À Séville, il suffit parfois d’arpenter les grandes avenues pour apercevoir un mégot dans un caniveau ou quelques déchets sur une place animée. Pour un voyageur, ces détails peuvent suffire à ternir l’image d’une ville. C’est justement ce regard que mesure le classement de Radical Storage, actualisé durant l’été 2026, qui place la capitale andalouse au 15ᵉ rang des villes les plus sales au monde. Mais ce classement correspond-il au ressenti de ceux qui ont découvert Séville en 2026 ?


Une ville jugée à travers le regard de ceux qui la découvrent
Le classement de Radical Storage repose sur les impressions laissées par les voyageurs. Pour chaque ville, l’entreprise a sélectionné les dix principales attractions touristiques et analysé les avis publiés entre octobre 2024 et novembre 2025.
Un choix qui n’est pas anodin : les touristes découvrent une ville avec un regard extérieur. Ils parcourent ses rues, ses places et ses monuments sans forcément connaître les habitudes locales ou les efforts quotidiens consacrés à leur entretien.
Pour confronter cette perception à la réalité vécue sur place, nous avons recueilli les témoignages de dix personnes : trois touristes de passage, trois Sévillans et quatre francophones installés dans la capitale andalouse.
Des touristes qui ne voient pas tous la même Séville
Pour Rania, venue d’Essaouira pour les vacances, la propreté dans la capitale andalouse est surtout une question de lieux et de fréquentation. Dans les rues touristiques et les places les plus animées, elle dit avoir régulièrement remarqué des mégots et des déchets au sol.
Ce n’est pas partout pareil, mais dans certains endroits très fréquentés, on voit clairement des mégots dans les caniveaux et sur les trottoirs
Une situation qui, selon elle, ternit grandement l’image laissée par la ville aux visiteurs. « Quand on arrive dans une ville pour la découvrir, ce sont aussi ces petits détails que l’on remarque », estime Rania. Elle pointe également le manque de cendriers dans l’espace public. « On ne voit pas vraiment de cendriers à Séville. Cela n’aide pas forcément à garder les rues propres », ajoute-t-elle.
Une impression qui rejoint celle d’autres visiteurs interrogés : les zones très fréquentées peuvent laisser une image plus négative, sans pour autant représenter l’ensemble de la ville.
Pour ceux qui vivent ici, la réputation est exagérée
Le regard est différent chez ceux qui vivent à Séville au quotidien. Jeanne, Française installée dans la capitale andalouse, compare notamment son expérience avec celle qu’elle a connue à Paris :
Personnellement, je trouve Séville plutôt propre. Quand on compare avec certaines villes françaises, je ne comprends pas vraiment qu’elle puisse être classée parmi les villes les plus sales du monde
Elle poursuit sa remarque en soulignant également le travail effectué par les services de nettoyage.
Dans les endroits touristiques, je vois régulièrement les équipes nettoyer les rues et les places. Les quelques endroits sales ne représentent pas forcément la ville dans son ensemble
Un constat que partage Miguel, Sévillan interrogé sur cette réputation. Pour lui, le classement de Radical Storage donne une image disproportionnée de sa ville.
Dire que Séville est l’une des villes les plus sales du monde, c’est exagéré
Il compare notamment la capitale andalouse à d’autres grandes destinations internationales qu’il juge davantage confrontées à ce problème. « Quand on pense à Bangkok, Naples ou New Delhi, on voit que les problèmes de propreté peuvent être beaucoup plus importants dans certaines villes », ajoute Miguel.

En croisant ces différents regards, notre enquête cherche à confronter le classement aux expériences de ceux qui découvrent et vivent Séville au quotidien. Si certains problèmes de propreté sont bien réels, notamment dans les zones très fréquentées, les témoignages recueillis montrent qu’ils ne suffisent pas nécessairement à définir l’ensemble de la ville. À chacun désormais de se faire son propre avis
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