Des images Apple Plans révèlent l’ampleur des destructions dans trois villages de Banteay Meanchey, alors que des milliers de Cambodgiens restent privés de retour.


Des images haute résolution diffusées par Apple Plans montrent qu’au moins 627 maisons et autres structures, occupées auparavant par des Cambodgiens, ont été détruites par les forces thaïlandaises dans trois villages de la province de Banteay Meanchey depuis le cessez-le-feu du 27 décembre, qui a mis fin à six mois de conflit frontalier.
Selon l’organisation de défense des droits humains Licadho, les destructions ont commencé en janvier dans les villages de Chok Chey, Boeung Trarkuon et Prey Chan. Les premières preuves satellitaires avaient été fournies par les satellites Sentinel-2 de l’Agence spatiale européenne.
Des centaines de bâtiments étaient déjà considérés comme détruits. La mise à jour d’Apple Plans, qui propose des images plus détaillées, permet désormais d’établir qu’au moins 627 habitations et autres structures ont été rasées dans ces trois villages depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon Licadho.
Banteay Meanchey : une première estimation indépendante des destructions
Ce bilan constitue la première estimation indépendante du nombre de maisons perdues. Il vient appuyer les affirmations du gouvernement cambodgien, qui accuse la Thaïlande d’avoir pris le contrôle de vastes portions de territoire le long de la frontière.
Dans ces zones, les forces thaïlandaises auraient empêché les villageois khmers d’accéder à leurs terres en installant des conteneurs maritimes, des barbelés et des sacs de sable.
Plus de 20 000 Cambodgiens déplacés restent bloqués loin de leur domicile et ne peuvent toujours pas regagner leurs villages. Beaucoup sont originaires de Prey Chan et de Chok Chey, deux localités fortement touchées par les combats. La Thaïlande affirme que ces villages ont été établis sur son territoire.cambodge

Village de Boeung Trarkuon en Avril 2025
Le droit au retour des civils déplacés
Selon le droit international, les personnes déplacées par un conflit armé disposent du droit de regagner leur domicile. Tom Andrews a appelé la Thaïlande et le Cambodge à travailler ensemble afin de garantir un retour sûr pour tous les civils.
« Ils doivent pouvoir rentrer chez eux et ils le méritent », a déclaré Tom Andrews.
Pour en savoir Plus : Tom Andrews, les défis des droits humains au Cambodge
La Thaïlande continue cependant de défendre ses revendications territoriales et a critiqué la référence du rapporteur spécial à quelque 650 000 Cambodgiens déplacés par les tensions persistantes à la frontière.
Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères estime que Tom Andrews a comptabilisé à tort des Cambodgiens vivant dans les villages frontaliers. Cette remarque visait implicitement Chok Chey, Boeung Trarkuon et Prey Chan. Selon Bangkok, les habitants auraient empiété sur le territoire thaïlandais au cours des cinquante dernières années.

Village de Boeung Trarkuon en Mars 2026
Phnom Penh dénonce une volonté de modifier la réalité du terrain
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, affirme que la destruction des habitations et des infrastructures civiles par les forces thaïlandaises vise à modifier la situation sur le terrain, afin de la présenter ensuite à la communauté internationale comme un fait accompli.
Selon Neth Pheaktra, ces destructions violent les dispositions du cessez-le-feu, qui prévoient un retour sûr et sans entrave des civils déplacés.
« Une paix véritable ne se définit pas seulement par l’arrêt des tirs, mais par la garantie d’un retour sûr, volontaire et digne pour tous les citoyens déplacés », a déclaré Neth Pheaktra.
Le Cambodge demande à la Thaïlande de respecter pleinement l’accord du 27 décembre, de mettre fin à sa présence jugée illégale, de cesser d’empêcher le retour des civils et de coopérer avec la Commission mixte de délimitation de la frontière, ou Joint Boundary Commission (JBC), afin de rétablir une situation normale.
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