Édition internationale

Le Cambodge peut mieux faire sur la noix de cajou

Grand producteur de noix de cajou, le Cambodge n’en transforme localement qu’une faible part. Avec l’appui de l’Australie, le pays cherche à développer ses capacités industrielles.

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CC : Cambodianess
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 17 août 2026

Le Cambodge figure parmi les principaux producteurs mondiaux de noix de cajou. Pourtant, le pays ne capte qu’une faible part de la valeur générée par cette production, faute de capacités suffisantes pour transformer localement la majorité des récoltes. Selon l’ambassade d’Australie à Phnom Penh, cette situation prive chaque année l’économie cambodgienne de plus de 125 millions de dollars de recettes potentielles.

Dans un communiqué publié le 7 août, l’ambassade australienne indique que seulement 5 % environ des noix de cajou sont transformées au Cambodge. Le reste est exporté à l’état brut. Les agriculteurs et les négociants restent ainsi exposés aux fluctuations des cours, largement fixés par les acheteurs et les transformateurs implantés sur les marchés étrangers.

« Sans transformation locale, le Cambodge perd chaque année plus de 125 millions de dollars de recettes potentielles, tandis que les agriculteurs et les négociants demeurent vulnérables à l’instabilité des prix du marché », a déclaré l’ambassade.

Australie et Olam Food Ingredients soutiennent un partenariat au Cambodge

L’Australie soutient désormais un partenariat avec Olam Food Ingredients (ofi), un groupe mondial de l’agroalimentaire qui contrôlerait environ 20 à 25 % du marché mondial de la noix de cajou.

Cette coopération doit permettre d’ajouter une capacité de transformation de 80 tonnes par jour et de mobiliser jusqu’à 10 millions de dollars d’investissements dans la filière cambodgienne.

« L’Australie s’engage à attirer des investissements de qualité qui créent des emplois et soutiennent les entreprises, afin d’aider le Cambodge à renforcer son économie et sa prospérité », a indiqué l’ambassade.

La filière cambodgienne de la noix de cajou manque d’unités industrielles

Selon Oun Silot, président de l’Association cambodgienne de la noix de cajou (CAC), les capacités actuelles de transformation restent très inférieures aux besoins du pays.

« La capacité de transformation est vraiment faible », a déclaré Oun Silot lors d’un entretien accordé le 7 août.

Selon Oun Silot, la création annoncée d’un parc agro-industriel par le gouvernement, ainsi que les avantages fiscaux accordés aux projets d’investissement qualifiés (QIP), pourraient contribuer à attirer davantage d’investisseurs dans la transformation de la noix de cajou.

« Nous attendons la création du parc, qui doit accueillir des projets d’investissement qualifiés et bénéficier d’autres mesures incitatives du gouvernement pour les investisseurs », a-t-il déclaré.

Selon une enquête non officielle menée par la CAC, le Cambodge compte 52 structures de transformation de la noix de cajou sur l’ensemble de son territoire. Six seulement disposent d’une capacité moyenne, comprise entre 7 000 et 14 000 tonnes de noix brutes par an. Le pays ne possède encore aucune grande unité industrielle spécialisée dans cette activité.

Les provinces de Kampong Thom et de Kampong Cham accueillent les installations les plus importantes du pays.

La noix de cajou, une culture prioritaire pour la diversification agricole cambodgienne

Le déficit de transformation est d’autant plus important que la noix de cajou figure parmi les cultures prioritaires de la stratégie cambodgienne de diversification agricole.

En 2024, les plantations de cajou couvraient 580 117 hectares dans le pays. Leur capacité annuelle de production était alors estimée à 816 459 tonnes.

Selon la CAC, le Cambodge a exporté 1,03 million de tonnes de noix de cajou brutes, pour des recettes estimées à environ 1,75 milliard de dollars. Ce résultat représente une progression de 28,9 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Transformer davantage la noix de cajou pour créer des emplois au Cambodge

Ces chiffres illustrent le défi auquel le Cambodge est confronté. Accroître la production de noix de cajou ne constitue qu’une partie de l’objectif. Le développement de la transformation locale permettrait de conserver une part plus importante de la valeur de la récolte dans le pays.

Une telle évolution pourrait également favoriser les investissements, soutenir la création d’emplois et accroître les exportations agricoles à plus forte valeur ajoutée.

Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

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