Entre qualité de vie, opportunités professionnelles et expérience internationale, le Volontariat International en Entreprise (VIE) continue de séduire de nombreux jeunes Français.
Plus de 200 volontaires sont actuellement présents au Portugal. Lepetitjournal/Lisbonne a rencontré Aurore Le Tumelin, représentante du Club VIE Portugal, pour faire le point sur cette expérience qui constitue souvent un véritable tremplin professionnel.
Lepetitjournal.com : Pouvez-vous nous présenter le Club VIE Portugal ?
Aurore Le Tumelin : Le Club VIE Portugal existe depuis 26 ans. Son objectif est de fédérer les volontaires internationaux présents au Portugal mais aussi les anciens VIE qui ont choisi d'y rester. Aujourd'hui, nous comptons un peu plus de 200 volontaires internationaux dans le pays ainsi qu'une cinquantaine d'anciens VIE qui continuent de participer à la vie du réseau. Nous organisons des événements professionnels, des rencontres de networking et des moments plus conviviaux afin d'aider les nouveaux arrivants à s'intégrer et à développer leur réseau.
Comment êtes-vous arrivée au Portugal ?
Je suis moi-même une ancienne VIE. Je suis arrivée à Porto il y a une dizaine d'années et je ne suis finalement jamais repartie. À l'époque, le pays sortait encore difficilement de la crise économique. On voyait beaucoup plus de bâtiments abandonnés qu'aujourd'hui et certaines zones étaient encore marquées par les conséquences de cette période. Depuis, le Portugal a énormément évolué. Les villes se sont transformées, de nombreux projets ont vu le jour et le pays est devenu beaucoup plus attractif à l'international.
Pourquoi le Portugal attire-t-il autant les jeunes Français ?
Le Portugal offre une qualité de vie exceptionnelle. Il y a le climat, la sécurité, la proximité avec la France et l'accueil des Portugais. C'est aussi un pays relativement dépaysant tout en restant très accessible culturellement. Beaucoup de jeunes apprécient également le rythme de vie portugais, souvent perçu comme plus détendu que dans d'autres pays européens.
Quels sont les secteurs qui recrutent le plus de VIE ?
On retrouve beaucoup de volontaires dans les secteurs de l'industrie, des services, de la technologie, de l'énergie ou encore de la finance. Le Portugal accueille de nombreuses entreprises françaises et constitue souvent une porte d'entrée vers des fonctions à dimension internationale.
Quels sont aujourd'hui les principaux défis rencontrés par les jeunes volontaires à leur arrivée au Portugal ?
Le logement reste sans doute la principale difficulté, notamment à Lisbonne, à Porto et dans les grandes villes en général où les loyers ont fortement augmenté ces dernières années. Trouver un appartement peut prendre du temps, surtout lorsqu'on arrive dans un nouveau pays.
Il y a également toutes les démarches administratives liées à l'installation. Obtenir un NIF (numéro d'identification fiscale), un NISS (numéro de sécurité sociale) ou encore accomplir certaines formalités administratives demande du temps et peut parfois sembler complexe lorsqu'on ne connaît pas encore bien le système portugais.
Enfin, la langue peut représenter un défi dans certaines entreprises ou dans la vie quotidienne. Même si de nombreux Portugais parlent français ou anglais.
Le statut VIE permet-il malgré tout de vivre confortablement au Portugal ?
Oui. L'indemnité VIE reste attractive et elle est généralement supérieure au salaire moyen portugais. Cela permet aux jeunes de profiter pleinement de leur expérience, de voyager dans le pays, de découvrir la culture locale et de construire une véritable vie sociale en parallèle de leur activité professionnelle.
Le VIE est-il toujours un accélérateur de carrière ?
Oui, cela reste un véritable atout sur un CV. Je vais être très honnête : les missions proposées en VIE ne sont pas toujours les plus passionnantes ou les plus conformes à ce que les volontaires imaginaient au départ. J'entends régulièrement des jeunes me dire que leur mission ne correspond pas exactement à ce qui leur avait été présenté ou qu'ils ne se voient pas forcément exercer ce métier plus tard. En revanche, l'expérience acquise est extrêmement précieuse. Il faut s'adapter à une nouvelle culture, à une nouvelle entreprise, à des collègues que l'on ne connaît pas, apprendre rapidement de nouvelles missions et développer de nouvelles compétences. Tout cela constitue un apprentissage considérable. Lorsqu'ils rentrent en France, cela fait souvent la différence. Entre deux candidats au profil similaire, celui qui a vécu seul à l'étranger, qui a su s'intégrer dans un nouvel environnement professionnel et obtenir des résultats dispose généralement d'un avantage important.
Beaucoup de volontaires choisissent-ils de rester au Portugal après leur mission ?
Certains restent, soit parce qu'ils sont recrutés par leur entreprise, soit parce qu'ils sont attachés au pays et à son mode de vie. Mais nous rencontrons aujourd'hui une difficulté importante. Les VIE sont généralement très bien rémunérés grâce au dispositif soutenu par Business France, alors que les salaires locaux sont souvent beaucoup plus faibles. Nous avons donc parfois du mal à retenir certains jeunes Français à l'issue de leur mission. Lorsqu'ils comparent leur indemnité de VIE aux offres proposées en contrat local, celles-ci peuvent paraître moins attractives financièrement. C'est un sujet sur lequel nous réfléchissons actuellement, car il serait intéressant de pouvoir conserver davantage de ces profils au Portugal après leur expérience de volontariat.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui envisage de partir en VIE au Portugal ?
Je lui dirais de foncer. Le volontariat international est une opportunité formidable, notamment parce qu'il offre un cadre très sécurisant pour une première expérience à l'étranger. On sait que l'on sera correctement rémunéré, que l'on bénéficie d'un accompagnement grâce à Business France, au Club VIE et à l'ensemble de la communauté des volontaires. En cas de difficulté, on n'est jamais seul. J'ai moi-même vécu à l'étranger dans plusieurs pays et ce n'est pas toujours évident lorsqu'on part sans réseau. Le VIE apporte justement cette sécurité qui n'est pas négligeable. Quant au Portugal, c'est un pays qui offre une excellente qualité de vie. Pour les personnes qui aiment l'océan, qui apprécient une culture forte et qui souhaitent vivre quelques années à l'étranger, c'est une destination particulièrement attractive. Mon conseil est donc simple : profiter pleinement de l'expérience. Quelle que soit la suite de votre parcours, un VIE apporte énormément, tant sur le plan personnel que professionnel.




















