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La France accompagne le projet d’agrandissement du Musée national de Phnom Penh

Le Musée national du Cambodge a franchi une étape importante le 22 octobre 2026. À Phnom Penh, le ministère cambodgien de la Culture et des Beaux-Arts et l’Ambassade de France ont remis aux autorités les conclusions d’une étude de faisabilité consacrée à sa rénovation, sa modernisation et son agrandissement. Menée d’octobre 2024 à octobre 2026 par des équipes cambodgiennes et françaises, l’étude dessine les contours d’un musée mieux adapté à ses collections et à ses visiteurs. Elle fournit au Gouvernement royal du Cambodge des éléments pour évaluer le projet et décider de la suite à lui donner.

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Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 23 octobre 2026

À Phnom Penh, le Musée national du Cambodge porte une histoire marquée par les grandes étapes du pays. Le projet fut lancé en 1914 par Albert Sarraut, alors gouverneur général de l’Indochine, qui en confia la réalisation à l’archéologue et architecte George Groslier. Inspiré de l’architecture khmère et de l’art angkorien, le bâtiment fut construit de 1917 à 1920. Il ouvrit partiellement au public en 1918, puis le roi Sisowath l’inaugura le 13 avril 1920 sous le nom de « Musée Albert Sarraut ».

Le contrôle du musée fut transféré aux autorités cambodgiennes en 1951. En 1968, une rénovation fut supervisée par l’architecte cambodgien Vann Molyvann. À partir de 1970, le musée accueillit également des collections venues de musées provinciaux, mises à l’abri dans le contexte de la guerre civile. Fermé sous le régime des Khmers rouges, il subit de lourds dommages et rouvrit en 1979. 

Le projet d'agrandissement du musée

Le projet a été lancé en 2022 par la ministre cambodgienne de la Culture et des Beaux-Arts, Phoeurng Sackona, et la France. L’étude examine notamment la possibilité d’intégrer au musée des bâtiments voisins de l’Université royale des Beaux-Arts (URBA).

Financée à hauteur de 900 000 euros par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, l’étude a été pilotée par Expertise France, en partenariat avec le Musée national des Arts asiatiques-Guimet et sous le suivi de l’Ambassade de France.

Les travaux ont été guidés par un comité de pilotage coprésidé par Phoeurng Sackona et Yannick Lintz, présidente du Musée Guimet. Au sein du comité technique, les équipes du Musée national du Cambodge, conduites par son directeur, Chhay Visoth, ont travaillé avec les experts du musée parisien. Des architectes cambodgiens dirigés par Men Chandevy, vice-rectrice de l’URBA, ainsi que les cabinets In/Ex Situ, VITAM, Comin Asia, AVE Culture et TEST Etudes ont également contribué au diagnostic des bâtiments, des collections et des publics.

 

ministre cambodgien de la culture et president du musée guillement

SE la ministre PHOEURNG Sackona et Mme Yannick LINTZ, présidente du Musée Guimet, lors du 4e comité de pilotage, le 8 septembre 2025. Crédits : Musée national du Cambodge

La jeunesse cambodgienne a elle aussi pris part à la réflexion. Un concours a invité des étudiants en architecture, en archéologie et en arts visuels à imaginer l’avenir du musée.

« Au cours de ces deux dernières années, de nombreuses réflexions, études et concertations ont été menées. Elles nous ont progressivement permis de construire une vision partagée : celle du Musée national du Cambodge de demain. À cet égard, la coopération entre le Cambodge et la France a été particulièrement étroite, confiante et précieuse. »
— Phoeurng Sackona, ministre de la Culture et des Beaux-Arts.

Collections, bâtiment et publics au cœur de l’étude

Les livrables prévus ont été réalisés autour de trois axes : les collections, le bâtiment et les publics. Ils comprennent un manuel consacré à 690 œuvres, assorti de recommandations pour leur conservation, leur présentation et leur déplacement en toute sécurité.

 

reunion pour la restauration du musée de phnom penh

Dernier comité de pilotage, tenu le 9 septembre 2026. Crédits : Expertise France

 

L’étude inclut également un diagnostic historique, architectural et technique des bâtiments, accompagné de relevés actualisés, ainsi qu’un programme architectural et technique décrivant les espaces et les fonctions du futur musée. Une enquête a été menée auprès des publics résidents et des touristes. Enfin, un préprogramme scientifique et culturel propose un récit et un parcours de visite pour les futures galeries.

Ces travaux sont réunis dans un schéma directeur du musée, ou Museum Master Plan, qui fixe une feuille de route pour les dix prochaines années autour de neuf objectifs stratégiques. Ceux-ci vont d’un meilleur accès aux collections nationales au renforcement de l’identité nationale et de la lecture spirituelle des œuvres. Ils portent aussi sur l’inscription du musée dans les circuits touristiques et la mobilisation de la jeunesse cambodgienne.

 

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Participants et membres du jury lors de la journée finale du concours « Regards de la jeunesse sur l’extension du Musée national du Cambodge ». Crédits : Musée national du Cambodge

Un projet à évaluer par les autorités cambodgiennes

L’étude de faisabilité vise à fournir au Gouvernement royal du Cambodge les éléments nécessaires pour apprécier la pertinence du projet et décider des prochaines étapes. Elle examine ce qu’un musée rénové, modernisé et agrandi pourrait apporter au pays : de meilleures conditions de conservation et de présentation des collections, un lieu d’apprentissage accueillant pour les familles et les jeunes, ainsi qu’une porte d’entrée pour découvrir le Cambodge, complémentaire au circuit d’Angkor.

Le projet pourrait aussi inciter les visiteurs à prolonger leur séjour à Phnom Penh, avec des retombées possibles pour l’économie locale, et contribuer au rayonnement culturel du Cambodge à l’étranger.

Les autorités cambodgiennes ont souligné la nécessité de concilier une muséographie contemporaine avec le respect de la dimension sacrée et spirituelle des collections et de l’identité cambodgienne.

« C’est un travail remarquable. Il y a eu une grande convergence des partenaires cambodgiens et français, et une cohérence d’ensemble de la démarche, de l’architecture aux collections et aux publics. Une base très solide a été posée pour les prochaines étapes, non seulement pour le Musée national du Cambodge, mais aussi pour la politique patrimoniale du Cambodge et pour son image dans le monde. La France reste un partenaire volontaire dans cette entreprise. »
— Olivier Richard, ambassadeur de France au Cambodge.

À Phnom Penh, une première étape achevée

La cérémonie de remise s’est déroulée en présence de Vongsey Vissoth, vice-Premier ministre et ministre chargé du Bureau du Conseil des ministres, de Phoeurng Sackona, d’Olivier Richard et de Chhay Visoth, ainsi que de représentants des institutions cambodgiennes et françaises mobilisées sur le projet.

La clôture de l’étude ouvre une nouvelle phase de réflexion, sans préjuger de la décision qui sera prise sur les travaux. Le Cambodge et la France ont exprimé leur volonté de poursuivre leur collaboration. L’ambition, selon la ministre, est de faire du musée « un musée vivant et moderne, au service de notre peuple et ouvert sur le monde ».

Le Musée Guimet a contribué aux travaux sur les collections, le diagnostic architectural et la politique des publics, en s’appuyant notamment sur son expérience du projet de rénovation « Guimet 3.0 ». Expertise France, agence publique du groupe Agence française de développement, mène plusieurs projets au Cambodge, dont cette étude financée par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères.

 

le musée national à Phnom Penh

Vue aérienne du Musée national du Cambodge et de l’Université Royale des Beaux-Arts. Crédits : KHUN Ratha

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