Chaque année, des milliers de jeunes Cambodgiens terminent le lycée sans savoir quelle filière choisir. Écoles, familles et universités peuvent les aider à décider en connaissance de leurs aptitudes et de leurs envies.


OPINION
Chaque année, des milliers d’élèves terminent la classe de terminale et doivent choisir une filière universitaire. Pour beaucoup, cette décision ne repose pas sur une connaissance précise de leurs goûts, de leurs aptitudes ou de leurs projets professionnels. Certains suivent même le choix de leurs amis.
D’autres se tournent vers les filières en vogue ou réputées offrir de meilleurs salaires. De nombreux jeunes suivent aussi les souhaits de leurs parents, qui veulent naturellement le meilleur pour leurs enfants, mais peuvent privilégier des professions jugées prestigieuses ou sûres.
Une question se pose alors : les élèves doivent-ils choisir une filière populaire, celle que leur famille préfère, ou un domaine qu’ils aiment vraiment et dans lequel ils ont des aptitudes ?
Réforme de l’éducation au Cambodge : mieux accompagner les élèves
La réforme de l’éducation en cours au Cambodge rend cette réflexion d’autant plus importante. Les résultats de PISA 2025 apportent une note encourageante : les élèves cambodgiens ont amélioré leurs résultats moyens en mathématiques, en lecture et en sciences par rapport à 2022.
Mais PISA ne se limite pas aux résultats d’examens. Le programme évalue aussi la capacité des jeunes à mobiliser leurs connaissances, à exercer leur esprit critique, à résoudre des problèmes et à communiquer efficacement. Ce principe devrait également guider la préparation des élèves au choix de leurs études.
Trois pistes peuvent contribuer à améliorer la situation. Premièrement, le Cambodge doit renforcer un enseignement du primaire au lycée fondé sur les compétences attendues et sur des données concrètes, plutôt que de mesurer les élèves uniquement à travers les examens finaux.
Les établissements devraient aider régulièrement les élèves à cerner leurs points forts, leurs centres d’intérêt et leurs compétences. Un élève est-il particulièrement à l’aise en mathématiques et dans la résolution de problèmes ? Un autre fait-il preuve de créativité, de qualités de communication ou de leadership, de compétences technologiques, de curiosité scientifique ou d’aisance dans les relations humaines ?
Ces observations peuvent aider les jeunes à mieux se connaître et à rapprocher progressivement leurs aptitudes de filières universitaires et de métiers possibles.
Orientation scolaire au Cambodge : découvrir les métiers et les formations
Deuxièmement, l’orientation et la découverte des métiers devraient occuper une place plus structurée dans l’enseignement secondaire.
Les élèves ont besoin d’occasions pour explorer différentes professions, rencontrer des personnes qui les exercent, comprendre les possibilités du marché du travail et découvrir concrètement le contenu des programmes universitaires.
Les parents restent également des partenaires essentiels. Leur expérience et leurs conseils comptent, mais ils ne devraient pas se transformer en pression. Une profession admirée par les parents ne correspond pas forcément aux aptitudes ou aux intérêts de leur enfant.
Universités cambodgiennes : renforcer les liens avec les lycées
Troisièmement, les établissements d’enseignement supérieur ont eux aussi une responsabilité. Les universités ne devraient pas s’adresser aux élèves du secondaire uniquement lorsqu’elles cherchent à recruter de nouveaux étudiants.
Elles devraient nouer des partenariats plus solides avec les lycées : séances d’information sur les études universitaires, échanges sur les carrières, visites de campus, présentations de matières et rencontres avec des enseignants, des étudiants, des diplômés et des professionnels.
Étudiants cambodgiens : choisir une voie en connaissance de cause
Pour conclure, les élèves devraient être encouragés à trouver un point de convergence entre ce qu’ils aiment, ce qu’ils savent faire et ce dont la société a besoin.
La question ne devrait plus se limiter à : « Quelle filière est populaire ? » ou « Quelle filière ma famille veut-elle que je choisisse ? »
Chaque élève cambodgien devrait plutôt pouvoir se demander : « Qui suis-je ? Quelles sont mes aptitudes ? Quelle contribution ai-je envie d’apporter ? Quel parcours d’études peut m’y conduire ? »
Si le système éducatif aide les élèves à répondre à ces questions avant leur entrée à l’université, le choix d’une filière relèvera moins du pari et davantage d’une décision éclairée sur leur avenir.
Neak Piseth est chercheur à l’Institut de recherche en sciences policières de l’Académie de police du Cambodge et maître de conférences à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université royale de Phnom Penh.
Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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