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Des fleurs pour Giordano Bruno chaque 17 février

Par Karine Gauthey | Publié le 17/02/2022 à 07:00 | Mis à jour le 17/02/2022 à 07:00
La statue de Giordino Bruno à Rome

Chaque 17 février, la piazza Campo de’ Fiori, en plein centre de Rome, honore Giordano Bruno, l’une des nombreuses victimes de l’Inquisition. Mais pourquoi représentait-il une menace ? Quelles étaient ses idées ? Pourquoi a-t-il été brûlé à l’âge de 52 ans ?

 

"Nous déclarons cet espace infini, étant donné qu'il n'est point de raison, convenance, possibilité, sens ou nature qui lui assigne une limite"

Giordano Bruno, L'infini, l'univers et les mondes (1584)

 

Originaire de Naples, Giordano Bruno devient, à la suite de ses études, prêtre dans un couvent dominicain en 1573, mais il se voit dans l’obligation de le quitter trois ans plus tard. Il est en effet accusé d’hérésie à cause de ses discours au sujet de la magie, la cosmologie et la physique. S’ensuit alors un long voyage en Europe, durant lequel il enseigne la physique et les mathématiques en France (Henri III crée pour lui une chaire « extraordinaire » à la Sorbonne, pour le dispenser d’assister aux offices religieux) et fait un bref passage en Angleterre avant de revenir s’installer en France.

 

Durant cette période, il s’intéresse de près aux travaux de Nicolas Copernic et de Nicolas de Cues et développe la théorie de l’héliocentrisme en même temps qu’il met en avant la preuve, à son époque, qu’il existe un univers infini, dans lequel sont présents une multitude d’astres et de mondes semblables au nôtre. Il publie notamment son œuvre majeure, De l’infinito, universo e Mondi (De l’infini, l’univers et les mondes) et est de nouveau contraint à fuir, d’abord en Allemagne, avant de revenir à l’Université de Padoue dans l’optique d’y obtenir une chaire de mathématiques.

 

Rapidement dénoncé à l’Inquisition vénitienne, il est dans un premier temps emprisonné en 1592 à Venise. A la suite de huit années de procès, d’abord blanchi par les tribunaux, il est incarcéré dans les cellules du Vatican à la demande du pape Clément VIII. Giordano Bruno affirme toujours ses convictions devant le pape, lors d’une ultime demande de soumission, il répond : « Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter. » Il est alors déclaré hérétique, amené nu sur la piazza Campo de’ Fiori, au centre, à la vue de tous ; on lui cloue la langue sur un mors de bois et est brûlé nu le 17 février 1600.

 

Pour lui rendre hommage, la ville de Rome a fait ériger une statue de bronze d’un homme vêtu d’un capuchon de moine sur le lieu de son exécution : la piazza Campo de’ Fiori. Chaque année, nombreux sont ceux qui déposent devant sa statue des couronnes de fleurs ou des bougies.

 

Aujourd’hui encore, le Vatican refuse de gracier Giordano Bruno, malgré une multitude de demandes, alors que Galilée a été gracié en 1992. D’après le Vatican, les études menées sur la pensée de Giordano Bruno « ont mis en évidence qu'elle était substantiellement étrangère au message chrétien ».

Karine Gauthey

Karine Gauthey

Rédactrice en chef et Directrice d'édition bénévole pour Lepetitjournal.com/Rome
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