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PROCES FOURNIRET - Monique Olivier, manipulée ou manipulatrice ?

Le procès Fourniret-Olivier se poursuit à Charleville-mézières. Hier, Monique Olivier s'est présentée comme une "victime"de son mari. Or la personnalité de la complice présumée de Michel Fourniret semble beaucoup plus complexe?

Monique Olivier dans le box des accusés (photo AFP)

L'énigme Olivier est au c?ur du procès des époux terribles. Au 22ème jour d'audience, la cour de Charleville-Mézières (Ardennes) tente de percer à jour la personnalité de la complice présumée de "l'ogre des Ardennes". Et ce n'est pas simple ! Car si la personnalité de Michel Founiret - tueur et violeur obsédé par la virginité - est claire comme de l'eau de roche, celle de Monique Olivier, 59 ans, pose problème. Que penser de cette femme, assise dans le box des accusés, les mains soigneusement croisées sur les genoux, vêtue de son éternelle polaire vert-de-gris, et parlant d'une voix monocorde et mal assurée ? "Je suis solitaire, incapable de me défendre" affirme-t-elle aux jurés. Les yeux larmoyants, elle décrit une enfance sans amour. Née en 1942 à Tours, elle n'a reçu que peu d'instruction.
Sa vie commence, selon elle, lors de sa rencontre avec André Michaux, son premier mari, à l'âge de 22 ans. De lui, elle aura deux garçons, en 1980 et 1981, mais conserve aussi de nombreuses séquelles. Jaloux et brutal, ce dernier n'aurait pas hésité à lui faire subir le supplice de la baignoire. "Faux !" affirme André Michaux, 70 ans, ex-moniteur d'auto-école de la Chapelle-sur-Endre (Loire Atlantique). Cité comme témoin, il parle d'une "paumée, une femme influençable, fragile, craintive".

Fausse soumise et vraie complice ?
"Son problème c'est qu'il doit lui manquer une case" affirme le fantasque André Michaux. Une affirmation que contredisent les psychiatres intervenus au cours du procès. Selon eux, Monique Olivier est parfaitement intelligente, elle n'a aucune pathologie mentale. Alors pourquoi cherche-t-elle à tout prix à se faire passer pour plus stupide qu'elle ne l'est ? Une stratégie de défense, affirme Maître Alain Behr, avocat des parties civiles. En se faisant passer pour une victime, elle attire la compassion des jurés. "Ma faiblesse c'est de ne pas savoir dire non"déclare Monique Olivier en baissant la tête.
Selon les psychiatres, elle aurait été flattée d'être l'égérie de Fourniret. Flattée au point de kidnapper des jeunes filles pour les offrir à son mari ? Car loin d'avoir été craintive, Monique Olivier a participé activement aux crimes : lorsque Fourniret n'avait pas réussi à violer l'une de ses victimes, c'est elle qui lui a fait une fellation. C'est encore elle, enceinte de huit mois, qui avait tenu en joue Fabienne Leroy, deuxième victime du tueur.
Ces lourdes charges permettent aux jurés de ne pas oublier qu'étant poursuivie pour complicité active dans sept meurtres, Monique Olivier a surtout été la "rabatteuse", celle qui menait les jeunes filles au diable.
Adeline BOURG. (www.lepetitjournal.com) mercredi 7 mai 2008

En savoir plus :
Libération - Les faux-fuyants d'une prétendue "femme soumise"
Le Figaro - Monique Olivier se pose en victime
France Soir - Le grand show de l'ex de Monique Olivier
Le Parisien - Les déboires conjugaux de Monique Olivier

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