Mercredi 28 octobre 2020

Le lieu alternatif Liebig 34 évacué par la police berlinoise

Par Juliana Bitton | Publié le 12/10/2020 à 11:55 | Mis à jour le 13/10/2020 à 10:02
Photo : © Capture d'écran Youtube
évacuation liebig34 Berlin

Dans la matinée du vendredi 9 octobre, plus de 1500 policiers allemands se sont rendus à « Liebig34 », un lieu alternatif anarcho-queer-féministe afin d’évacuer l’immeuble et les 40 personnes y habitant.

Appelé « Liebig34 » en raison de son emplacement au 34 de la Liebigstrasse à Berlin, le domaine était un « hausprojekt » (squat légalisé) dont le projet a vu le jour en 1990, suite à la réunification allemande. A l’origine, il s’agissait d’un lieu sûr pour femmes lesbiennes, puis au fil du temps l’endroit s’est ouvert aux personnes de « toutes les identités de genre, à l’exception des hommes cis. »

Refuge pour les personnes trans, féministes, LGBT et victimes de violences sexistes et sexuelles, on y trouvait également un bar qui permettait au collectif de récolter de l’argent afin de s’auto-gérer.

 

Liebig34 Berlin
© Capture d'écran Youtube

En 2008, le collectif souhaitait racheter le centre mais n’ayant pu trouver les fonds nécessaires, un contrat de bail de 10 ans a été négocié pour l'immeuble entier. Sauf que le nouveau propriétaire Gijora Padovicz a décidé de ne pas renouveler le contrat et a intenté un procès - remporté en 2019 - pour contraindre les militantes à quitter les lieux. Les raisons économiques de cette expulsion répondent à des logiques capitalistiques et des politiques de gentrification. En effet, l’homme est accusé de racheter moins cher des immeubles alternatifs après les avoir laissés se dégrader puis d’augmenter les loyers. Par ailleurs, son opposition politique au projet semble être également une des causes de son procès.

En réponse à cela, les militantes ainsi que des centaines de manifestants sont venus protester vendredi 9 octobre à 21 h à Monbijoupark. Sur le compte twitter de Liebig34, on peut lire : « vous ne pouvez pas expulser un mouvement. »

twitter liebig34

 

Si le départ des femmes du centre s’est fait dans le calme, la manifestation était plus violente, sous le slogan : « Défendre les espaces libres, rester à l'offensive. » Des militantes auraient été arrêtées et maintenues en garde à vue pendant plusieurs nuits.

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Juliana Bitton

Juliana Bitton

Passionnée par le cinéma, la littérature féministe, les voyages et la photographie, Juliana est rédactrice web pour Lepetitjournal.com Allemagne.
1 Commentaire (s)Réagir
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Yvonne mar 13/10/2020 - 20:22

Gentilles squateuses expulsées par les méchants policiers ...et gentils supporters qui ont, dans la soirée, cramé plusieurs voitures de particuliers qui n'y étaient pour rien, voire avaient de la sympatie pour les squateuses. Les auteurs -res de ces actes de "bravoure" ont contribué sans prendre de risque aux violences urbaines. Ce dont vous ne rendez pas compte, à la différence des medias allemands, dans un compte rendu un peu "orienté". Les lecteurs-trices du petit journal,et singulièrement les victimes, apprecieraient un peu plus d'objectivité.

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