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A l'approche de Noël, la campagne massive du Tierheim contre l’abandon des chiots

Par Juliette Corbin | Publié le 17/12/2021 à 09:00 | Mis à jour le 17/12/2021 à 14:33
Photo : ©Tierschutzbund
Tierschutz

A l’approche de Noël, le refuge berlinois du Tierheim lance une campagne de sensibilisation face à l’augmentation des abandons de chiots et au traitement des chiots issus du commerce illégal d’animaux.

 

« Les chiots ne sont pas des cadeaux de Noël »

Depuis la crise du Corona, à l'époque du travail à domicile et des restrictions de contact, de nombreuses personnes se sont tournées vers les chiens provoquant un véritable boom canin. Même si la demande a baissé durant l’été, le refuge berlinois du Tierheim appréhende l’approche de Noël. Généralement partant d’une idée bien intentionnée, après les fêtes, les animaux offerts sont revendus, abandonnés ou finissent dans un refuge. Il arrive fréquemment que le bénéficiaire de l’animal de compagnie ne soit finalement pas compatible avec celui-ci, ou bien que le temps ou l’argent manque également. L’effet n’est pas immédiat mais se produit généralement dans le courant de l’année qui suit, lorsque l’animal a dépassé l’âge du chiot mignon, que les frais vétérinaires élevés font surface et que les vacances d’été approchent.

« Donner un foyer aux animaux signifie prendre des responsabilités. Souvent pendant de nombreuses années, voire des décennies. Les animaux ont leurs propres besoins et ne sont pas des jouets. L'accueil d'un animal de compagnie doit être très bien planifié et tous les membres de la famille doivent non seulement être d'accord, mais aussi être préparés. Les animaux ne sont pas du tout un cadeau ! » explique Eva Rönspieß, présidente du conseil d'administration de l’Association de protection des animaux de Berlin.

Ainsi, la décision d’adopter un animal doit être mûrement réfléchie par le futur propriétaire et les « cadeaux surprises » sont vivement déconseillés par l’Association allemande de protection des animaux (Deutscher Tierschutzbund).

 

Un boom canin qui alimente le commerce illégal

La demande a augmenté de manière inquiétante, un boom dont le refuge pour animaux de Berlin ressent encore nettement les effets.

Le Tierheim relève en effet que les petits animaux deviennent des biens de consommation que l’on peut commander et se faire livrer sur Internet pour compenser dans certains cas, la solitude et remplacer la baisse des contacts sociaux. De fait, les refuges et les éleveurs sérieux sont loin de pouvoir répondre à la nouvelle demande et beaucoup de personnes n’ont pas la patience d’attendre que les éleveurs et refuges sérieux puissent répondre à leur demande. Les intéressés tombent alors plus vite dans le piège des vendeurs illégaux sur Internet, qui entre-temps, sont devenus beaucoup plus professionnels.

Avant la pandémie, le commerce illégal de chiots était sujet davantage aux classes inférieures, mais le refuge du Tierheim pointe également le doigt sur le fait que le commerce illégal de chiots s’est étendu aux classes supérieures, qui devraient potentiellement être plus éduquées sur la souffrance animale. Un changement qui témoigne pour le Tierheim d’un acte égoïste visant seulement à répondre à ses besoins personnels.

Selon l'association allemande de protection des animaux, environ 500.000* chiens sont transportés illégalement chaque année à l'intérieur des frontières de l'UE, mais le nombre de cas non recensés est considérable. Rien qu'en 2020, le nombre de chiens concernés par le commerce illégal a presque triplé par rapport à l'année précédente. Presque tous ces chiens proviennent d'Europe de l'Est (Pologne, Roumanie, Serbie), mais la Turquie se distingue également de plus en plus comme un pays d'origine.

 

Instagram Tierheim Commerce illégal
© Instagram Tierheim - Campagne contre le commerce illégal

 

Le Tierheim se mobilise pour une campagne nationale contre le commerce illégal d’animaux

Depuis janvier 2021, le refuge berlinois a dû accueillir environ 120 chiots. Alors, pour faire face au commerce illégal de chiots qui persiste, le refuge a lancé, en collaboration avec d’autres associations de protection des animaux, une campagne nationale contre le commerce illégal.

L'objectif de cette campagne est de sensibiliser le public, d'inciter les personnes intéressées à être plus responsables lors de l'achat de leurs animaux de compagnie et, surtout, d'exhorter les politiques à agir.

 

Des animaux maltraités et arrachés trop tôt à leur mère

Ces milliers de chiots vendus illégalement et provenant tout droit d’usines à chiots d’Europe de l’Est, vivent dans des conditions terribles. Arrachés trop tôt à leur mère, ils sont souvent gravement malades et introduits illégalement en Allemagne avec des certificats de vaccination en partie falsifiés.

Aussi, il n’est pas rare que les trafiquants de chiens injectent aux animaux des piqûres d’adrénaline qui donnent l’impression que l’animal est en bonne santé, agile et joyeux à court terme. Mais lorsque les effets de la piqûre s’estompent, des personnes désespérées qui ne savent pas comment s’en sortir et qui paient des milliers d’euros en frais vétérinaires, décident alors d’abandonner leur animal au refuge.

Importées illégalement en Allemagne, dans les pays d’origines, les mères de ces chiots vivent pour la plupart dans de petites cabanes et des chenils, souvent sans lumière du jour et mettent au monde ces chiots dans des conditions plus que précaires. Utilisées pour accoucher à la pièce, on leur injecte généralement des hormones mâles et on force les chiennes à s’accoupler à plusieurs reprises afin de maintenir la forte « production de chiots » en activité. Leurs petits souffrent donc souvent de maladies héréditaires et de défauts génétiques car il n’existe généralement pas de soins médicaux pour les mères et les chiots.

 

Limiter les horaires d'ouverture du refuge

Depuis la pandémie, le plus grand refuge européen pour les animaux a décidé de limiter ses heures d’ouvertures au public afin d’éviter un afflux trop important et conscientiser l’acquisition d’un animal. Alors qu'auparavant, les visiteurs pouvaient simplement passer pendant les heures d'ouverture, il faut désormais prendre un rendez-vous individuel avec l'un des gardiens d'animaux. Le refuge n'ouvre plus ses portes que deux fois par semaine, pour les journées de consultation du vendredi et du samedi, qui accueillent chacune un maximum de 300 personnes. Et même à ces moments-là, les chenils restent fermés et ceux qui souhaitent ramener un animal chez eux doivent prendre un rendez-vous séparé. Un système comme celui-là car les chiens apprécient énormément le calme.

Mais, comme toujours à la période de Noël et afin de donner un signal symbolique contre le don d'animaux, le refuge pour animaux de Berlin suspend temporairement ses services de placement d’animaux. Entre le 18 décembre et le 1er janvier, il ne sera pas possible d'adopter un animal, et ce n’est qu’à partir du 2 janvier 2022 que le placement reprendra comme d'habitude avec des rendez-vous personnels.

 

 

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Portrait de Juliette Corbin

Juliette Corbin

Étudiante en troisième année à Sciences-Po Strasbourg, elle passe un semestre à Berlin, où elle rejoint comme stagiaire la rédaction du petitjournal.com
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Emma Granier

Rédactrice en chef de l'édition Berlin.

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