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D-Day, l’histoire de l’amitié franco-américaine dans le sable et le sang

Par Rachel Brunet | Publié le 04/06/2021 à 14:15 | Mis à jour le 06/06/2021 à 21:02
photo du débarquement en Normandie

Ce 6 juin est la célébration du 77e anniversaire du débarquement des soldats américains en Normandie. Hier, à Picauville (Manche), dans un champs où il y a 77 ans un C-47 s’est écrasé, touché par les tirs nourris de la défense anti-aérienne allemande, un jardin mémoriel a été inauguré. Il rend hommage aux vingt jeunes soldats américains qui ont péri dans ce crash. Ils venaient de Virginie, de l’Ohio, du Texas, de l’état de New York et ce fut « leur première et leur dernière bataille ». Malgré quelques restrictions dues au protocole sanitaire, le Normandy Victory Museum célébrera comme il se doit le 77e anniversaire du Débarquement en Normandie.

 

D-day

 

D-Day, du sang et du sable

Le 6 juin 1944 est le jour où l’amitié franco-américaine s’est scellée dans le sable et le sang. Mais n’oublions pas que les Anglais et les Canadiens faisaient aussi partis des alliés. Il est un peu moins d’une heure du matin lorsque les planeurs de la 6e division aéroportée britannique, lançés au-dessus de Ranville, donnent le top départ de l’opération «Overlord». Quelques heures plus tard, sous les ordres du Commandant Kieffer, un commando britannique débarque à Sword Beach tandis que d’autres soldats britanniques débarquent à Gold Beach. Le secteur de Juno Beach est celui affecté aux Canadiens.

S'il est un endroit où le Débarquement a bien failli échouer, c'est sur la plage d’Omaha Beach, située à Colleville-sur-Mer. Les lourdes pertes que les troupes américaines y subissent lui vaudront le triste surnom de Bloody Omaha. 34 000 soldats américains y débarquent tandis que 32 000 arrivent à quelques encablures, à Utah Beach. Au total, 156 000 soldats alliés américains, britanniques et canadiens, pour l'essentiel, foulent le sol de Normandie. Face à eux, retranchés derrière les blockhaus du Mur de l'Atlantique, ou stationnés en retrait dans les terres, les 105 000 hommes de l'armée d'occupation allemande les mitraillent. 

Au soir du D-day, l'état-major américain estime pourtant que les pertes humaines se sont avérées finalement moins lourdes que prévu : 10 600 tués, blessés ou disparus dans le camp allié alors qu'il avait envisagé 25 000 morts.

 

D-Day

 

Le D-Day, un jour d’accalmie météorologique 

Le chef allemand de la défense des côtes de la Manche n’est pas en Normandie le 6 juin 1944. Les Allemands savent que depuis plusieurs mois les alliés préparent un débarquement sur les côtes. La question est de savoir où mais aussi quand. Au début du mois de juin, les conditions météorologiques sont défavorables et obligent les forces alliées à repousser leur projet. Mais les prévisionnistes repèrent une petite accalmie à partir du 5 juin après-midi et les alliés décident de lancer l’assaut.

Un coup que les Allemands n’anticipent pas, persuadés de surcroît qu’il faut six jours de beau temps d’affilée pour que les alliés puissent lancer l’opération. Erwin Rommel, chargé de la défense de la côte de la Manche en profite pour partir le 5 juin en permission en Allemagne pour fêter l’anniversaire de son épouse. Mauvais timing… Le Débarquement des alliés, puis la victoire de la bataille de Normandie qui s’en suit permet peu à peu d’avancer vers la victoire contre l'armée du Reich.

 

D-day

 

Des noms de plages incongrus

La seule anecdote qui peut faire sourire quant à cette funeste journée du 6 juin 1944, c’est le nom attribué aux plages où ont débarqué les forces alliées. Les commandements américains et britanniques ont eu le choix des noms des plages sur lesquelles leurs soldats devaient débarquer. Les Américains choissent de donner à leurs plages le nom d’un État, Utah et d’une ville du Nebraska, Omaha, lieux d’origine de deux sous-officiers. Le général britannique Montgomery propose quant à lui des noms de poissons : Goldfish et Swordfish, qui deviendront Gold et Sword. En revanche, sa proposition d’appeler la dernière plage Jellyfish est rejetée : abrégé en «jelly», cela apparait peu approprié pour les circonstances… C’est le lieutenant-colonel canadien Dawnay qui trouve le nom final, Juno, qui n’est autre que le prénom de son épouse.

C’était il y a 77 ans ! Les alliés unissaient leurs forces pour combattre Hitler, le nazisme et sa conquête effrénée du continent européen. Pendant ce temps-là, un vent de populisme souffle sur le vieux continent.

 

(Un très joyeux anniversaire à un monsieur né la veille de ce jour apocalyptique, non loin de là...)

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
1 Commentaire (s)Réagir
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Yvan jeu 06/06/2019 - 14:30

Merci de sa part ?

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