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Le mot gujarati de la semaine : Kem chho? કેમ છો?

Par Elise Tenace | Publié le 01/02/2022 à 01:02 | Mis à jour le 01/02/2022 à 01:02
Image de la video de la chanson gujarati Kem Chho

Le mot, ou plutôt l’expression de la semaine, est gujarati. Kem chho ? signifie « Comment ça va ? » dans la langue parlée au Gujarat, État voisin du Maharashtra. C’est une salutation bien connue des habitants de Bombay, qui abrite une importante communauté gujarati. 

 

Comment se prononce « Kem chho » en gujarati ?

Kem chho se prononce « kém-tch-h-ô », avec un h aspiré avant le o. 

 

Le 24 février 2020, le premier ministre indien Narendra Modi a reçu Donald Trump à Ahmedabad, principale ville de l'État du Gujarat, lors du rassemblement intitulé « Namasté Trump ». À cette occasion, un hashtag a été créé, #kemchhotrump.

 

 

Mais que répondre à cette salutation ? Comme dans le morceau « Kem Cho » du rappeur RaOol, Australien d’origine gujarati, lorsque tout va bien, on répond « Maja ma », qui se traduit littéralement par « Je m’amuse bien » !

 

 

 

Une manière décalée de répondre est « Moje moj, roje roj ». Cette rime signifie « de l’amusement, tous les jours » !

 

Plus classiquement, on peut répondre par la phrase complète « Maja ma chho », comme Narendra Modi accueilli par des expatriés indiens sur la Piazza Gandhi, à Rome, en octobre 2021. On peut entendre Kem chho et sa réponse à 1:22. 

 

 

La langue gujarati et ses plus célèbres locuteurs

La langue gujarati est parlée par plus de 56 millions de personnes dans le monde. C’est la sixième langue parlée en Inde, en nombre de locuteurs natifs. Comme le hindi et la plupart des langues du Nord de l’Inde, elle appartient à la famille des langues indo-iraniennes. Les langues du Sud du pays appartiennent à la famille des langues dravidiennes. Le gujarati s’écrit avec l’alphabet gujarati, proche de la devanagari utilisée pour le hindi, et qui s’en différencie surtout par l’absence de ligne supérieure continue.

 

Parmi les Gujaratis célèbres, on compte l’un des leaders du mouvement de l’indépendance, le Mahatma Gandhi, le fondateur du Pakistan, Muhammad Ali Jinnah, le premier ministre, Narendra Modi, ou encore le fondateur du groupe TATA, Jamsetji Tata. 90 % des Gujaratis sont hindous. Les autres sont musulmans, jaïns ou parsis, comme la famille Tata, ou encore chrétiens. Les Parsis ont fui l’Iran actuel à la suite de la conquête de la Perse, au VIIe siècle, et se sont installés majoritairement au Gujarat, puis à Bombay. Ils parlent généralement un dialecte du gujarati et l’anglais.

 

La communauté gujarati à Mumbai 

À Mumbai, environ 1,5 million de personnes ont comme langue maternelle le gujarati. Dans la mégapole, de nombreuses familles gujarati sont spécialisées dans les services financiers, la bourse, le commerce, l’industrie, le textile, ou encore la production et la vente d’en-cas de leur région, frits ou cuits à la vapeur, comme le dokhla ou les gathiya

 

Dhokla snack gujarati
dokhla 

 

 

 

 

Si les Gujaratis sont réputés pour leur sens des affaires et leur esprit d'entrepreneuriat, tous ne sont bien sûr pas marchands ou industriels. Environ 21,5 % des habitants de l’État du Gujarat font partie des Scheduled Castes / Scheduled Tribes, les populations les plus défavorisées en Inde, ce qui est un peu moins que la moyenne nationale. En matière de réussite économique, le Gujarat est le cinquième état le plus florissant du pays, et tire ses revenus de l’agriculture et de l’industrie.

 

Le stéréotype du riche homme d’affaires gujarati a été représenté dans le film de Bollywood « Bazaar », sorti en 2018, qui raconte l’histoire d’un trader venu à Bombay pour tenter sa chance auprès d’un diamantaire Gujarati, Shakun Kothari, joué par Saif Ali Khan. 

Voici la chanson « Kem Chho », extraite du film :

 

 

 

« Kem Chho? » est également le titre d’un film gujarati qui raconte les déboires quotidiens d’un homme de la classe moyenne.

 

 

 

Lors des neuf nuits du festival de Navratri (qui aura lieu en 2022 du 26 septembre au 5 octobre) les Gujaratis se rassemblent pour danser le garba, exécutant de pas synchronisés lors d’une ronde très rythmée. La ronde peut être combinée avec le dandiya raas, une chorégraphie exécutée avec deux bâtons tenus dans les mains. Dandiya signifie bâton, et raas vient de rasa, un terme sanskrit qui désigne les sentiments exprimés par une œuvre ou une performance artistique. Les tenues sont brodées de petits morceaux de miroirs.

 

 

 

Kem chho en hindi et en tamoul (pour nos lecteurs de l'édition de Chennai) :

Hindi : Kaise ho ?

Tamoul : Epdi irukinga ?

 

 

Elise Tenace

Elise Tenace

Diplômée d’anglais et rédactrice-traductrice de métier, Élise a trouvé en Inde de quoi alimenter ses centres d’intérêt : les langues, le yoga, l'art, les sites naturels...
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