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La ville de New York promet de loger tous les sans-abris sous 5 ans

Par Rachel Brunet | Publié le 28/01/2020 à 20:37 | Mis à jour le 28/01/2020 à 20:50
Sans-abris New York

Depuis que Bill de Blasio a pris les rennes de la ville de New York en 2013, le nombre de sans-abris a augmenté de 10 % par an. Aujourd’hui, il y a plus de personnes sans domicile fixe à New York que lors de la Grande dépression. Attaqué par la ville voisine de Newark pour tenter de s’y débarrasser de familles de sans-abris dans des conditions désastreuses, l’édile a promis de loger durablement tous les sans-abris d’ici 5 ans. Ils sont plus de 65,000 personnes.

 

Entre refuge et trottoir

La ville de New York compte quelque 650 sites d’hébergements que sont les refuges, les clusters et les hôtels sur l’ensemble des 5 boroughs. C’est principalement à Brooklyn (93 refuges), dans le Bronx (87 refuges) et à Manhattan (80 refuges) que sont hébergés les 61,054 sans-abris recensés par les associations, mais aussi par la ville, au second semestre 2019. Parmi eux, les 14,621 familles avec 21,419 enfants représentent les deux tiers des hébergés. Dans leur malchance, ces derniers peuvent tout de même passer la nuit au chaud, bien que dans des conditions très pénibles.

En 10 ans, le nombre d’adultes accueillis en refuge a doublé tandis que celui des familles est passé de 9,900 à presque 15,000. Et si la plupart des sans-abris recensés sont hébergés de manière provisoire, ils sont chaque nuit près de 4,000 hommes, femmes et enfants à dormir dans les rues ou sur les bancs du métro new-yorkais.

Les causes de ce nombre croissant de sans-abris sont attribuées tant à des accidents de la vie comme une perte d’emploi entraînant une perte de logement qu’à des addictions à la drogue, à l’alcool qui marginalise, à terme, la population concernée. Des associations comme Bowery Mission ou Coalition For The Homeless pointent aussi du doigt le déclassement de logements dit « stabilized » vers des logements « non-stabilized » où la réglementation des loyers n’est plus encadrée et contrôlée, et où, les populations les plus pauvres ont le plus de risques de perdre leur logement.

 

Le « super plan » de la ville

En décembre dernier, le démocrate Bill de Blasio a dévoilé un « super plan » pour enfin pouvoir loger durablement l’ensemble des sans-abris. Il a notamment indiqué que les autorités religieuses de la ville mettraient au service du dispositif cinq sites supplémentaires, susceptibles d'offrir 1,000 lits de plus.

Il s'agirait d'abris temporaires, qui devraient être installés au cours de l’année 2020 et s'ajouteraient aux 1,800 lits déjà disponibles dans le programme. Le plan prévoit aussi la mise à disposition de 1 000 logements permanents. L’édile a aussi annoncé débloquer une enveloppe supplémentaire de 100 millions par an.

Dans ce plan, un « outil » de géolocalisation a été dévoilé ce mois de janvier par les services de la ville. Il s’agit d’un système de caméras installées dans la ville lesquelles permettent de localiser les sans-abris et d’envoyer sur place une équipe chargée de convaincre ces derniers d’aller dans un refuge. Le plan ne parle toutefois pas des sans-abris dont le seul compagnon d’infortune est un ou plusieurs animaux, non acceptés dans les refuges, des personnes isolées de part une véritable fragilité mentale ou encore des personnes gravement atteintes d’addiction et complètement désocialisées.

Le super plan ne parle pas non plus de l’invisible, le peuple taupe. Ils seraient 40,000 femmes, hommes et enfants à vivre dans le sous-sol new-yorkais, loin de tous regards et clairement de tout recensement. Pour la ville, mais aussi pour les politiques, ils sont tout simplement inexistants.

 

Le visible

Si l’invisible n’est pas traité, la mairie s’efforce de faire le nécessaire quant au visible. Pour cela, la ville de New York n’a pas hésité à payer des familles entières de sans-abris pour qu’elles désertent la ville. Et cela lui a même valu un procès intenté par la ville de Newark, dans le New Jersey, agacée de voir des familles new-yorkaises envoyées par l’administration De Blasio et logées dans des conditions déplorables. En effet, plus de 3,000 familles new-yorkaises de sans-abris auraient quitté la ville en contre partie d’un logement payé d’avance pour une année. 1,000 familles auraient ainsi atterri à Newark et seraient logées dans des appartements sans chauffage, sans eau ou encore infestés de rats et de souris. Pour contrecarrer ce phénomène, Newark a fait passer une loi interdisant à tout propriétaire d’accepter plus d’un mois de loyer. Et oui, trop de propriétaires peu scrupuleux oublient facilement de faire des travaux et autres réparations pourtant obligatoires, surtout une fois que le loyer est payé par avance. Et peu d’ex sans-abris osent porter plainte contre ces derniers, qui seraient pourtant sanctionnés devant la cours compétente, en l’occurrence une « housing court ».

L’histoire, ou le plan, ne dit pour l’instant pas ce dont il advient de ces familles à l’issue de l’année de loyer honorée par la ville.

 

 

 

 

 

 

 

 

Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après des années dans la presse économique et spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et le rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal
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