Québécois installé dans le monde de l’aviron depuis des décennies, Yvan Honorat a fait de sa passion un projet collectif. Avec United We Row, il rassemble des rameurs de différentes nationalités, parfois confrontés à la barrière de la langue, mais capables de se coordonner sur l’eau. À Séville, son équipe retrouve des sportifs venus du monde entier pour deux jours de compétition sur le Guadalquivir.


Yvan Honorat, une passion devenue une aventure collective
À l’approche de la compétition, les rameurs se retrouvent à l’entraînement. Les combinaisons aux couleurs du Canada, de la France ou d’autres pays se croisent sur les installations. Certains échangent quelques mots, d’autres se concentrent sur leur préparation avant de rejoindre le Rio Guadalquivir. Au milieu de cette effervescence, Yvan Honorat veille au bon fonctionnement de son équipe.
Pour ce Canadien, l’aviron n’était pourtant pas une évidence. Son histoire avec ce sport commence presque par hasard, grâce à un ami qui le pratiquait déjà. Une découverte qui ne l’a plus quitté, comme il le raconte
Pour certains, c’était le foot et pour moi, c’était ça. Quand j’avais 10 ans, un de mes amis m’a proposé de l’accompagner. J’y suis allé et j’ai adoré ça
Comme Obélix tombé dans la potion magique, Yvan a trouvé dans l’aviron bien plus qu’une simple activité sportive. Au fil des années, la pratique devient une passion durable, puis l’envie de permettre à d’autres de vivre la même expérience.

En 2012, il participe aux débuts de United We Row. Ils ne sont alors que cinq rameurs.
Aujourd’hui, le collectif compte 35 membres issus de 16 nationalités, selon les chiffres communiqués par Yvan. Canadiens, Irlandais, Portugais ou encore Italien se retrouvent autour de cette même bannière.
Derrière cette initiative se trouve aussi une volonté de dépasser les contraintes administratives liées aux licences sportives nationales. Certains rameurs rencontrent des difficultés pour concourir à l’étranger en raison de leur affiliation. United We Row leur permet de se retrouver dans un même collectif et de continuer à participer à des compétitions internationales.
Au-delà des résultats, Yvan a ainsi construit un groupe où les parcours individuels se rejoignent. Une équipe dans laquelle l’origine importe moins que l’envie de ramer ensemble.
Sur le Guadalquivir, apprendre à ramer au même rythme
Les 17 et 18 octobre, les membres de United We Row prennent part à la Sevilla International Rowing Masters Regatta, organisée dans le secteur de La Cartuja. Cette compétition rassemble des rameurs masters, des sportifs adultes de plus de 31 ans qui continuent à s’entraîner et à participer à des épreuves.
Pour les participants, les courses sont précédées de plusieurs jours de préparation. Entraînements sur l’eau, séances de musculation et ajustements des équipages permettent de trouver les bons repères avant le départ.

Dans un bateau à deux, la coordination est essentielle. Le rameur placé derrière doit suivre la cadence de celui qui mène le mouvement. La synchronisation des gestes contribue à maintenir l’équilibre de l’embarcation et à optimiser sa vitesse. La taille et le poids de chacun sont également pris en compte pour composer un équipage cohérent.
Mais chez United We Row, un autre défi s’ajoute parfois aux exigences sportives : la langue. Quand deux rameurs ne partagent pas la même langue, il faut apprendre à se comprendre autrement. L’observation, les gestes et la répétition deviennent indispensables pour trouver une cadence commune.
Cette adaptation permanente fait partie de l’identité du collectif. Sur l’eau, il ne suffit pas de savoir ramer : il faut aussi apprendre à faire confiance à son partenaire.
Séville, un rendez-vous pour les rameurs du monde entier
Pour cette rencontre internationale, Séville offre un cadre propice à la pratique de l’aviron. Les infrastructures de La Cartuja accueillent régulièrement des sportifs de haut niveau et la ville possède une solide expérience des grandes compétitions, notamment avec les Championnats du monde de 2002 et les Championnats d’Europe de 2013.
La capitale andalouse constitue également une destination intéressante pour les équipes qui viennent de loin. Pour les rameurs canadiens ou australiens, le déplacement permet de retrouver d’autres passionnés dans des conditions climatiques favorables à cette période de l’année.

CC/ LAHMAM Sami
Au-delà du classement, la régate est surtout l’occasion de prolonger les liens tissés au sein de United We Row.
Lorsque les bateaux s’élancent, chacun doit trouver sa place et suivre le même mouvement. Une façon, pour Yvan et ses coéquipiers, de rappeler que l’aviron peut aussi rapprocher des personnes qui, autrement, ne se seraient peut-être jamais rencontrées.
Pour Yvan Honorat, le projet né avec cinq rameurs en 2012 a pris une dimension internationale.
Sur le même sujet

































