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Trophées Maroc : les 3 finalistes du Trophée Entrepreneur 2026

Avant que les lauréats ne soient dévoilés lors de la cérémonie le 28 janvier prochain à la Résidence consulaire, découvrez les profils exceptionnels des 3 finalistes du Trophée Entrepreneur des Trophées des Français du Maroc, parrainé par EDHEC Business School.

les 3 finalistes du Trophée Entrepreneur 2026les 3 finalistes du Trophée Entrepreneur 2026
Écrit par Damien Bouhours
Publié le 9 janvier 2026, mis à jour le 14 janvier 2026

Découvrez les parcours des 3 finalistes. Qui pour succéder à Marie Perez

 

Jean-Baptiste Kouatche, Co-fondateur et Co-CEO de Washminute (Marrakech)

 

Jean-Baptiste Kouatche, Co-fondateur et Co-CEO de Washminute (Marrakech)

Jean-Baptiste Kouatche s’est installé au Maroc il y a environ quatre ans après un parcours en conseil stratégique. Il a d’abord travaillé au sein de Southbridge, spin-off de McKinsey, où il a participé à des missions à fort impact, notamment auprès du ministère marocain de la Santé dans le cadre de la réforme du système de santé, ainsi qu’à des projets internationaux avec la Fondation Bill & Melinda Gates. Ces expériences lui ont permis d’acquérir une compréhension fine des politiques publiques, des enjeux sociaux et des modèles économiques à impact.

En 2024, il lance Washminute, une startup cleantech qui réinvente le lavage automobile au Maroc à travers un modèle mobile et économe en eau, dans un contexte de stress hydrique croissant. En moins de deux ans, plus de 20 000 opérations B2C ont été réalisées, permettant d’économiser entre 900 000 et 4,9 millions de litres d’eau, avec un taux de réclamation inférieur à 2 %. Après plusieurs phases pilotes concluantes, Washminute a signé des collaborations B2B majeures, notamment avec Budget et Arval.

L’expérience de Jean-Baptiste Kouatche se distingue par la recherche d’un triple impact écologique, social et humanitaire. Sur le plan écologique, Washminute utilise dix à cinquante fois moins d’eau que les stations traditionnelles. Sur le plan social, la startup recrute et forme des centaines de jeunes issus des NEET (Not in Employment, Education or Training), souvent éloignés de l’emploi, en leur offrant un accompagnement structuré. Sur le plan humanitaire, l’entreprise s’engage auprès d’associations, avec une première donation réalisée en 2025 au profit de l’orphelinat Radia à Marrakech.

Ce dont il est le plus fier est d’avoir su transformer une ambition d’impact en résultats concrets et mesurables, en conciliant innovation, performance économique et responsabilité sociale. Comme il le résume lui-même : « L’impact n’a de sens que s’il est mesurable, durable et créateur de dignité pour celles et ceux qu’il concerne. » Cette approche a été récompensée en 2025 par plusieurs distinctions, notamment par la Near East Foundation et Emerging Business Factory pour son impact social et sociétal, ainsi que par la BMCI – Groupe BNP Paribas pour son impact écologique. Le projet a également fait l’objet d’un reportage dans Finance News Hebdo, confirmant sa reconnaissance au sein de l’écosystème entrepreneurial marocain.

 

David Rodrigues, Fondateur de Tadwir Plastik (Casablanca)

 

David Rodrigues, Fondateur de Tadwir Plastik (Casablanca)

David Rodrigues est arrivé au Maroc en mars 2015 après une carrière de photographe de presse en France. Dès son arrivée, il a déclaré : « J’ai immédiatement participé à la création du média numérique LeDesk comme photojournaliste. » Cette première expérience lui a permis de couvrir l’actualité marocaine, se rapprochant des enjeux politiques, sociaux et économiques du pays. Après trois ans passés au sein de la rédaction, il a poursuivi son parcours en collaborant avec des médias locaux comme Telquel et internationaux tels que Jeune Afrique, avant de se tourner vers la photographie publicitaire pour de grands comptes marocains comme OCP et Cosumar.

La crise du Covid a été un tournant pour lui. David a mentionné : « J’ai concrétisé ma passion pour le développement numérique en suivant un cursus en ligne dans ce domaine » et a ensuite fondé sa première start-up, Troisième Chambre. Leur principal projet, « la création de jumeaux numériques de biens immobiliers à partir de leur plan de masse », a été récompensé lors du premier salon Immotech, organisé par Mubawab au Maroc.

En 2024, David a créé Tadwir Plastik. Cette entreprise est un service de collecte de déchets recyclables en porte-à-porte, conçu pour aider les particuliers et les entreprises à les éliminer de manière responsable. « Nous travaillons en partenariat avec des coopératives locales pour assurer la collecte et la valorisation de ces déchets, tout en accompagnant l'intégration des travailleurs issus du secteur informel dans un cadre formel et structuré.», explique-t-il.

Ce projet a suscité l'intérêt de PME et de grands groupes dès les premiers mois, et l’entreprise a été soutenue par des incubateurs tels que le PNUD et FLAT6, avec l’obtention d’une subvention de 200 000 DH de Tamwilcom.

Il souligne également l’engagement de ses associés et des collecteurs qui travaillent à ses côtés : « Les valeurs que nous portons collectivement constituent un moteur essentiel pour l'évolution de ce projet. » Après une décennie au Maroc, David affirme aujourd’hui que son parcours s’inscrit dans « une dynamique plus large qui anime le Maroc ces dernières années, faite d’initiatives, d’innovation et d’envie de construire localement. »

 

Sbiri Touria, Présidente de Serp Recyclage (Casablanca)

 

Sbiri Touria, Présidente de Serp Recyclage (Casablanca)

Sbiri Touria est une figure engagée de l’économie circulaire et de l’inclusion sociale au Maroc. Présidente de la FEDERCC, elle oeuvre activement à la protection de l’environnement tout en défendant les droits et la dignité des chineurs, acteurs essentiels mais longtemps invisibilisés de la chaîne du recyclage. Son engagement repose sur une conviction forte : « il n’y a pas de transition écologique durable sans justice sociale ».

Franco-marocaine, son parcours transnational lui a permis de développer une vision ouverte et comparative des enjeux environnementaux et sociaux. Après une expérience à l’étranger, elle a fait le choix de revenir au Maroc pour s’y engager pleinement, animée par la volonté de contribuer concrètement au développement durable de son pays d’origine. Cette double culture constitue un véritable atout dans sa capacité à dialoguer avec des partenaires institutionnels, économiques et associatifs, tout en restant profondément ancrée dans les réalités du terrain.

Sous son leadership, la FEDERCC a mis en place des initiatives structurantes en matière de recyclage, de gestion des déchets et de valorisation des ressources, tout en accompagnant les chineurs vers une meilleure reconnaissance sociale

et professionnelle. À travers des actions de sensibilisation, de formation et d’organisation collective, elle contribue à améliorer leurs conditions de travail, à renforcer leur inclusion économique et à leur offrir des perspectives durables. Son approche holistique allie écologie, éducation et justice sociale, générant un impact concret et mesurable sur les communautés concernées.

Ce qui rend l’expérience de Sbiri Touria particulièrement remarquable est sa capacité à incarner un leadership féminin engagé et résilient. Elle a su fédérer des acteurs aux profils variés autour de projets porteurs de sens, démontrant que l’engagement citoyen, lorsqu’il est structuré et guidé par une vision claire, peut devenir un puissant levier de transformation. Comme elle aime le rappeler : « redonner de la dignité aux chineurs, c’est aussi changer notre regard collectif sur les déchets et sur ceux qui les valorisent ».

Son parcours et son action ont été salués par plusieurs distinctions, parmi lesquelles MedWomen, le Trophée de l’Industrie du Maroc, le Trophée de l’Économie Circulaire de l’AFCEM et le Challenge Les Chances du Maroc. Aujourd’hui, Sbiri Touria s’impose comme une actrice de référence de l’économie

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