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Coup de massue sur Rome

Par Le Petit Journal de Rome | Publié le 08/03/2019 à 06:52 | Mis à jour le 08/03/2019 à 06:59
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Voici venu un petit récit concernant la vie du puissant Hercule.

C’est en souvenir de cet exploit qu’un temple lui a été édifié sur les rives du Tevere, dont les vestiges se situent aujourd’hui entre le Tibre et la Bocca della Verita (là où se trouvait autrefois accolée au temple, une porte de Rome). Ce temple existe toujours aujourd’hui, comme pour illustrer la robustesse du héros tueur de géants (dans cette histoire en tout cas) qu’est le célèbre Hercule.

Aux temps antiques vivaient les dieux, les hommes et les demi-dieux, fils des hommes et des dieux tel le thébain Hercule, dont nous relatons l’histoire ; mais aussi toute sorte de créatures issues des temps chtoniens ou du Tartare comme les géants. L’un de ces géants était Cacus, un monstre plutôt lâche muni de jambes de bouc et doté d’une taille considérable. Il était le lointain parent de l’horrible Géryon (géant lui aussi), qui lui donnait toujours de sévères raclées lors des réunions de familles alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Il s’agit sûrement du destin de ce pauvre géant Cacus de se faire écraser !

Cependant, celui-ci avait tout de même trouvé un lieu à dominer de toute sa taille de géant, un lieu où personne ne venait lui taper dessus : il était installé dans la plaine des Latins. Dans les environs, on l’appelait « l’ombre des sept collines de Rome », en raison de sa grande taille. Cette brute immense, semblable à une montagne, passait le plus clair de son temps à panser ses blessures reçues lors de la guerre des géants contre les dieux de l’Olympe. Il avait fui la bataille avant que Jupiter ne finisse par punir les géants de leur audace, car ces derniers s’étaient rebellés contre son pouvoir. Il avait alors sauté par-dessus la mer Adriatique grâce à un grand bond de bouquetin et s’était caché en Italie.

Pas de chance pour lui, Hercule fuyait lui aussi la colère d’un dieu, ou plutôt d’une déesse, Junon, car il était le fils illégitime d’une mortelle et de Jupiter, son mari. Folle de rage et de jalousie, la reine des dieux, ennemie d’Hercule, cherchait par tous les moyens à assouvir sa vengeance maladive. Le puissant Hercule (qui était un peu naïf mais très fort) se fit alors punir à cause des erreurs de son père, comme souvent cela arrive dans les affaires de famille, et dut accomplir douze grands travaux. Mais il ne s’agissait pas des travaux à faire dans le jardin de sa maison ou dans sa petite ville bien tranquille de Thèbes, non ! Pour s’acquitter de sa dette, il allait devoir parcourir le monde, aussi vaste soit-il. C’était une triste vie que de parcourir les routes et d’être soumis aux volontés des autres, mais notre héros se comportait malgré tout en vaillant guerrier.

En effet, en revenant de son dixième travail et avant de partir en direction du onzième, qui l’amènera sur les bords du monde pour le porter sur ses épaules, après une ruse du géant Atlas (parce qu’on vous l’a dit, il était un peu idiot, cependant rassurez-vous, Atlas était encore plus fort et donc encore plus bête ! Hercule utilisa la même ruse pour que celui-ci porte de nouveau la voûte du ciel), il passa par l’Italie avec les bœufs du fameux géant Géryon. Hercule savait bien qu’il marchait sur les terres du cousin de son défunt ennemi, néanmoins, notre héros se dit ceci : « j’en ai déjà tué un, donc le deuxième ce sera pareil ! De la rigolade ! » Alors, à peine arrivé dans la plaine des Latins en traversant la mer tyrrhénienne et les Alpes, il se mit à grignoter tranquillement une pomme d’or du jardin des Hespérides. Harassé, il s’assoupit après avoir mis les bœufs dans une faille entre deux immenses rochers. Malheureusement, Cacus passait par là, il vit les beaux bœufs de son cousin Géryon cachés dans la grotte.

Sans se poser de question, il tenta de voler les bœufs, mais ceux-ci, craignant davantage la colère d’Hercule que celle de l’abominable géant, le prévinrent alors qu’ils étaient tirés hors de l’antre. Hercule, le héros aux bras forts, fut réveillé d’un bond, il saisit sa massue en se relevant, sortit de sa grotte, aperçut une immense montagne agiter les bras, essayant de lui taper dessus. Sur les bords du Tibre, sous le ciel bleu azur, la lumière vint aux yeux du fils de Jupiter et s’ensuit alors un duel d’une rapidité sans nom. Hercule n’eut pas le temps d’avoir peur, il était seulement très énervé qu’une montagne l’empêche de se reposer. Alors, il l’assomma d’un énorme coup de massue qui fit trembler la terre, puis donna un second coup pour être sûr de pouvoir se rendormir en toute quiétude.

À peine le combat terminé, une clameur survint : c’étaient les habitants du pays qui arrivaient de toute part pour le remercier. Effectivement, ils avaient si peur du géant qu’ils n’osaient remettre en cause son pouvoir. À présent, enfin libérés, Cacus étant mort, ils demandèrent au héros à la force indomptable s’ils pouvaient lui construire un temple et une ville autour du Tibre et des collines alentours à sa gloire. Ce dernier répondit en ronchonnant : « Si vous voulez », en mâchant un brin d’herbe alors qu’il tenait encore la tête du géant dans sa main. Et puis, comme il commençait à y avoir beaucoup de bruit, il prit les bœufs et continua son chemin vers le dixième de ses travaux.

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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.