Édition internationale

Coalition au pouvoir divisée sur l’accord commercial UE-Mercosur

Le Parti social-démocrate (PSD) a accusé le ministère des Affaires étrangères, dirigé par Oana Țoiu (USR), de « trahir les intérêts des agriculteurs roumains » après que le représentant de la Roumanie au COREPER a reçu mandat de voter en faveur de l’accord commercial UE-Mercosur.

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Écrit par Lepetitjournal Bucarest
Publié le 11 janvier 2026, mis à jour le 12 janvier 2026

 

Le PSD demande au Premier ministre Ilie Bolojan de clarifier s’il était informé du mandat donné au représentant roumain, affirmant que l’accord ne comporte « aucune clause claire garantissant la protection des agriculteurs roumains face aux importations d’Amérique latine ».

« Le ministre de l’Agriculture, Florin Barbu (PSD), a averti à plusieurs reprises que signer l’accord sans ces garanties nuirait gravement à l’agriculture roumaine. (…) Il est scandaleux que les ministres USR des Affaires étrangères et de l’Économie aient approuvé le mémorandum sur l’accord UE-Mercosur sans consulter les agriculteurs roumains et sans tenir compte des objections du ministère de l’Agriculture », affirme encore le PSD, ajoutant qu’il utilisera « tous les leviers et procédures disponibles au Parlement européen pour amender l’accord UE-Mercosur afin de protéger les intérêts des agriculteurs roumains et européens ».

La position du PSD rejoint celle de l’AUR. George Simion a employé une rhétorique similaire, qualifiant l’accord de « trahison des agriculteurs européens » et de mesure « contraire aux intérêts des producteurs roumains ».

Cependant, la porte-parole du gouvernement avait déjà expliqué que « la Roumanie a voté en faveur de l’accord Mercosur après avoir, avec d’autres pays européens, demandé et obtenu des garanties supplémentaires destinées à protéger les marchés nationaux ».

Nicușor Dan : Nous avons obtenu des concessions majeures par rapport à la version initiale

Nicușor Dan a également réagi peu après la signature de l’accord, soulignant son implication dans les négociations avec d’autres dirigeants européens ces dernières semaines, « afin que la Roumanie et l’UE obtiennent des avantages commerciaux dans des secteurs économiques clés tout en soutenant les agriculteurs roumains et le commerce agroalimentaire. Pour les secteurs sensibles, nous avons obtenu, après des discussions successives avec nos homologues européens, une série de concessions importantes par rapport à la version initiale de l’accord. »

Déclaration du président

L’accord Mercosur prévoit l’élimination des droits de douane sur 91 % des produits importés de l’UE, permettant à la Roumanie d’exporter de manière compétitive des produits dans des secteurs clés tels que les équipements de transport (en particulier les composants automobiles), les dispositifs mécaniques et électriques, les produits métalliques et les textiles.

Le nouvel accord augmentera également les exportations roumaines de services vers Mercosur et renforcera l’accès du pays à des matières premières essentielles, un avantage stratégique réduisant la dépendance envers d’autres sources pouvant devenir des leviers politiques.

La baisse des droits d’importation crée aussi des opportunités pour l’agroalimentaire roumain. Parmi les indications géographiques européennes protégées sur les marchés Mercosur, 15 sont des produits agricoles roumains.

La libéralisation reste encadrée par des quotas : maximum 1,5 % de la production annuelle de l’UE pour le bœuf et 1,3 % pour la volaille, l’excédent restant soumis aux tarifs actuels.

Une clause de sauvegarde bilatérale a été incluse, permettant de freiner immédiatement les importations lorsqu’une hausse soudaine menace les producteurs locaux.

Autrement dit, le commerce est encouragé, mais la protection est assurée lorsque nécessaire, notamment via l’application des normes européennes aux produits agroalimentaires importés. Pour les pesticides ou autres substances, tous les produits doivent respecter les standards élevés de l’UE.

Au-delà de l’accord lui-même, et à la suite des demandes de la Roumanie, la Commission européenne allouera jusqu’à 45 milliards d’euros supplémentaires issus de la marge de flexibilité de la PAC.

En conclusion, grâce à la baisse des droits de douane, la Roumanie gagnera de nouveaux marchés à l’export tout en protégeant son agriculture. Cet accord négocié par l’UE représente une opportunité pour le pays.

 

Source : Romania Journal.ro

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