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L'autoroute Phnom Penh - Hô Chi Minh-Ville : un projet à l'arrêt ?

Lancé officiellement en juin 2023, le chantier de l’autoroute devant relier Phnom Penh à Hô Chi Minh-Ville semble marquer le pas. Ce projet d'envergure, essentiel pour les échanges avec le Vietnam, se heurte à des défis de financement et aux critiques nées d'une précédente réalisation infrastructurelle dans le Royaume.

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Autoroute Phnom Penh-Sihanouk

Un chantier d'envergure confié à l'expertise chinoise

La construction du tronçon cambodgien, qui doit relier Phnom Penh à la ville frontalière de Bavet, a été attribuée à l’entreprise China Road and Bridge Corporation (CRBC). Ce projet représente un investissement de 1,5 milliard de dollars, assorti d’une concession d’exploitation de cinquante ans au profit de la société chinoise.

Cette infrastructure est considérée comme une priorité par les autorités khmères. Aujourd'hui on couvre les 225 km séparant les deux capitales en 7h environ. Ce projet vise donc à fluidifier le transport de marchandises et de passagers vers le Vietnam, devenu en 2025 le troisième marché d’exportation pour les produits du Cambodge. Toutefois, malgré l'importance du dossier, l'avancement des travaux demeure peu visible.

Le précédent de l'autoroute vers Sihanoukville

L'entreprise CRBC n'en est pas à son premier coup d'essai dans le pays. Elle a déjà réalisé la première autoroute du Cambodge, reliant la capitale à Sihanoukville. Inauguré en octobre 2022, cet axe fait toutefois l’objet de critiques régulières de la part des usagers et des observateurs.

Les tarifs de péage sont jugés particulièrement élevés, s'élevant à 15 dollars pour un véhicule léger et jusqu'à 76 dollars pour les poids lourds de plus de 20 tonnes. Par ailleurs, des inquiétudes ont été exprimées concernant la qualité des infrastructures, certains segments de la chaussée ayant montré des signes de détérioration prématurée peu de temps après l'ouverture.

Un contexte de financement de plus en plus complexe

Le ralentissement du projet entre Phnom Penh et Bavet pourrait également s'expliquer par un changement de stratégie financière en Chine. Les entreprises publiques chinoises rencontrent des difficultés croissantes pour financer leurs opérations à l'étranger.

Les grandes institutions bancaires publiques de Pékin semblent désormais privilégier le financement de projets domestiques au détriment de leurs engagements internationaux. Ce durcissement des conditions de crédit pourrait impacter la rapidité d'exécution des grands travaux d'infrastructures prévus dans la région, mettant en suspens la concrétisation de cet axe routier majeur pour l'économie régionale.

 

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