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Deux villas, trois téléphones, 1000 contacts : la vie très Cannes de Pascale Fortunat

Dans les coulisses du Festival de Cannes, entre villas somptueuses, cocktails ultra-privés et rendez-vous de production, Pascale Fortunat orchestre sa double vie entre événementiel et cinéma. Portrait d’une Niçoise devenue incontournable entre la Croisette et Hollywood, toujours au téléphone… Mais jamais sans le sourire.

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Pascale Fortunat à "La Villa", la demeure qu'elle loue à Cannes, pendant la durée du festival, pour organiser des événements avec l'industrie franco-hollywoodienne du cinéma. © Claude Budin-Juteau
Écrit par Claude Budin-Juteau
Publié le 18 mai 2026

 

Dans la lumière éclatante d’un après-midi cannois, à cinq minutes à peine de la Croisette, « La Villa » (c’est son nom) ressemble davantage à un décor de film qu’à une simple location saisonnière. Piscine turquoise avec statue de dauphins, tapis rouge sur les marches de l’entrée, une assistante qui court dans tous les sens, des téléphones qui sonnent comme dans une salle de marché de Wall Street… Bienvenue dans l’univers de Pascale Fortunat. Ou plutôt dans l’une de ses villas, puisqu’elle en loue généralement deux pendant le Festival, dont « La Bastide », une autre résidence impressionnante sur les hauteurs de Cannes.

Au milieu de cette agitation parfaitement chorégraphiée, Pascale Fortunat apparaît avec un calme presque suspect. Élégante sans ostentation, silhouette « classy » et regard légèrement espiègle, elle sourit constamment tout en répondant à un appel toutes les cinq minutes. Une femme d’affaires hyperactive… qui, paradoxalement, cultive une certaine discrétion. « Je fais mes rendez-vous d’affaires la journée, et le soir je fais des événementiels », explique-t-elle avant d’être interrompue par un nouveau coup de téléphone.

 

Les lancements de magazine deviennent des événements, les événements deviennent une carrière

 

Niçoise d’origine, Pascale Fortunat connaît la région comme sa poche. Prépa à Masséna, école de commerce à Paris, puis départ pour Los Angeles à la fin des années 80. « J’ai fait UCLA en marketing », raconte-t-elle avec simplicité. À l’époque, rien ne la destinait encore au cinéma. Son premier terrain de jeu sera un magazine de luxe, Passion Internationale, distribué dans les grands hôtels du monde entier et qui rappelle le nom de sa société, Passions Productions. « C’était un trimestriel gratuit payé par la publicité. » Mais très vite, les lancements de magazine deviennent des événements, puis les événements deviennent une carrière.

 

Pascale Fortunat
Pascale Fortunat en "tenue de travail", une splendide robe de soirée rouge. © DR

 

« Bastille Day » à Los Angeles, festivals des villes jumelées, soirées Beaujolais, plages privées à Cannes, salons du Carlton… Pascale Fortunat construit peu à peu un impressionnant carnet d’adresses entre la Californie et la Côte d’Azur. Jusqu’au jour où la productrice Lise Fayolle lui lance une phrase qui va changer sa trajectoire : « Pourquoi tu fais de la production événementielle alors que tu pourrais faire de la production tout court ? »

 

De la production événementielle à la production cinématographique

 

Le déclic est immédiat. « C’est un peu le même métier, sauf que ça prend beaucoup plus longtemps de monter un film que de monter un événement », dit-elle en riant. Depuis, elle développe des projets entre la France, Los Angeles… Et même Tahiti, dont elle vante les paysages et les aides du CNC « pas assez utilisées ».

À Cannes, sa « double casquette » prend toute son ampleur. Le jour, la villa devient quartier général pour distributeurs, coproducteurs et rendez-vous stratégiques. Le soir, elle accueille Pathé, MK2, Women in Film ou encore le Danish Film Institute autour de dîners ultra-privés. « Cannes, c’est la folie », résume-t-elle. « Le plus gros marché au monde. »

 

Pascale Fortunat Cannes
Une soirée organisée par Pascale Fortunat à Cannes, pour rassembler le monde du cinéma franco-hollywoodien. © DR

 

Mais derrière la reine des cocktails et des réseaux se cache surtout une femme qui rêve désormais d’écriture. « Moi, j’aime écrire, c’est ce que je préfère faire. » Co-scénariste sur plusieurs projets, elle avoue même une envie secrète de réalisation. Avant de sourire à nouveau : « Il va falloir que je lève le pied sur quelque chose, parce que les nuits sont courtes. » À voir l’énergie qui circule encore dans la villa à minuit passé, personne ne semble prêt à lui demander de ralentir.

 

 

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