Málaga : Le Musée Russe s'illumine du « Réalisme Romantique » de Valery Katsuba
C'est avec une émotion non feinte que Valery Katsuba a ouvert la conférence de presse de son tout nouveau projet à Málaga. Chaleureusement soutenu par les organisateurs, l’artiste pose à nouveau ses valises dans la capitale de la Costa del Sol pour un « second mouvement » qui bouscule les repères. Plus qu’une simple suite après le grand succès du premier volet, qui a attiré 25 000 visiteurs, cette exposition marque une véritable métamorphose spatiale et thématique.


Cuba : le corps, la lumière et l'architecture
Au cœur de cette exposition, l’île de Cuba se déploie sous l’œil d’un Katsuba transformé en véritable « cartographe émotionnel ». Le photographe y fusionne sa tradition académique obsédée par l'équilibre, l'harmonie et la composition avec les codes de la photographie contemporaine.
En capturant la lumière si particulière de La Havane, il fait dialoguer des « architectures humaines » (les corps des gymnastes et des danseurs du Ballet National de Cuba) avec la splendeur classique de l'Université ou du Grand Théâtre de la ville. Le résultat ? Une ode à la souplesse et à la beauté naturelle des Cubains qui, selon l'artiste, possèdent un talent inné pour la pose.
Le clin d'œil de l'expo : Ouvrez l'œil face à la photographie « El jardín de los atlantes ». Il s'agit de frères jumeaux dont les tatouages, presque identiques, invitent le visiteur à un subtil jeu des sept erreurs.

Quand l'effort unit les mondes
L’un des segments les plus captivants de l’exposition fait dialoguer deux univers que tout semble opposer : les ouvriers et les gymnastes. Inspiré par une suggestion du commissaire de l’exposition, Sebastiá Mascaró, à Majorque, Katsuba met en résonance de grands formats de gymnastes (réalisés en 2010) avec de petits formats capturant le quotidien de travailleurs.
Leur point commun ? L'effort, la tension, l'équilibre et le dévouement quotidien. Cette poésie du labeur se décline également à travers une œuvre représentant des nageurs, mise en parallèle avec le portrait touchant de trois sœurs tenant une quincaillerie à Madrid, ou encore des figures de pêcheurs de Santa Pola.

De la Biélorussie à Madrid : une confidence intime
L'exposition s'achève sur une note profondément biographique avec la série « Las cuatro estaciones » (Les quatre saisons). Katsuba s'y livre avec pudeur :
L’Hiver : un retour aux sources à travers les paysages enneigés de sa Biélorussie natale, territoire de la mémoire.
Le Printemps : l'évocation lumineuse et festive de sa vie madrilène, à la Casa de Campo, entouré de ses amis.
La Clôture : un épilogue familial d'une grande tendresse, mettant notamment en scène sa propre mère.

Au-delà de l'image : un projet littéraire pour l'automne
Preuve de la richesse narrative de ses photos, l'exposition ne s'accompagnera pas d'un catalogue traditionnel. À l'automne prochain, Valery Katsuba publiera un livre intitulé « 22 relatos y un epílogo » (22 récits et un épilogue), où le personnage principal sera, bien entendu, la photographie.

Lors de la présentation, le photographe a d'ailleurs partagé un extrait captivant, transportant l'auditoire sous la tente poussiéreuse du Cirque National, dans la banlieue de La Havane, où il fut autrefois subjugué par la grâce d'un jeune trapéziste.
Avec Realismo Romántico II, le Musée Russe de Málaga propose une exposition magistrale d'une immense humanité. Une halte culturelle incontournable cet été en Andalousie, à découvrir dès aujourd'hui.
Publication de Lola Pogrzeba
Informations pratiquesFini le15nov.
Jusqu'au 15 nov. à 21:18
Adresse
Avenida Sor Teresa Prat, nº 15
Málaga
29003 Málaga
Horaires
HORAIRES LUNDI : fermé MARDI : 09h30 – 20h00 MERCREDI 9 h 30 – 20 h 00 JEUDI 9 h 30 – 20 h 00 VENDREDI 9 h 30 – 20 h 00 SAMEDI 9 h 30 – 20 h 00 DIMANCHE 9 h 30 – 20 h 00
