La faune menacée reprend peu à peu ses droits à Angkor

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 05/08/2022 à 05:00 | Mis à jour le 05/08/2022 à 04:35
Photo : Gibbon / Pixabay
gibbon in the jungle

 

Des décennies après avoir été décimées par la chasse, de nombreuses espèces en voie de disparition refont leur apparition à Angkor. Cette bonne nouvelle est due au programme conjoint entre le groupe de conservation Wildlife Alliance, l'administration forestière et l'Autorité Apsara, l'agence gouvernementale qui s’occupe de la gestion des temples d’Angkor.

 

Les gibbons à bonnet réapparaissent au Cambodge

Cette initiative a permis de réintroduire dans la nature un premier couple de gibbons à bonnet dès 2013. Nommés Baray et Saranick, les deux singes sont nés de parents sauvés du commerce d'animaux sauvages.

Un an après, ils ont eu des petits.

C'est ainsi qu'en quelques années, le projet a pris de l’envergure, et ce sont maintenant pas moins de 4 couples de gibbons qui vivent sur le site d’Angkor. C'est ce que souligne Nick Marx, directeur du programme de sauvetage et de soins de Wildlife Alliance :

 

Nous avons libéré quatre couples différents de gibbons dans la forêt d'Angkor et ils se sont reproduits. A l’heure actuelle, sept bébés sont nés.

 

C’est avec fierté qu’il a ensuite ajouté :

Nous restaurons le patrimoine naturel du Cambodge pour en faire son plus beau patrimoine culturel.

 

Une victoire importante pour les défenseurs de la nature

Au niveau mondial, les gibbons sont l'une des familles de primates les plus menacées. Le gibbon à bonnet est classé parmi les espèces en danger. C'est pourquoi, ce projet représente une véritable victoire pour de nombreuses personnes.

Selon M. Marx, son équipe sauve 2 000 animaux par an et beaucoup d'autres vont bientôt être réintroduits dans la jungle d'Angkor. Il espère même qu’ils se reproduiront jusqu’à créer une « population durable d'animaux ».

 

Loin de s’être arrêté aux seuls singes, le programme a permis de relâcher plus de 40 autres animaux dans la nature, dont des langurs argentés, des cerfs muntjac, des loutres au pelage lisse, des chats-léopards, des civettes et des paons verts. Ces derniers ont tous été sauvés de trafiquants, donnés ou sont nés en captivité dans la réserve naturelle de Phnom Tamao, près de Phnom Penh.

 

otters in water
Loutres / Pixabay

 

Enfin, ce programme a également une visée éducative; puisque ses promoteurs espèrent que les touristes locaux et étrangers, après avoir observé les animaux sauvages, seront intéressés par leur protection et que cela stimulera les efforts d'éducation à la conservation.

 

Des menaces qui restent conséquentes

Malgré les efforts conjoints de différents acteurs, de nombreuses menaces continuent de peser sur la faune et la flore cambodgienne. En effet, une grande partie de la faune des forêts tropicales cambodgiennes a disparue suite au braconnage, à la perte d'habitat due à l'exploitation forestière, à l'agriculture et à la construction de barrages.

Ainsi, selon Global Forest Watch, de 2001 à 2021, le Cambodge a perdu 2,6 millions d'hectares de couverture arborée, soit une diminution de 30 %. Les intérêts commerciaux l'emportent régulièrement sur les efforts de protection.

 

Un autre problème se pose. En effet, le porte-parole du ministère de l'Environnement, Neth Pheaktra, a déclaré que malgré la campagne pour décourager la chasse et la consommation de viande d'animaux sauvages lancée par le gouvernement, près de 61 000 pièges ont été retirés par les autorités en 2021.  

Que ce soit pour des raisons sociales (pauvreté généralisée dans certaines régions), thérapeutiques (médecine traditionnelle), ou simplement pour avoir des animaux de compagnie particuliers, les animaux sauvages sont donc toujours menacés.

 

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Raphael Ferry

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