Dimanche 24 janvier 2021

Une journée contre les violences faites aux femmes

Par Rachel Brunet | Publié le 25/11/2020 à 17:34 | Mis à jour le 25/11/2020 à 17:45
Violences faites aux femmes

Depuis 1999, le 25 novembre est la Journée internationale de l’élimination des violences faites aux femmes, tristement célébrée dans le monde entier afin de dénoncer les violences en tous genres à l’endroit des femmes. Physiques ou psychologiques. Aujourd’hui débute aussi la campagne annuelle de l’Organisation des Nations Unies Femmes. 16 Jours d’activisme contre la violence basée sur le genre. Des mobilisations importantes mais qui sont toujours insuffisantes.

 

Violences faites aux femmes

 

 

243 millions de femmes maltraitées

Le 25 novembre 1960, trois femmes dominicaines, les sœurs Mirabal sont assassinées sur les ordres du chef de l’Etat dominicain. Le 19 octobre 1999, lors de la 54e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, les représentants de la République dominicaine et 74 États membres présentent un projet de résolution visant à faire du 25 novembre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales sont invités ce jour-là à mener des opérations de sensibilisation de l’opinion à ce grave phénomène.

Parmi les violences faites aux femmes, les violences domestiques. Parfois visibles lorsqu’il s’agit de coups, parfois invisibles lorsqu’il s’agit de violences psychologiques. Toutes aussi destructrices.

Selon des données de l'ONU Femmes publiées fin septembre 2020, le confinement a fait augmenter les plaintes ou appels aux autorités pour des violences domestiques de 30 % à Chypre, 33 % à Singapour, 30 % en France ou 25 % en Argentine. Un fait inadmissible qu’aucune femme ne devrait subir ! Au niveau mondial, seul un pays sur huit a mis en place des mesures pour atténuer les effets de la pandémie sur les femmes et les filles, selon l'ONU Femmes. La pandémie de violence à l’égard des femmes n’est pas nouvelle. Avant même que l’épidémie de Covid-19 enveloppe le globe, 243 millions de femmes et de filles avaient été maltraitées par leur compagnon au cours de l’année passée à travers le monde. La pandémie de Covid-19 a exacerbé la violence, alors même que les services de soutien s’essoufflaient et que l’accès à l’aide devenait plus difficile.

Dans les violences psychologiques faites aux femmes de la part d’un compagnon, d’un mari toxique, il y a l’isolement. La volonté d’un homme de priver sa conjointe d’amis, de sa famille, parfois même d’un emploi. Bref, de tout lien social. Pour mieux gérer l’emprise, rabaisser sa compagne. L’expatriation peut exacerber cet isolement. Insupportable. ÊTre le conjoint accompagnateur, dans un pays loin de ses proches, où l’on ne maitrise pas forcément ses droits et sous le visa et l’emprise d’un conjoint toxique est une situation encore plus alarmante.

À New York, les services de la ville ont aussi pris ce fléau à bras le corps. Un numéro d’urgence pour les femmes victimes de violences : 1-800-621-4673.

 

Violences faites aux femmes

 

Un ouvrage pour s’en sortir

Au fil d'une intrigue aussi poignante que déroutante, Natacha Calestremé, dépeint les effets de l'emprise et de la perversion, les silences qui accompagnent cette violence invisible, les pièges dans lesquels tombe l'entourage... Elle a peut-être trouvé les clefs pour s'en libérer.

« J’ai lu un très grand nombre de manuels de psychiatrie et de psychologie, j’ai rencontré des victimes de harcèlement, de perversion, de manipulation, et je me suis rendu compte que ces phénomènes étaient extrêmement bien décrits. Mais trois questions demeuraient absolument sans réponses : Pourquoi certaines personnes qui ont ouvert les yeux sur ce qu’elles vivent, n’arrivent pas à quitter leur bourreau ? Pourquoi, d’autres, qui sont parties, reviennent ? Et pourquoi, celles qui ont vécu ces violences psychologiques continuent-elles souvent de rencontrer des personnalités de ce type ? » explique la journaliste, auteure de  Les blessures du silence.

Natacha Calestrémé écrit ce livre après avoir perdu une amie très proche victime de violences de la part de son conjoint. À force de recherches et d’investigation, elle met au point un protocole pour aider les victimes à s’en sortir. « J’aurais tellement voulu connaître cette technique pour l’aider ! Je me dis qu’à travers toutes les personnes qui renaissent aujourd’hui, c’est elle qui revient un peu à la vie. »

« Si des personnes sont isolées par leur conjoint, qu’elles sont dans le déni et ne veulent plus vous parler, envoyez-leur le livre anonymement. La curiosité – et le fait que ce soit un roman – feront qu’elles le liront. L’une de ces personnes m’a notamment écrit, en septembre dernier : « j’ai reçu anonymement votre livre par la poste au mois de mai, je ne sais pas qui me l’a envoyé mais il m’a sauvé la vie car j’ai compris que ce que je vivais n’étais pas normal. Je me suis reconstruite et aujourd’hui, je vais bien » conclu la journaliste lors d’une conférence TedX où elle présentait son ouvrage.

Un message d’espoir pour ces femmes victimes de violences qui doivent garder en tête que la honte doit changer de camp !

#YouAreNotAlone

 

Pour commander à New York ou aux États-Unis « Les blessures du silence » de Natacha Calestrémé

 

 

 

 

 

 

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
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