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Où en sont les menaces de sanctions contre le Cambodge ?

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 02/07/2018 à 20:00 | Mis à jour le 02/07/2018 à 20:00
Photo : Les drapeaux américain et européen.
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Les Etats-Unis ont annoncé mardi 12 juin des sanctions contre le général cambodgien Bun Heang. Depuis la dissolution du CNRP en novembre 2017, l’Union européenne et les Etats-Unis ont menacé de prendre divers types de sanctions, et pris certaines mesures contre des responsables du gouvernement cambodgien.

Le général Bun Heang, commandant en chef adjoint de l’armée cambodgienne et commandant de l’unité de gardes du corps du premier ministre (BGU), a été visé le 12 juin par des sanctions du département du trésor américain. Il est notamment frappé d'une interdiction d’entrée aux Etats-Unis et d'un gel de ses avoirs dans le pays. Les autorités américaines considèrent que le BGU a été impliqué dans plusieurs violations des droits de l’homme visant des Cambodgiens.

Le général a répondu qu’il ne disposait pas d’avoirs aux Etats-Unis, et que l’argent qu’il mettait de côté servait à financer des projets de développement au Cambodge. Dans une déclaration, Bun Heang a affirmé qu’il restait « engagé à protéger l’intégrité territoriale et la souveraineté du royaume, et ne permettrait à aucun étranger de violer celles-ci », se référant aux menaces d’une révolution de couleur qui ont été avancées pour justifier la dissolution du CNRP.

Des propositions de loi visant à imposer des gels d’avoirs ont été déposées au Sénat et à la Chambre des représentants des Etats-Unis. Des restrictions de visas ont déjà été annoncées en décembre 2017, contre les « individus susceptibles de porter atteinte à la démocratie cambodgienne » et leurs familles.

Vers une suspension de l'accord préférentiel européen ?

De son côté, l’Union européenne a annoncé en avril l’envoi dans le courant de l’année d’une mission européenne au Cambodge afin d’évaluer la situation du pays dans le cadre de l’accord préférentiel « tout sauf des armes » qui permet aux biens produits au Cambodge d’entrer sur le marché européen sans être soumis à des droits de douane. Cette exemption peut être levée - temporairement ou définitivement - en cas de violations des droits de l’homme.

En décembre 2017, une résolution du Parlement européen appelait l’exécutif européen à envisager la suspension de l’accord préférentiel avec le Cambodge et à adopter des sanctions - gels d’avoirs et restrictions de visas - à l’encontre de hauts responsables du gouvernement cambodgien.

Bien que le Cambodge se repose de plus en plus sur la Chine en matière d’investissement, il dépend encore beaucoup de l’Union européenne pour ses exports. Le marché européen est notamment le plus important débouché du pays pour le secteur du textile, qui emploie des centaines de milliers d’ouvriers cambodgiens.

Les autorités cambodgiennes affirment que ces sanctions sont illégitimes. Elles considèrent notamment que la dissolution du CNRP et la fermeture de plusieurs médias en 2017 répondaient aux exigences de l’Etat de droit. Le gouvernement a envoyé fin juin à Bruxelles une délégation chargée de présenter ses arguments aux institutions européennes.

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