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Chak Sopheap reçoit le prix franco-allemand des droits de l’homme

Par Pierre Motin | Publié le 10/12/2018 à 20:00 | Mis à jour le 10/12/2018 à 20:00
Photo : Chak Sopheap, directrice du Centre cambodgien pour les droits de l'homme.
CHAK Sopheap

La directrice de l'ONG Centre cambodgien pour les droits de l’homme (CCHR) Chak Sopheap a reçu lundi 10 décembre le prix franco-allemand des droits de l’homme.

Chak Sopheap, la directrice exécutive du Centre cambodgien pour les droits de l'homme, a reçu le 10 décembre le prix franco-allemand des droits de l'homme et de l'Etat de droit, remis chaque année à 15 défenseurs des droits de l'homme dans le monde.

« Alors que nous célébrons le 70e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, la défense des espaces civils et politiques est plus importante que jamais partout dans le monde, a déclaré l’ambassadrice de France au Cambodge Eva Nguyen Binh. C’est pourquoi nous souhaitons exprimer notre gratitude à Chak Sopheap pour son engagement en faveur des droits de l’homme et sa défense de l’Etat de droit. »

L’ambassadeur allemand Ingo Karsten a souligné que « le respect des droits de l’homme est inscrit dans les accords de Paris, qui constituent la base même de notre coopération avec le Cambodge. Des individus courageux comme Chak Sopheap nous rappellent en permanence la valeur des droits de l’homme, tels qu’ils figurent dans la constitution du royaume du Cambodge ».

A 33 ans, Chak Sopheap représente une nouvelle génération de défenseurs des droits de l’homme qui croient fermement à l’égalité et à la justice sociale, sont très actifs sur les réseaux sociaux et s’engagent pour les droits de l’homme. Le CCHR fournit des outils aux groupes indigènes, aux jeunes, aux femmes, à la communauté LGBT afin qu’ils puissent faire respecter leurs droits. Issue d'une famille modeste de Kampong Cham, Chak Sopheap a étudié au Japon où elle a obtenu une bourse afin de poursuivre un master en relations internationales spécialisé dans les questions de paix. Elle est devenue directrice exécutive du CCHR en 2014. « Je suis extrêmement honorée et reconnaissante d'avoir reçu ce prix, a indiqué Chak Sopheap. Pour moi, il symbolise la reconnaissance du travail de tous les défenseurs des droits de l'homme au Cambodge, qui mettent en péril leur sécurité personnelle pour aider les plus vulnérables, défendre les droits humains de tous, et essayer de demander des comptes aux gouvernants. »

Kem Sokha, l’ancien président du CNRP actuellement en résidence surveillée, est un ancien directeur du CCHR. Après des menaces de fermeture de l’ONG par les autorités en novembre 2017, Chak Sopheap avait souligné que le CCHR était strictement indépendant de tous les partis politiques.

Une marche pour les droits de l’homme interdite à Phnom Penh

Les autorités de Phnom Penh ont interdit une marche organisée lundi 10 décembre par des ONG et syndicats afin de célébrer le 70e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, citant des menaces pour l’ordre public. Les manifestants ont néanmoins pu se rassembler à Freedom Park.

Cette décision intervient alors que l’Union européenne menace le Cambodge de suspendre l’accord préférentiel « tout sauf les armes », qui permet au Cambodge d’exporter en direction de l’Union européenne sans avoir à payer de droits de douane, en raison d’une détérioration de la situation des droits de l’homme dans le pays.

Le gouvernement a annoncé fin novembre que les ONG enregistrées pouvaient mener leurs activités sans avoir à avertir au préalable les autorités.

« Il est temps que les affirmations récentes du gouvernement à propos de son engagement pour les droits de l’homme se transforme en actions concrètes, affirme Chak Sopheap. Les autorités doivent mettre fin au climat actuel de peur et de répression, et prendre des mesures concrètes pour que notre royaume devienne un lieu où chacun peut s’exprimer librement, où existe un dialogue ouvert et constructif, et où le système judiciaire est synonyme de protection, au lieu d’être perçu comme un outil politique. »

Dans un message posté lundi 10 décembre sur Facebook, le premier ministre Hun Sen a déclaré que le Cambodge marquait chaque année la journée internationale des droits de l'homme pour promouvoir les droits, la liberté d'expression, l'égalité et la dignité. Il a en outre indiqué qu'après la chute du régime des Khmers rouges le 7 janvier 1979, le peuple cambodgien a pu de nouveau jouir de tous ses droits et libertés, que des élections libres avaient lieu et que le pays s'était développé.

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