Mercredi 26 janvier 2022
TEST: 3277

Aux États-Unis, « Le Souvenir Français » honore l’amitié franco-américaine

Par Rachel Brunet | Publié le 10/11/2021 à 22:05 | Mis à jour le 14/11/2021 à 16:26
Photo : Thierry Chaunu, président de The American Society of Le Souvenir Français
Le Souvenir français aux États-Unis

11 novembre, une date historique pour la France, mais aussi pour son plus vieil allié, les États-Unis. Dans une démarche de mémoire et de souvenir, notre édition est partie à la rencontre de Thierry Chaunu, président de The American Society Of Le Souvenir Français. Il nous parle de l’amitié franco-américaine que l’histoire n’a jamais cessé d’écrire. De patriotisme, mais aussi et surtout de mémoire. Celle des soldats français tombés sur le sol américain. Pour les États-Unis.

 

Souvenir Français

Thierry Chaunu

 

Le Souvenir Français et l’histoire des États-Unis

« Le Souvenir Français est une association française d’utilité publique dont le président est sous la haute autorité du président de la République. Elle a été créée après la guerre franco-prussienne, en 1887, dans un souci patriotique d’honorer les morts » explique Thierry Chaunu, président de The American Society of Le Souvenir Français depuis un an. Avec plus de deux cents mille adhérents en France et dans le monde, la mission du Souvenir Français est d’honorer, d’entretenir les tombes des soldats qui ont combattu pour la France. « C’est en France qu’est la majorité des soldats tombés pour la France — et dans l’Hexagone que l’on retrouve le plus de plaques « Souvenir Français ». Dans les pays étrangers, il y a des cimetières militaires où des soldats sont enterrés et, là, ce sont les associations locales du Souvenir Français qui s’occupent d’entretenir les tombes, de les fleurir, et d’honorer la mémoire des soldats avec des cérémonies » explique Monsieur Chaunu. Et de rajouter, « aux États-Unis, nous sommes le chapitre américain du Souvenir Français, à la différence près que nous sommes une association américaine non-profit qui permet de récolter des dons, indispensables à la mission de l’association. »

 

  C’est la France qui permit l’indépendance des États-Unis

Énormément de soldats, d’officiers, de marins français sont enterrés aux États-Unis. La majeure partie d’entre eux sont tombés durant la Guerre d’Indépendance « Beaucoup d’Américains ne le savent pas, et peut-être que beaucoup de Français l’ont oublié, mais c’est la France qui permit l’indépendance des États-Unis » explique Thierry Chaunu, ferru d’histoire. Et de rajouter, « c’est d’ailleurs gravé sur la colonne de la victoire à Yorktown où il y a quantité d’annotations qui rappellent que les États-Unis ont été indépendants grâce à l’aide de la France ». Quand Rochambeau arrive à Newport et entreprend, avec les soldats français, une marche de plus de mille kilomètres afin de rejoindre Yorktown, nombre d’entre eux perdent la vie. « Nous avons le devoir d’honorer leur mémoire. Pour tous les soldats morts de maladie après une traversée de l’océan difficile, pour ceux qui sont morts au combat » explique Thierry Chaunu, « nous participons, avec d’autres associations patriotiques à toutes les manifestations américaines, parce que, fait unique dans l’histoire des nations, la France a été le premier pays à reconnaître les États-Unis en 1778, c’est le plus vieil allié des États-Unis, et pas simplement un des alliés. Nous n’avons jamais été en guerre l’un contre l’autre et nous avons toujours combattu côte à côte, même si parfois, il y a eu des conflits où l’un n’aidait pas l’autre. La camaraderie d’arme entre l’armée française et l’armée américaine a toujours été très forte. »

Un combat commun pour la liberté. Pour la démocratie. Une dimension mémorielle à cette amitié. Un autre devoir pour l’association. Un fait unique dans l’histoire de l’humanité. « Si Louis XVI n’avait pas envoyé l’armée aux États-Unis, peut-être que les Anglais n’auraient pas donné leur indépendance aux Américains » précise Thierry Chaunu.

 

Honorer la mémoire des soldats français

Les Français aux côtés des Américains. Pour Thierry Chaunu, rejoindre le Souvenir Français faisait partie d’un devoir et d’un intérêt plus que marqué pour l’histoire en général et l’amitié entre les deux nations, en particulier. Lui, qui est arrivé aux États-Unis il y a plus de quarante ans, y a fondé sa famille, poursuivi sa carrière. « J’ai deux amours comme dit la chanson » dit en souriant le président de l’American Society of Le Souvenir Français ». Et de rajouter, en référence à l’actualité « Joséphine Baker avait adopté la France, j’ai adopté les États-Unis ».

Si Lafayette occupe une partie majeure des livres d’histoire, « il y a quantité de Français qui ont contribué à la naissance et au développement des États-Unis. J’ai à coeur de faire connaître cette partie de l’histoire » explique avec passion Thierry Chaunu.

Ce 11 novembre, main dans la main avec la Fédération des Anciens combattants français, avec l’Association des Cadres de réserve, l’Association The French will never forget, l’American Society of Le Souvenir Français défilera sur la 5e Avenue, entre la 25e rue et la 45e à partir de 13 h 30, entourés de vétérans américains et d’autres associations patriotiques. Sous deux énormes drapeaux tenus par des scouts, au son de la fanfare Les Cadets Lafayette. Un témoignage dans lequel la société civile française, la société franco-américaine et la société  américaine s’associent, au nom de l’amitié et de l’histoire. « Jérémie Robert, Consul général de France à New York sera présent, et nous allons manifester notre attachement à cette amitié franco-américaine. Juste avant le Covid, nous avons fêté le 100e anniversaire de ce défilé qui a lieu tous les ans ».

 

  C’est la mémoire de l’époque

« Nous avons besoin de fonds pour non seulement entretenir les tombes, mais aussi pour créer des plaques mémorielles » explique le président de l’association. « Nous créons des plaques touristiques qui indiquent par exemple qu’à tel endroit, l’armée française a bivouaqué. Les gens ne savent pas que tous les vingt kilomètres des mille kilomètres de la marche, entre Newport et Yorkville, l’armée française a campé. Nous travaillons de plus en plus avec les autorités américaines pour contribuer à l’amélioration et à la propagation de ces souvenirs fabuleux. C’est la mémoire de l’époque. »

Selon les projets, les besoins pécuniers sont variables. Le grand projet à venir : la création d’un musée, d’ici 2023.  Pour cela, Odell house, située à Greenburgh, dans le Westchester, a été achetée par une association américaine. L’armée française y avait campé un mois, aux côtés de l’armée de Washington. C’était le quartier général de Rochambeau . « La ferme est restée dans son état d’origine et va être transformée en musée. Nous, le Souvenir Français, nous allons ériger une stèle à la mémoire de quatre soldats français, du régiment Royal Deux-Ponts, qui sont morts dans cette ferme, et pour cela, nous avons besoin de fonds » explique Thierry Chaunu.

Il y a partout aux États-Unis, l’empreinte de Français qui ont contribué au développement du pays. « Le fondateur de Chicago est un Français, le père de l’Arkansas est un Français, le père du Wisconsin est un Français » énumère Thierry Chaunu. La liste est bien plus longue…

Autre empreinte indélébile de la présence française aux États-Unis, La Belle, un bateau de la flotte du roi Louis XIV dans lequel près d’un million d’artefacts ont été découverts par des archéologues américains, en même temps que le bateau, en 1995. Du matériel pour commencer une colonie, des objects archéologiques mais aussi un squelette qui tenait dans sa main une écuelle en étain ornée de son nom. Ce soldat de la marine de Louis XIV a été enterré au cimetière national du Texas, à Austin. « Il mérite d’être honoré par notre génération » conclue, Thierry Chaunu. La Belle a, quant à elle, pris la direction de sa destination finale : le Bullock Texas State History Museum. Vestige de la présence française sur le sol américain. Un fragment d’histoire.

Une empreinte française qui a duré des siècles. Le Souvenir Français l’honore.

Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef des éditions New York et Miami du Petit Journal.
0 Commentaire (s) Réagir

Expat Mag

Cambodge
CINÉ

Angkor en trois dimensions

Une nouvelle production cinématographique, Angkor 3D : The Lost Empire of Cambodia propose aux spectateurs d’explorer depuis leur siège et en 3 D les merveilles archéologiques du Cambodge.