La Présidence roumaine a confirmé que les États-Unis ont proposé à la Roumanie de rejoindre une nouvelle plateforme diplomatico-politique baptisée Conseil pour la Paix, une structure que Washington souhaite constituer avec une soixantaine d’États. L’invitation a été transmise officiellement le dimanche 18 janvier.


Pensé à l’origine pour accompagner la gestion de la crise à Gaza, ce Conseil a été présenté comme un outil de médiation internationale adossé à un plan américain en vingt points.
Des responsables de Washington ont toutefois laissé entendre que ses prérogatives pourraient être étendues à d’autres foyers de tension, tels que l’Ukraine ou le Venezuela. Cette orientation alimente l’idée que l’instance pourrait fonctionner en parallèle, voire en concurrence, avec les institutions multilatérales classiques. Le texte fondateur du Conseil est d’ailleurs resté silencieux sur Gaza, un détail relevé par plusieurs observateurs.
Parmi les dirigeants invités figurent notamment les chefs d’État ou de gouvernement de la France, de l’Allemagne, de l’Australie et du Canada, ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. À l’inverse, certains pays européens n’ont pas été sollicités, comme l’Estonie, la Lettonie ou la Lituanie. L’Égypte et la Turquie, elles, ont bien reçu une invitation.
L’architecture du Conseil accorde un rôle central à l’administration américaine : un « Conseil exécutif fondateur » dirigerait les travaux, avec le président des États-Unis comme président de séance et disposant d’un droit de veto. Ce noyau comprendrait également le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff, Jared Kushner, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et plusieurs personnalités influentes du monde des affaires.
Les États membres seraient désignés pour trois années, mais une présence permanente serait possible en échange d’une contribution d’un milliard de dollars. Le document de création ne précise pas la destination exacte de ces fonds.
Les réactions internationales restent prudentes. Beaucoup de gouvernements s’interrogent sur les conséquences d’un organisme susceptible d’empiéter sur le rôle de l’ONU. À ce stade, seule la Hongrie a accepté sans réserve l’invitation. D’autres voix, notamment en Israël, contestent la composition de la structure, jugée incompatible avec leur politique nationale.
Le président américain, pour sa part, met en avant la portée internationale de sa démarche et présente ce Conseil comme une démonstration de son influence sur la scène mondiale.
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