Mardi 12 mai, Balt, pépite française des dispositifs neurovasculaires de pointe, a inauguré en grande pompe un second site à Irvine, en Californie du sud. Une étape décisive pour l’expansion du groupe aux États-Unis, où il vient d’annoncer un investissement record de 400 millions de dollars d’ici 2030. Reportage.


Une zone industrielle d’Irvine, au cœur du dynamique comté d’Orange. Il est presque 11h, ce mardi 12 mai, et malgré la grisaille de rigueur en cette saison dans le sud de la Californie, l’ambiance est électrique sur le parking de Balt. Plusieurs centaines d’employés sont rassemblés autour d’une estrade, sous des barnums blancs décorés de grappes de ballons verts, face à un bâtiment flambant neuf, floqué du logo du groupe, vert également.
Ce jour-là, Balt inaugure un second building au « 35 Parker » à Irvine, juste derrière le premier édifice où le groupe français pionnier des dispositifs neurovasculaires s’est implanté il y a 10 ans seulement, avec une quarantaine de salariés à l’époque. Ils sont désormais 450 et devraient être 1200 d’ici 2030, avec l’ouverture de ce nouveau site stratégique. Il accueillera bientôt de la recherche et développement, des équipes commerciales et les « affaires cliniques » - indispensables pour obtenir les longues et coûteuses autorisations de la FDA - tandis que de nouvelles lignes de production s'étendront dans l'espace libéré dans le premier bâtiment. Objectif : accélérer la conquête du marché américain.
Un investissement record de 400 millions de dollars d’ici 2030 aux États-Unis
Il s’agit d’une nouvelle étape dans la croissance spectaculaire de Balt, entreprise familiale née en 1977 à Montmorency (Val-d’Oise), qui s’est internationalisée en 2015 après l’acquisition majoritaire du fonds d’investissement Bridgepoint. Ses dispositifs médicaux de pointe - coils, stents, cathéters, liquide embolique - soignent des patients victimes de ruptures d’anévrisme, d’AVC, ou de maladies neurovasculaires dans le monde entier, de manière « endovasculaire », c’est-à-dire sans ouvrir la boîte crânienne…
Et depuis 10 ans, aux États-Unis, où l’entreprise réalise aujourd’hui 30% de ses revenus. 250 millions de dollars y ont été investis depuis 2016. Et ce n’est qu’un début. Une semaine auparavant, lors du SelectUSA Investment Summit, à Washington DC, le groupe a annoncé un investissement record de 400 millions de dollars sur les cinq prochaines années aux États-Unis. Un investissement qui bénéficiera pour l’essentiel au campus d’Irvine, le seul site de production de Balt outre-Atlantique.

« Nous ouvrons un nouveau chapitre, symbolisé par l’ouverture de ce magnifique bâtiment derrière nous, avec l’engagement de Balt d’investir 400 millions de dollars d’ici les cinq prochaines années et l’objectif de devenir l’un des employeurs clefs de cette belle ville d’Irvine » confirme Pascal Girin, le CEO de Balt, souriant et détendu, devant une cohorte impressionnante de représentants politiques et économiques locaux, américains et français (dont Dimitri Demianenko, consul-adjoint de France à Los Angeles, Morgan Jacquat, de Business France et Aurélie Brisac, directrice de la chambre de commerce franco-américaine de Los Angeles). « C’est énorme pour les États-Unis, pour la Californie et bien sûr pour Irvine » se félicite à son tour Larry Agran, le maire de la ville, « véritable hub biomédical du sud de la Californie. »
Inventer les produits qui verront le jour dans 10, 15 ou 20 ans
Après les discours, Pascal Girin, muni d’une énorme paire de ciseaux, coupe un superbe ruban vert, sous les flashs des photographes et les applaudissements des salariés de Balt. Derrière lui, le drapeau français, le drapeau américain et le drapeau de Balt flottent devant le nouveau bâtiment. C’est ici, sur le sol américain, que s’écrit le futur du groupe. Les nouveaux locaux, immaculés, sont encore vides. À l’intérieur du site historique, derrière une vitre, en salles blanches, des employés, blouses blanches et charlottes sur la tête, fabriquent à la main les fameux coils : un travail d’une minutie extrême, réalisé à l’aide d’un microscope.
« Ce nouveau bâtiment, c’est à la fois pour soutenir la croissance, mais c’est surtout pour préparer l’avenir de la société, explique François Davy, Président du conseil d'aministration de Balt. Il s'agit d'avoir un centre de R et D complètement intégré et d'accélérer l’innovation à la fois sur les produits qui sont en portefeuille, mais aussi de pouvoir travailler sur les innovations qui verront le jour dans 10, 15 ou 25 ans. Et puis surtout, ça laisse également de la place pour augmenter les capacités de production du site.»
Le marché américain, moteur du futur de Balt
L’histoire américaine de Balt est récente, mais fulgurante. « Il y a dix ans, Balt ne vendait encore aucun produit aux États-Unis », rappelle Solenne Chardigny, directrice de la communication globale, basée à Boston. En 2016, l’entreprise rachète une start-up à Irvine, Blockade, spécialisée dans une seule gamme de produits : les coils, de minuscules spirales utilisées pour traiter certains anévrismes cérébraux. « À partir de cette structure-là, Pascal Girin a développé l’entreprise aux États-Unis en partant de pas grand-chose. L’idée était vraiment de fabriquer aux États-Unis pour le marché américain. »

Les États-Unis, avec plus de 340 millions d’habitants, occupent désormais une place centrale dans la stratégie du groupe. « C’est un des premiers marchés au monde », rappelle François Davy, membre du board de Balt, venu spécialement de France. « Avec le vieillissement de la population, les maladies vasculaires du cerveau touchent de plus en plus de patients, alors même qu’un grand nombre ne sont pas encore traités, avec des séquelles voire des décès. »
La proximité avec les médecins, avec qui Balt collabore étroitement ici comme ailleurs dans le monde, joue également un rôle clé dans le développement de ses produits. Quant au choix d’Irvine, il ne doit rien au hasard. La ville concentre de nombreux acteurs du secteur biomédical et bénéficie d’un bassin d’emploi hautement qualifié.

Balt vise un milliard de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2030
Balt vise désormais un milliard de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2030, contre 320 millions en 2025. À cette échéance, les États-Unis devraient représenter la moitié des revenus du groupe, contre environ 30 % aujourd’hui. « Le futur de Balt se fera en grande partie ici, aux États-Unis. Cela va vraiment être la locomotive de l’entreprise », reconnaît Solenne Chardigny.
À plus long terme, le groupe envisage même une possible introduction en bourse aux États-Unis, signe supplémentaire du basculement progressif de son centre de gravité économique vers l’Amérique du Nord.
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