À Kirirom, au cœur de la nature cambodgienne, une dizaine d'enfants viennent de vivre quelques jours loin de leur quotidien. Menées par Mona Hard pour l'Association d'Entraide des Français du Cambodge (AEFC), ces colonies s'adressent à des jeunes issus de familles en situation de fragilité.


« Sur ce dernier projet, nous avions dix enfants. » Quatre sessions sont prévues au total. « Donc, nous aurons quarante enfants au total. » Deux séjours devraient se tenir à Kirirom, deux autres aux monts Kulen, près de Siem Reap. La prochaine session est annoncée *« du 21 avril au 24 avril, après le Nouvel An khmer ». *
Une priorité donnée aux enfants les plus vulnérables
La sélection des participants repose sur des critères précis, définis en lien avec les autorités consulaires. « La liste est établie en collaboration avec les services sociaux du consulat. »
Les situations les plus fragiles sont traitées en premier lieu. « Notre priorité, ce sont tous les enfants orphelins d’au moins un parent. » La plupart sont des enfants dont le père est décédé, vivant avec une mère en difficulté.
D’autres profils sont également concernés : « les enfants dont les familles bénéficient d’aides exceptionnelles du consulat et qui sont boursiers à 100 % », puis ceux bénéficiant de bourses à haute quotité. Tous sont français ou binationaux. « La plupart sont franco-khmers. »
Le dispositif reste encadré et ciblé : ces colonies ne sont pas ouvertes à tous, mais s’inscrivent dans un accompagnement social structuré.
Contacter, rassurer, accompagner les familles
En amont de chaque séjour, un travail important est mené auprès des familles. Prise de contact, explications, vérifications administratives : chaque étape demande du temps et de la pédagogie.
« Je crée les documents et visuels en français, anglais et khmer », précise Mona Hard. Une adaptation nécessaire face à la diversité des situations : « Certaines mamans parlent uniquement khmer, d’autres uniquement anglais. »
Un collaborateur francophone, Khruy, participe à ce suivi. « C’est un énorme travail d’appel, parce que nous devons souvent rappeler plusieurs fois, expliquer. »
Autorisation parentale, santé, alimentation ou assurances : l’ensemble des aspects logistiques est anticipé afin de sécuriser les séjours.
Pour en savoir Plus : Bruno Bogvad :« L’AEFC est là pour que personne ne reste seul face à l’adversité »
Apprendre, partager et pratiquer le français
Au-delà des activités, ces colonies poursuivent un objectif éducatif. « La sociabilisation, la pratique de la langue, le vivre ensemble, l’entraide. »
La langue française y occupe une place centrale. « Beaucoup d’enfants vont naturellement vers l’anglais. (…) Ici, nous les poussons à parler français. » Une manière de renforcer un lien linguistique parfois fragile dans leur quotidien.
Retrouver le goût des choses simples
À Kirirom, l’environnement naturel devient un terrain d’apprentissage. Les enfants participent à toutes les étapes de la vie collective.« C’était une colo rando-camping. Ils ont appris à monter une tente, à cuisiner, à aider les plus jeunes. Tout le monde participait. »

Les activités les plus simples prennent une dimension particulière : « Se balader en forêt, voir un coucher de soleil. Pour beaucoup, c’était une première. » « Et finalement, ils ont tous aimé. »
Une aventure humaine au-delà des activités
Le cadre et la vie en groupe laissent des souvenirs durables. Entre reliefs et paysages brumeux, certains instants marquent les esprits. « Nous avions l’impression d’être dans les nuages », raconte Mona Hard.
Le quotidien partagé contribue aussi à cette expérience : « Nous avons préparé des plats typiques français, fait des sandwichs à la française et avons même cuisiné au feu de bois. Les brochettes de marshmallow, comme toujours, ont beaucoup plu ! » Des moments simples, mais structurants.
Penser dans la durée
Plusieurs sessions sont déjà prévues après celle d’avril. « Soit les deux premières semaines de juillet, soit une en juillet et l’autre à la fin août. » Une autre pourrait être organisée « avant la Francophonie ».
Pour l’instant, le projet fonctionne, mais repose sur un investissement important en temps et sur un nombre limité de personnes. Pour se développer, il devra s’appuyer sur de nouveaux relais. « J’aimerais avoir de nouveaux volontaires, dynamiques et avec un peu de temps libre pour aider à la préparation de ces projets », confie Mona Hard.
Des liens qui s’inscrivent dans la durée
Au fil des séjours, des relations se nouent et perdurent. « Avec ces enfants, nous avons créé des liens. » Ces attaches se prolongent bien au-delà de la colonie : « L’autre jour, un enfant m’a sauté dans les bras alors que j’étais à Descartes, pour me dire bonjour. »

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