Vendredi 27 novembre 2020

La pandémie de Covid-19, coup de grâce pour les chauffeurs de tuk-tuks

Par Virginie Vallée | Publié le 28/06/2020 à 20:00 | Mis à jour le 01/07/2020 à 14:10
tuktuk cambodge

La disparition des touristes au Cambodge en raison de la pandémie de Covid-19 fait beaucoup de tort aux chauffeurs de tuk-tuks remorques qui en sont en grande partie tributaires. 

Si certains ont leur place attitrée devant les hôtels, restaurants ou monuments publics, d’autres déambulent dans les rues de Phnom Penh, Siem Reap ou Sihanoukville à la recherche du client. Cependant, depuis quelques semaines les tuk-tuks remorques se font plus rares dans les rues de Phnom Penh. Le « tuk-tuk, sir » qui jusqu’à peu rythmait le quotidien des étrangers installés au Cambodge se fait plus rare.

Selon les chauffeurs de tuk-tuks remorques interrogés les touristes constituent leur principale clientèle. Les tours de la ville et de ses monuments sont une source de revenus majeure avec pour certains d’entre-eux un complément de salaire grâce aux trajets scolaires. La fermeture des écoles  depuis le 16 mars ainsi que des musées et du palais royal ne font pas les affaires de la profession. Les chauffeurs de tuk-tuks sont démunis face à cette crise sans précédent. Tom est chauffeur de tuk-tuk remorque, père de deux enfants, son épouse est cuisinière pour une famille d’expatriés américains. « En 2019 je gagnais 40 dollars par jour, j’étais tout le temps en activité, aujourd’hui quand je gagne 5 dollars je suis content, mon tuk-tuk ne bouge quasiment plus », raconte le trentenaire qui rêve de travailler dans la restauration. Pour ce qui est d’adhérer à une plateforme telle que Grab ou PassApp la réponse est sans équivoque « Ils proposent des prix dérisoires et prennent en plus 20% de commission, je ne veux pas travailler pour rien », s’offusquent les deux chauffeurs à l’unisson.

L’annonce du dépôt de 3000 dollars pour l’entrée des étrangers sur le territoire cambodgien laisse un goût amer aux chauffeurs de tuk-tuks qui préfèrent penser que c’est une mauvaise blague. « On en parle entre nous mais on se dit que ça ne peut pas arriver sinon on ne pourra jamais plus travailler », s’inquiète Tom. « Le gouvernement sait ce qu’il fait, moi je ne suis qu’un chauffeur de tuk-tuk, je n’ai pas d’avis mais ils ne nous laisseront pas sans travail », assure Bun, un autre chauffeur de la même rue plus confiant pour l’avenir. « J’ai 55 ans, je n’ai pas d’autre travail que mon tuk-tuk et un loyer de 250 dollars à Phnom Penh. Je loue une grande maison où ma femme tient une petite boutique au rez-de-chaussée » explique le chauffeur originaire de la province de Kampong Cham qui a fait venir sa femme et leurs cinq enfants pour travailler à Phnom Penh.

« Les collègues n’en peuvent plus d’attendre les touristes, les hôtels sont vides, ils sillonnent les rues pour trouver des clients mais il n’y en a plus », se désole Tom. Les Chinois comptent parmi les principaux touristes au Cambodge. Les touristes chinois avaient commencé la désertion dès le premier janvier avec la mise en place de la loi interdisant les jeux d’argent en ligne au Cambodge, puis avaient cessé de se rendre au Cambodge une fois l'épidémie déclarée. Le confinement du reste de la planète à compter du 16 mars a fini d’assécher l’afflux de touristes au Cambodge.

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