Avant que les lauréats ne soient dévoilés lors de la cérémonie le 28 janvier prochain à la Résidence consulaire, découvrez les profils exceptionnels des 4 finalistes du Trophée Innovation numérique et technologique des Trophées des Français du Maroc, parrainé par l'ECE.



Cédric Goulaye, Fondateur de Zendure (Casablanca)
Fort d’expériences en recherche de produits et en import-export sur plusieurs continents, Cédric Goulaye a développé une expertise approfondie dans l’identification, l’évaluation et le déploiement de solutions techniques adaptées aux marchés internationaux, avec une spécialisation marquée dans les domaines du chauffage et des énergies renouvelables. « Mon parcours s’est construit au contact de marchés très différents, avec une attention constante portée aux exigences de performance énergétique et de conformité réglementaire », explique-t-il. Cette trajectoire s’inscrit dans la continuité des standards européens en matière de décarbonation et d’efficacité énergétique, constituant un socle solide pour accompagner des projets engagés dans la transition énergétique.
Dans ce contexte, le Maroc s’est imposé comme un marché stratégique, porté par une croissance urbaine soutenue, des besoins énergétiques croissants et un cadre favorable aux investissements dans les énergies renouvelables, en particulier le solaire. La convergence entre expertise européenne et réalités locales a permis le développement de solutions innovantes, performantes et adaptées aux contraintes climatiques et économiques du pays. « L’enjeu n’était pas de dupliquer un modèle européen, mais de l’adapter intelligemment au contexte marocain, en assurant un véritable transfert de savoir-faire », souligne-t-il.
Ce qui rend son expérience exceptionnelle réside avant tout dans sa capacité à lancer et structurer un projet international au Maroc sur des bases humaines solides. Il a su s’entourer à la fois de personnes de confiance issues de son entourage et de partenaires marocains hautement qualifiés, profondément ancrés dans leur territoire. Cette alliance entre expertise locale et vision internationale a permis de dépasser les obstacles classiques du développement à l’étranger et de bâtir des relations durables fondées sur la confiance, le respect mutuel et une vision partagée. « La réussite du projet repose avant tout sur les femmes et les hommes qui le portent », affirme-t-il, mettant en avant la dynamique collective créée au sein de son équipe, où la complémentarité des profils et l’intelligence collective favorisent l’innovation et l’adaptabilité.
Il est aujourd’hui fondateur et dirigeant d’ACDC SAS, société éditrice de la plateforme zendure.ma, première entreprise marocaine dédiée à la démocratisation de la production d’électricité résidentielle grâce à des solutions solaires Plug & Play. ACDC SAS assure la distribution exclusive au Maroc des solutions Zendure et déploie un modèle structuré reposant sur la formation des installateurs, l’accompagnement technique et commercial, ainsi que le développement d’un réseau national de partenaires B2B et B2C. Le showroom solaire de Casablanca joue un rôle central de vitrine technologique, de démonstration et de formation.
Les solutions proposées permettent aux appartements, historiquement exclus de l’autoproduction énergétique, de produire leur propre électricité simplement, sans travaux lourds, avec une réduction pouvant atteindre jusqu’à 90 % de la consommation électrique sur les usages couverts. Elles contribuent à la réduction des énergies fossiles, à la stabilisation du réseau électrique et au renforcement de l’autonomie énergétique des ménages urbains. Depuis son lancement, le projet a permis le déploiement de plusieurs dizaines de solutions solaires, la structuration d’un réseau croissant de partenaires locaux, la sensibilisation de nombreux foyers à l’autoproduction et la création d’emplois directs et indirects. Son engagement et son caractère innovant ont été récompensés par le Trophée de l’Innovation Immotech 2025, décerné par la BMCI et Mubaweb.

Sarah Jaidi, Fondatrice et dirigeante de Kiwi Collecte (Rabat)
Sarah Jaidi a effectué son lycée à Al Jabr à Casablanca, établissement homologué par l’AEFE. Elle débute son parcours professionnel à distance depuis Paris, en accompagnant le Maroc, notamment la Banque Centrale et le Ministère des Finances, sur les conditions juridiques, financières et écosystémiques d’adoption de moyens de financement alternatif, avec un focus particulier sur le financement participatif. « J’ai travaillé depuis Paris sur les cadres permettant au crowdfunding de devenir un véritable outil de développement, à la fois sécurisé, inclusif et structurant pour l’économie marocaine », explique-t-elle.
Depuis un an, Sarah est installée au Maroc après l’obtention d’un agrément de Bank Al-Maghrib, étape décisive ayant permis de rendre pleinement opérationnelle la plateforme de crowdfunding Kiwi Collecte. Cette initiative vise à permettre à la société civile de s’engager de manière plus structurée dans les grands axes de développement du pays grâce à la technologie. Kiwi Collecte propose deux modes de participation complémentaires : le don, avec ou sans contrepartie, et l’investissement collaboratif. « Mon ambition est de transformer l’acte citoyen, en particulier chez les jeunes, en un levier concret d’inclusion financière et de solidarité durable », souligne Sarah.
Son expérience se distingue par un impact tangible et rapide. En 2023, elle orchestre la plus grande campagne de solidarité en ligne lors du séisme ayant frappé la région d’El Haouz, collectant 1 million d’euros auprès de 18 000 donateurs à travers le monde, au profit d’ONG marocaines, internationales et du Fonds National d’Urgence. « Cette mobilisation internationale a démontré la puissance de la tech lorsqu’elle est mise au service de l’intérêt général », confie-t-elle, évoquant l’un des moments les plus marquants de son parcours.
Depuis 2024, Kiwi Collecte est devenue la première plateforme marocaine de financement collaboratif agréée par la Banque Centrale et partenaire d’Attijariwafa bank. En quelques mois, la plateforme a réuni près de 10 000 contributeurs, accompagné plus de 60 campagnes et permis de collecter près de 5 millions de dirhams. L’ensemble de ces initiatives a eu un impact direct sur plus de 100 000 bénéficiaires, touchant des publics variés allant de la jeunesse aux personnes vulnérables, en passant par l’enfance, le handicap, la culture et le sport.
Sarah se prépare désormais à lancer en 2026 le crowd equity au Maroc, afin d’offrir aux petits investisseurs la possibilité de soutenir financièrement des projets prometteurs. Cette évolution permettra également de mettre en lumière les talents et startups marocaines, en les exposant directement, sans intermédiaire, à leur public et à leurs marchés potentiels. « Il s’agit de démocratiser l’investissement et de donner à chacun la possibilité de croire, concrètement, en des projets à impact », explique-t-elle.
Pour son engagement en faveur de l’entrepreneuriat féminin, de l’innovation financière et de la transformation citoyenne par la technologie, Sarah Jaidi a été distinguée par le Trophée de l’entrepreneuriat féminin de la Fondation El Mada.

Mahja Nait Barka, Fondatrice et Directrice MAHJA de CitizOn (Rabat)
Française installée au Maroc depuis plusieurs années, Mahja a construit un parcours professionnel à la croisée de la culture, du numérique et de l’engagement citoyen. « J’ai fait le choix de m’inscrire durablement dans les dynamiques locales, en travaillant sur un sujet à la fois sensible et stratégique : la valorisation du patrimoine urbain marocain à l’ère du digital », explique-t-elle. Son parcours s’inscrit dans une logique franco-marocaine assumée, mêlant entrepreneuriat culturel et action associative au service de la transmission et de la mémoire des villes.
Elle est la fondatrice de CitizOn, une startup culturelle et touristique qui développe des circuits audio-guidés, des jeux urbains et des expériences numériques permettant de découvrir les villes marocaines autrement. « Avec CitizOn, nous avons voulu rendre le patrimoine accessible à tous, visiteurs et habitants, en racontant l’histoire des villes de manière vivante et documentée », précise Mahja. CitizOn propose aujourd’hui des parcours dans six villes et poursuit son déploiement avec l’objectif de couvrir une vingtaine de villes à l’horizon 2027. En mobilisant les outils du numérique – audio, cartographie interactive, gamification et bientôt intelligence artificielle – CitizOn touche des publics variés et contribue à renouveler les récits urbains, loin des clichés.
En parallèle, Mahja est secrétaire générale de Casamémoire, association de référence pour la sauvegarde et la médiation du patrimoine architectural et urbain de Casablanca. À ce titre, elle participe à la conception et à la mise en oeuvre de projets de médiation culturelle d’envergure, tels que les Journées du Patrimoine, des visites guidées, expositions, conférences et actions de formation. « Mon engagement au sein de Casamémoire vise non seulement à raconter la ville, mais aussi à défendre concrètement son patrimoine et à former les acteurs locaux », explique-t-elle.
Ce qui rend son expérience singulière est sa capacité à transformer un engagement culturel et associatif en un projet entrepreneurial viable, tout en conservant une exigence éthique et intellectuelle forte. « Je suis particulièrement fière d’avoir contribué à positionner des villes comme Casablanca dans des récits plus complexes et plus justes, intégrant leur histoire sociale, architecturale, sportive et populaire », confie Mahja. Des projets comme Casablanca Sports Quest, développés en partenariat avec la SMIT et les ministères marocains du Tourisme et de la Culture, illustrent cette approche innovante, où le patrimoine se raconte aussi par le jeu et l’expérience collective.
CitizOn a été lauréate de Réseau Entreprendre Maroc en 2024, incubée par la SMIT, U-Founders (UM6P) et la French Tech Maroc, et a reçu le Prix de l’innovation digitale culturelle lors du Smart City Expo 2024 de la Région Casablanca-Settat. Mahja a également été sélectionnée par la French Tech Maroc dans le cadre du programme Elles Tech Tour en 2025. Casamémoire, de son côté, a été distinguée par le Moroccan Social Innovation Award, catégorie Culture, et bénéficie d’une reconnaissance nationale et internationale.
À travers CitizOn et Casamémoire, Mahja incarne une nouvelle génération d’acteurs culturels qui utilisent le numérique comme levier de transmission, de sensibilisation et d’innovation, tout en oeuvrant à la préservation et à la valorisation du patrimoine urbain marocain. « Mon objectif est de créer des outils et des expériences qui rapprochent les citoyens, les touristes et les institutions autour de l’histoire et de la mémoire de nos villes », conclut-elle.
Wafa Rhallam, Co-Fondatrice de VISIOPROCESS (Casablanca)
Ingénieure diplômée d’un DUT en génie mécanique et d’un Master en entrepreneuriat de l’INSEEC Paris, Wafa Rhallam a débuté sa carrière professionnelle en France avant de s’expatrier rapidement sur des projets de construction à travers quatre continents : Europe, Océanie, Amérique et Afrique. « J’ai commencé en Nouvelle-Calédonie sur le projet KONIAMBO, une mine de nickel à ciel ouvert, puis j’ai eu la chance de travailler en région parisienne chez Bouygues Ouvrages Publics, sur des projets comme le TGI de Paris, la rénovation de l’Accor Arena et de l’Université de Jussieu », raconte-t-elle. Entre ses missions en France, elle a également participé à des projets à Miami, aux Bahamas et à Saint-Martin pour Bouygues Construction Amérique.
En 2016, animée par le besoin de voyager à nouveau et de travailler dans un contexte international, elle décide de s’installer au Maroc, son pays d’origine, avec la volonté de contribuer au développement local. « Je me suis installée au Maroc et suis devenue consultante freelance, avec l’immense honneur d’intervenir sur des projets phares comme la Tour Mohammed VI à Rabat et le Palace Royal Mansour à Casablanca », explique Wafa. Forte de ces expériences multiculturelles, elle lance en 2023, avec ses associés, la société VisioProcess, qu’elle dirige depuis Casablanca en tant que CEO pour le développement de la zone Afrique et Moyen-Orient.
VisioProcess est spécialisée dans les solutions technologiques pour la gestion énergétique des bâtiments et des sites industriels. Sa mission est de rendre la performance énergétique accessible, intelligente et rentable, notamment pour les PME. Au coeur de l’offre se trouve SmartGlobe, une plateforme capable de collecter, analyser et agir en temps réel sur les données de consommation énergétique, sans travaux lourds et compatible avec différents équipements et protocoles. « SmartGlobe permet de piloter à distance les installations, d’optimiser leur fonctionnement et de détecter les anomalies, tout en garantissant une maintenance efficace », précise Wafa. Grâce à cette solution, les entreprises peuvent réduire significativement leur consommation énergétique, avec des gains de 30 à 40 % en moins de deux ans, intégrant l’intelligence artificielle pour optimiser les comportements futurs.
Pour Wafa, son parcours est avant tout riche de découvertes, de défis et de rencontres multiculturelles. « Exceptionnelle serait prétentieux comme terme, mais mon expérience a été riche de découvertes géographiques exceptionnelles, de challenges professionnels et de collaborations internationales », confie-t-elle. Pour son engagement et son impact en Afrique, elle a été distinguée Ambassadrice de Solutions pour l’Afrique par le média Notre Voix SAS lors de la Semaine Afrique des Solutions.
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