Au CAAC de Séville : Exposition ‘Améfrica’, un pont artistique entre l'Afrique et l'Amérique
Le Centre andalou d'art contemporain rassemble dans cette exposition 128 œuvres de peinture, de sculpture, de photographie, d'installation et de textile qui reflètent la dimension mondiale de la diaspora africaine et son impact sur la culture contemporaine américaine.


Une liaison entre les rives de l’Atlantique
AMÉFRICA rassemble et rapproche des artistes issus de diverses régions des continents américain et africain à travers leurs résonances, leurs références communes, leurs pratiques apparentées, leurs inspirations mutuelles, leurs continuités de recherche et leurs transmissions – tant générationnelles qu’ancestrales – qui relient, avec une vivacité tantôt visible, tantôt cachée, les rives de l’Atlantique.
Un regard sur l’Afrique
Le titre de l’exposition s’inspire du concept élaboré par la philosophe de formation et militante du mouvement noir, Lélia Gonzalez (1935-1994), intellectuelle afro-brésilienne dont l’œuvre, en articulant genre, race et classe de manière innovante et dans un langage démocratique, a ouvert la voie à un regard plus critique sur les fondements africains de la formation esthétique et socioculturelle des Amériques.
En rebaptisant les Amériques avec un « F » qui intègre l'Afrique, Lélia Gonzalez a proposé bien plus qu'un néologisme : elle a défini une cartographie relationnelle, politique et esthétique qui réorganise les notions d'appartenance, d'ancestralité et de création.
Cette exposition propose une nouvelle lecture de l'empreinte africaine sur la formation des Amériques, abordée sous des angles relationnels, politiques et esthétiques. Elle rassemble des œuvres de peinture, de sculpture, de photographie, d'installation et de création textile, et met à l'honneur des artistes nés dans plus de trente pays d'Afrique, d'Amérique, d'Europe et d'Australie, soulignant ainsi la dimension mondiale de la diaspora africaine et son influence durable sur la culture contemporaine.
Parmi les artistes participants figurent des figures de renommée internationale telles que Kara Walker, María Magdalena Campos-Pons, Wifredo Lam, Rubem Valentim, Igshaan Adams, Zanele Muholi, El Anatsui et Esther Mahlangu. L'exposition établit également un dialogue entre des pionniers tels que Rubem Valentim, Bertina Lopes et Mahlangu, et des artistes des générations suivantes comme Nnenna Okore, Ayan Farah et Kapwani Kiwanga.
Un voyage autour de l’identité américaine
L'exposition s'articule autour de chapitres inspirés des processus que Lélia Gonzalez a identifiés comme essentiels à l'identité américaine : adaptation, résistance, réinterprétation et création de nouvelles formes, ainsi qu'une section consacrée aux portraits réalisés par des femmes afro-américaines.
Adaptation
Cette section aborde les déplacements, forcés ou volontaires, qui ont façonné les liens entre l'Afrique et les Amériques. Les œuvres d'El Anatsui, d'Ibrahim Mahama, de María Magdalena Campos-Pons et de Juan Carlos Alom proposent une réflexion sur la migration, la circulation des matériaux et les mémoires qui traversent les territoires.
Résistance
Dans cette section, les artistes s’approprient des langages visuels liés à la résistance et à l’activisme contemporain, et traduisent les tensions socio-raciales en matière et en forme. Axées sur la bienveillance, la protection et la lutte collective, les œuvres de Mickalene Thomas, Bisa Butler et Zanele Muholi mettent en avant la résilience et la construction de l’identité.
Réinterprétation
Axée sur les traditions spirituelles et religieuses transformées par le déracinement et la survie, cette section fait revivre les présences ancestrales, les rituels et les états de transe en tant que domaines de savoir et de pouvoir. Manuel Mendive Hoyos, Belkis Ayón, Frida Orupabo et Turiya Magadlela redonnent du sens à des cadres hérités et les projettent vers le présent.
Création de nouvelles formes
Ce chapitre met en avant l’expérimentation et l’innovation. Des artistes tels que Stanley Whitney, Sam Gilliam, Serge Attukwei Clottey, Sonia Gomes et Kapwani Kiwanga travaillent entre abstraction, sculpture et textile pour construire de nouveaux langages esthétiques.
Amefricanas
Axée sur les femmes artistes d’ascendance africaine, cette dernière section explore des formes d’autoreprésentation qui s’affranchissent des récits coloniaux. À travers différents supports, des créatrices telles que Kara Walker, Carrie Mae Weems, Lorna Simpson, Nandipha Mntambo et Faith Ringgold proposent de nouveaux regards sur le corps et l’image.
Cette exposition organisée par Helio Menezes, est en partenariat avec El Espacio23,de Miami. L'exposition restera au monastère de La Cartuja de Séville, siège du CAAC, jusqu'au 10 janvier 2027
Informations pratiquesFini le10janv.
Jusqu'au 10 janv. à 20:58
Adresse
Calle Américo Vespucio, 2
Sevilla
41092 Sevilla
Horaires
Du mardi au samedi : de 10 h à 20 h | Les dimanches et jours fériés : de 10 h à 15 h 30






