Mercredi 8 juillet 2020

La galette des rois, une tradition bien présente à New York

Par Rachel Brunet | Publié le 27/12/2019 à 16:48 | Mis à jour le 31/12/2019 à 15:33
Galette des rois New York

D’origine grecque, le mot « épiphanie » signifie « apparition ». La fête de l’Épiphanie correspond au jour où les Rois mages, guidés par la lumière d’une étoile, arrivèrent jusqu’à Jésus, dans l’étable où il est né. Pour célébrer son arrivée et en guise de respect, les rois Mages offrirent des cadeaux à Jésus : de l’or, de la myrrhe, de l’encens. Au fil des siècles, cette fête de l’Épiphanie a évolué, et c’est désormais la galette des rois qui est le symbole de ce premier dimanche de janvier. Et bien évidemment, on en trouve à New York !

 

Mais pourquoi manger une galette ?

Nous mangeons chaque premier dimanche de janvier la traditionnelle galette des rois, car c’est l’Eglise qui institua cette tradition typiquement française qui remonte au 13e siècle. À cette occasion, la galette était partagée en autant de parts que d’invités, plus une part. Cette portion supplémentaire, appelée « part du Bon Dieu » ou « part de la Vierge » était donnée au premier pauvre qui passait.

Mais selon les régions, ou les pays, ce dessert est différent. Si la plupart des Français sont habitués à déguster cette double pâte feuilletée fourrée de crème frangipane, en Provence par exemple, l’Épiphanie se célèbre autour d’une couronne des rois. Il s’agit d’une pâte briochée, aromatisée à la fleur d’oranger et copieusement garnie de fruits confits (de la ville d’Apt, capitale du fruit confit, si possible). Les habitants du Loiret, dégustent de leur côté un pithiviers. La galette comtoise (galette sèche à base de pâte à choux recouverte de sucre et de beurre, aromatisée à la fleur d’oranger) orne les tables de desserts en Franche-Comté, tandis que la nourolle fait le bonheur des Normands, et le tortell celui des Catalans.

Et si les expatriés ont réussi à ramener la désormais célèbre galette des rois aux USA, n’oublions pas que les Américains du Sud du pays, dégustaient déjà le King Cake. Contrairement à la tradition en France, le King Cake est consommé pendant toute la période qui s’étend de l’épiphanie à Mardi Gras. Cette tradition a été apportée par les Créoles, descendants des colonies françaises et espagnoles, qui se sont installés à la Nouvelle-Orléans. 

 

La tradition de la fève

La fève dans la galette des rois remonte au temps des Romains. Au 11e siècle, certains avaient pour habitude de désigner leur chef en cachant une pièce dans un morceau de pain. Une pièce d’argent, une pièce d’or ou bien pour les plus pauvres, un haricot blanc. Celui qui la trouvait était alors élu. Il faudra attendre la fin du 18e siècle pour que les premières fèves en porcelaine fassent leur apparition dans les gâteaux briochés. Elles représentaient alors l’enfant Jésus. Après la Commune de Paris, ce dernier a dû laisser sa place à un petit bonnet phrygien. Autres temps, autres mœurs. D’ailleurs, de nos jours, la traditionnelle galette des rois servie à l’Elysée, ne comporte pas de fève. Pour la simple et bonne raison que « Tirer les rois » n’est pas forcément en adéquation avec les idées de la république.

Aux USA, la fève est souvent proposée à part de la galette, non pas pour des valeurs républicaines, mais pour une simple question de législation. Selon l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA), un produit destiné à être mangé ne doit pas contenir d'élément non-comestible. Mais il semblerait que notre très française et célèbre galette des rois bénéficie d’une dérogation puisque, toujours selon la FDA, cette réglementation ne concernerait pas la galette. Toutefois, nombre de pâtissiers français, basés à New York, ne préfèrent pas prendre le risque d’un client non averti de notre coutume et qui, au pire, s’étoufferait avec le sujet ou mieux, se briserait une dent contre une fève en porcelaine. Le petit sujet ou la fève sont donc ainsi souvent proposés à part. Mais pas toujours !

 

Où trouver une galette des rois à New York ?

Manger une galette des rois ou un gâteau des rois à New York, n’a rien d’impossible, au contraire. Voici les coups de coeur de la rédaction.

Pistache, le traiteur qui monte, installé à Brooklyn, propose la traditionnelle galette à la frangipane, mais propose aussi une variante plus créative parfumée à la pistache. Mais pas que ! Le traiteur propose aussi aux new-yorkais de découvrir la version provençale de ce dessert avec la fameuse couronne des rois. Et ils en font la promesse, les fruits confits viennent de la ville d’Apt, capitale en la matière. Pistache livre à Brooklyn, Manhattan et Queens du 3 au 31 janvier. Pour cela, il suffit de passer sa commande par téléphone ou email.

Mille-Feuille propose aussi tant la galette des rois que la couronne des rois. Subtilité de l’année, le chef cache cette année un « mill silver lucky charm » dans une des galettes vendues jusqu’au 30 janvier. L’heureux gourmand qui la trouvera recevra un bon d’achat de $30 à utiliser dans l’une des pâtisseries Mille-Feuille de New York.

L’Épicerie Boulud, du célèbre chef lyonnais propose une belle galette des rois pur beurre à venir chercher ou à se faire livrer directement chez soi ou au bureau. Et oui, aux Français de faire découvrir leurs traditions à leurs amis américains...

D’ailleurs, Dominique Ansel propose une galette des rois format XXL laquelle promet de ravir les papilles de 60 à 70 gourmands. Un autre exploit du célèbre pâtissier français de New York. Pour les desserts en famille ou entre amis, Dominique Ansel propose aussi une version de sa délicieuse galette des rois pour 6 à 8 convives.

La galette des rois de Benoit, l’un des restaurants d’Alain Ducasse, revient cette année encore. À retirer directement au restaurant après en avoir passé la commande.

Et n’oubliez pas la tradition, c’est le plus jeune des convives qui, caché sous la table, décide de la distribution des parts. La tradition veut que celui qui trouve la fève désigne ensuite son roi ou sa reine...

Bon appétit !

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
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