Cinq ans après l’Accord de Paris, quel est le bilan ?

Par Harmonie Vandame | Publié le 15/12/2020 à 19:59 | Mis à jour le 16/12/2020 à 10:09
Bilan Accord de Paris

Malgré une baisse de dioxyde de carbone d’environ 7% liée à la pandémie de covid-19, le bilan de l’Accord de Paris demeure relativement maigre cinq après. Le rapport du PNUE (programme des Nations unies pour l’environnement) de 2020 relate que cette réduction des émissions mondiales n’aura pour conséquence sur le climat qu’une faible baisse de 0.01°C d’ici 2050. Le PNUE suggère que les pays doivent renforcer leurs engagements promis lors de l’Accord de Paris pour atteindre l’objectif d’un réchauffement climatique se limitant à 2°C.

 

Les bilans de l’Accord de Paris 

Le 12 décembre 2015 est signé par 195 pays le premier traité international visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. À l’issue de ce traité, les pays s’accordent à limiter la hausse des températures de 2°C voire 1.5°C afin d’obtenir un monde neutre en carbone d’ici la fin du siècle. Ils promettent de verser 100 milliards de dollars par an pour aider les pays les plus pauvres et d’organiser des rencontres tous les 5 ans. Cependant, les politiques adoptées par la communauté internationale sont inadaptées vis-à-vis des engagements de 2015, jugés comme des « promesses vides » par la jeune activiste écologiste suédoise Greta Thunberg. Depuis 2015, les États-Unis sont sortis de l’accord, pour la troisième année consécutive les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté notamment en raison de la multiplication des feux de forêt, 2020 est considérée comme l’une des années les plus chaudes enregistrées avec 2016 et 2019, et selon l’OMM (Organisation météorologique mondiale) il est possible que la température mondiale moyenne dépasse temporairement 1.5°C d’ici 2024. Selon le rapport du PNUE, il faudrait réduire la production d’énergie fossile de 6% par an d’ici 2030 si l’on souhaite atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris.

 

Conséquences de la sortie des États-Unis de l’accord 

Les États-Unis sont sortis formellement mercredi 4 novembre 2020 de l’Accord de Paris. La sortie du deuxième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre rend l’objectif de la COP21 plus difficile à atteindre. Cette décision a fait craindre un « effet domino » des autres pays signataires qui auraient pu se désengager, mais cela ne s’est produit. En revanche, le fait que les États-Unis se soient retirés de l’accord a provoqué une baisse des efforts de certains pays comme l’Arabie Saoudite, le Koweït, la Russie, l’Australie ou encore le Brésil qui ont revu à la baisse leurs propres objectifs. Cependant, il est important de rappeler que cette décision fut réalisée par l’administration présidentielle ainsi, ça n’a pas empêché des États, entreprises ou grandes villes américaines de mettre en place, à leur échelle, des mesures pour lutter contre le changement climatique. Puis, il était précisé dans le traité de Paris que les pays pouvaient sortir de l’accord 3 ans après l’entrée en vigueur du texte. Cela signifie que les États-Unis ont dû attendre 2019 pour entamer les démarches de sorties ralentissant ainsi, le processus de dérangement. Cependant, l’élection de Biden redonne une impulsion aux engagements climatiques, car il promet un retour des États-Unis au sein l’accord. Il a présenté un plan de 1 700 milliards de dollars pour atteindre les objectifs de neutralité carbone d’ici 2050. Toutefois, les engagements de Biden rencontrent certaines limites, car il ne compte pas arrêter la fracturation hydraulique, technique d’extraction des gaz naturels, dont le processus libère du méthane puissant gaz à effet de serre.

 

Le sommet mondial du 12 décembre 2020 

Ce sommet virtuel, co-organisé par les Nations unies, la France et le Royaume-Uni en partenariat avec le Chili et l’Italie, avait pour objectif de réaffirmer les ambitions de la communauté internationale concernant la lutte contre le dérèglement climatique. Le sommet avait comme ambition de se préparer à la futur COP26 repoussée d’un an en raison de la pandémie. Lors de la visioconférence, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré que « les politiques climatiques ne sont toujours pas à la hauteur de l’enjeu » et appelle à « déclarer l’état d’urgence climatique » mentionnant que nous devions fournir plus d’efforts pour réduire les émissions mondiales de 45% d’ici 2030. Les signataires doivent soumettre d’ici fin 2020 leurs engagements concernant la lutte contre le réchauffement du climat. Cependant, seulement une vingtaine de pays, représentant 5% des émissions mondiales, l’ont fait. Lors du sommet certains pays comme le Royaume-Uni, l’Union Européenne, la Chine et le Pakistan se sont engagés à fournir plus d’efforts sur la question. Les pays de l’UE s’engagent à réduire leurs émissions d’au moins 55% d’ici 2030 et la Chine, le Japon et la Corée du Sud comptent fournir davantage d'efforts pour atteindre une neutralité en carbone. Selon le PNUE, si les gouvernements s’engagent à mettre en place les mesures nécessaires pour réaliser une reprise « verte » après la pandémie, les émissions des gaz à effet de serre pourraient diminuer suffisamment et se rapprocher de l’objectif  de l’Accord de Paris soit 2°C de réchauffement climatique.

 

Sur le même sujet
Harmonie Vandame

Harmonie Vandame

Diplômée d’une licence en études internationales avec spécialisation en paix et sécurité, je m’apprête à commencer un master en administration humanitaire en Amérique du Nord.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction New York !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale