue plusieurs fois au cours de sa vie. Les infections successives augmentent le risque de développer des formes sévères.
Le virus se transmet principalement par la piqûre de moustiques femelles du genre Aedes, notamment Aedes aegypti et Aedes albopictus, aussi appelé moustique tigre. Après avoir piqué une personne infectée, le moustique devient à son tour porteur du virus et peut le transmettre en quelques jours. A noter que le moustique Tigre est actif toute la journée
Plus rarement, des transmissions peuvent survenir de la mère à l’enfant, ou à la suite d’une transfusion ou d’une greffe.
Reconnaître les symptômes pour réagir sans tarder
Dans de nombreux cas, l’infection passe inaperçue ou se manifeste par des symptômes modérés.
La dengue dite « classique » apparaît généralement après une incubation de 4 à 10 jours, avec :
- Une forte fièvre soudaine
- Des maux de tête
- Des nausées et vomissements
- Une éruption cutanée
- Des douleurs marquées (yeux, muscles, articulations, os)
Les symptômes durent le plus souvent de deux à sept jours. Même si cette forme reste éprouvante, l’évolution est généralement favorable, avec une convalescence pouvant atteindre deux semaines.
Les formes sévères : des situations à surveiller
Dans certains cas, la maladie évolue vers une forme sévère, souvent au moment où la fièvre diminue.
Deux formes principales sont observées :
- La dengue hémorragique
- Elle concerne environ 1 % des cas dans le monde. Elle se manifeste par des douleurs abdominales importantes, des vomissements persistants et des saignements multiples (digestifs, cutanés ou cérébraux). Chez les enfants, un état de choc peut apparaître, lié à une baisse importante du volume sanguin.
- La dengue avec syndrome de choc
- Cette forme grave se caractérise par un effondrement de la circulation sanguine (chute de tension, tachycardie, pâleur) ainsi qu’une défaillance rapide de plusieurs organes.
Le risque de forme sévère est plus élevé lors d’une seconde infection par un sérotype différent.
Quand consulter en urgence
Certains signes doivent conduire à consulter rapidement un établissement de santé :
- Douleurs abdominales importantes
- Vomissements répétés (au moins trois fois en 24 heures)
- Saignements, notamment du nez ou des gencives
- Fatigue intense, agitation ou irritabilité
Ces signaux apparaissent souvent dans les 24 à 48 heures après la baisse de la fièvre.
Diagnostic et prise en charge
Un diagnostic rapide permet de confirmer l’infection et d’assurer un suivi adapté, tout en facilitant la surveillance sanitaire.
À ce jour, il n’existe pas de traitement spécifique contre la dengue. La prise en charge repose sur le soulagement des symptômes, notamment à l’aide d’antalgiques. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont à éviter en raison du risque accru de saignement.
Des gestes simples pour limiter les risques
La prévention repose avant tout sur la protection contre les piqûres de moustiques et la réduction de leur prolifération.
Quelques mesures efficaces :
- Utiliser un répulsif adapté
- Les produits contenant du DEET sont les plus utilisés (jusqu’à 50 % chez l’adulte). Pour les enfants, privilégier des concentrations plus faibles. D’autres options existent comme la picaridine ou l’IR3535, ainsi que les répulsifs à base d’eucalyptus citronné.
- Porter des vêtements couvrants
- Manches longues et pantalons sont recommandés, notamment lors des périodes d’activité des moustiques.
- Dormir sous moustiquaire
- Une protection simple et efficace, en particulier la nuit.
- Éliminer les eaux stagnantes
- Vider régulièrement les contenants d’eau autour des habitations limite la reproduction des moustiques.
Des insecticides peuvent être utilisés, même si leur usage intensif peut entraîner des phénomènes de résistance.
Un vaccin, Dengvaxia®, existe mais reste réservé à des profils spécifiques : personnes âgées de 9 à 45 ans, déjà infectées et vivant en zone endémique.
Rester informé et adopter ces gestes permet de traverser la saison des pluies avec plus de sérénité, tout en continuant à profiter du Cambodge.
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