

Installer un gigantesque atelier d'art dans les anciens locaux des pompes funèbres de la ville de Paris : tel est le pari qu'ont fait Robert Cantarella et Frédéric Fisbach. Attendez-vous à entendre parler du 104, dont le but va être de redonner vie à un quartier abandonné (Rediff)
L'intérieur des anciennes pompes funèbres de Paris est entièrement rénové
"Notre but est de faire de cet espace un lieu de travail pour les artistes ouvert à tous", explique Robert Cantarella à propos de son projet d'atelier d'art, le 104. Avec Frédéric Fisbach, ils avaient d'abord songé à s'exiler à Berlin, en quête d'un vaste espace où faire cohabiter tous les arts, avant de découvrir l'ancien site des pompes funèbres, situé au 104, rue d'Aubervilliers (19ème arrondissement).
Construites en 1874 et fermées en 1997, les anciennes pompes funèbres municipales ne demandaient qu'à faire peau neuve. La mairie de Paris avait déjà songé à en faire un espace culturel et le projet des deux artistes a été adopté. Les travaux ont commencé fin mars 2006, l'inauguration est prévue pour octobre.
Brassage culturel
"Il ne s'agit pas de faire de ces 25.000 m2 une nouvelle galerie d'art pour happy few mais un atelier ouvert à tous", insiste Robert Cantarella. Le 104 s'apparente à un grand hall, qui crée un passage entre la rue Cuvial et la rue d'Aubervilliers. Il sera aménagé de manière à ce que les habitants du quartier puissent y avoir accès de 7h à 22h. Côté rue Cuvial, un ou deux restaurants, un café, une supérette, une librairie et un espace d'accueil pour les enfants vont être ouverts afin de créer un véritable lieu de vie et d'animation dans ce quartier déshérité de Paris, où la culture permettra les rencontres et les échanges.
Le 104 devrait dévoiler deux salles de spectacle, pour exposer les oeuvres accomplies ou accueillir des événements ponctuels, seize ateliers, six appartements, une pépinière d'entreprises, ainsi qu'un pôle événementiel et économique et plusieurs commerces. Tous les artistes, quels qu'ils soient, pourront s'installer dans un des ateliers afin d'y travailler, à la condition d'ouvrir leurs portes une fois par semaine au public et d'y présenter leurs oeuvres.
Ce projet titanesque et génial, est pour les deux directeurs du centre, et la mairie de Paris qui s'y investit, l'occasion de dynamiser un quartier aux confins de Paris. L'endroit pourrait devenir une plaque tournante où se côtoieront les 30 communautés vivant sur place et les artistes et touristes venus du monde entier.
Matthieu DE GUILLEBON. (www.lepetitjournal.com) jeudi 31 janvier 2008


































