Le Français, basé à Phoenix, vient de lancer le Club V.I.E des Mountain States, un territoire immense. L’objectif : remédier à l’isolement des jeunes Volontaires Internationaux en Entreprise (VIE) installés en Arizona, Colorado, Utah, Nevada, Idaho, Montana, Wyoming et au Nouveau Mexique. Portrait d’un V.I.E qui construit autant un réseau qu’une carrière.


La première fois que Bastien Risi découvre les États-Unis, c’est à New York, en 2011. Enfant, il glisse à ses parents : « Un jour, j’irai vivre aux États-Unis. » La phrase aurait pu rester un souvenir. Elle devient un cap. À KEDGE Business School, il enchaîne Bachelor puis Master avec une ligne directrice claire : commerce, entrepreneuriat et international. Il mise sur l’alternance et les start-ups, des terrains d’apprentissage rapides et exigeants. « On parle directement aux dirigeants et les responsabilités arrivent plus tôt », résume-t-il.
Une génération de jeunes talents français qui construisent leur carrière hors des frontières
Un échange universitaire à Munich confirme son goût pour les défis. Diplôme en poche, il veut développer un projet à l’étranger avec une vraie autonomie. Le V.I.E s’impose. Ce dispositif, piloté par Business France, permet à des jeunes de 18 à 28 ans d’effectuer une mission professionnelle à l’étranger pour le compte d’une entreprise française, pour une durée de 6 à 24 mois. En décembre 2025, ils étaient 11 458 en poste dans 121 pays. Autrement dit, une génération entière de jeunes talents français qui construisent leur carrière hors des frontières.

Au printemps 2024, Bastien Risi passe un mois à San Diego pour s’immerger et tester le terrain. Le 1er février 2025, il débute son V.I.E chez JPB Système, spécialiste français des solutions de fixation pour l’aéronautique et l’industrie, basé à Phoenix, en Arizona. Son premier souvenir sur place ? La chaleur du désert qui frappe dès l’aéroport. Quatorze ans après une promesse d’enfant, le rêve prend une dimension très concrète.
Une mission exigeante… et accélératrice
Aux États-Unis, il ne vient pas observer, mais développer. Sa mission : structurer le marché américain d’un produit technologique, qui aide les industriels à optimiser leurs machines grâce à des données collectées en temps réel.
Prospection, négociation, signature, déploiement, suivi client : il porte toutes les casquettes. Seul. La langue est un défi. « Être à l’aise en anglais en France, ce n’est pas la même chose qu’argumenter face à un industriel américain » expérimente-t-il. Il se spécialise dans l’industrie des fixations (vis, écrous, boulons) pour maîtriser le vocabulaire et gagner en crédibilité. L’expérience est intense : « On apprend vite. On prend des responsabilités qu’on n’aurait peut-être pas aussi tôt en France. » Le rêve américain version terrain.
Un groupe WhatsApp et des sorties, pour ancrer le réseau dans le réel
Trois mois après son arrivée, Bastien Risi fait un constat : il ne connaît aucun autre V.I.E dans la région. « À New York, il y a des événements, des partenariats. Ici, rien d’identifié. » Dans l’Ouest américain, les distances sont immenses. Entre désert, montagnes et pôles industriels, les V.I.E évoluent loin des grandes communautés françaises des côtes Est et Ouest. Au même moment, le Club V.I.E Monde lance un appel à bénévoles aux États-Unis. Il envoie un email simple : il aurait aimé trouver une communauté en arrivant. Autant la créer.
Très vite, Bastien Risi propose à Julien Panouillot, coordinateur du Club V.I.E France & Monde, une approche régionale : fédérer les Mountain States plutôt que de se limiter à une ville. Le modèle se veut simple et efficace : un groupe WhatsApp où circulent infos de mission, conseils de vie locale et échanges spontanés, complété par des sorties, cafés et afterworks pour ancrer le réseau dans le réel.
Le groupe réunit déjà une vingtaine de V.I.E
Aujourd’hui, la dynamique est particulièrement visible en Arizona et au Colorado. Le groupe réunit une vingtaine de V.I.E, et le nombre progresse au rythme des nouvelles missions. À terme, Bastien Risi imagine un événement inter-Etats et des collaborations locales capables de transformer ce réseau en véritable levier professionnel.
« Je n’ai jamais été le cool BDE guy », sourit-il. S’engager dans le Club V.I.E n’allait donc pas de soi. Justement. « Ça donne du sens à mon expérience » apprécie-t-il. Le V.I.E, rappelle-t-il, n’a rien d’un parcours facile : c’est exigeant, parfois inconfortable. Aujourd’hui, le Club V.I.E gagne du terrain dans les Mountain States, porté notamment par Phoenix et Denver, devenues les deux principaux pôles de la région.
Rejoindre le Club V.I.E Rocky Moutains. Les V.I.E actuels installés en Arizona, Colorado, Utah, Nevada, Idaho, Montana, Wyoming ou New Mexico, ainsi que les anciens V.I.E de la région, peuvent rejoindre le groupe WhatsApp via ce lien : Club V.I.E - Mountain States. Pour échanger directement avec Bastien . Risi, vous pouvez également le retrouver sur LinkedIn.
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