Samedi 11 juillet 2020

"Ti Amo Francia", un hommage aux Italiens qui ont fait la France

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 27/11/2019 à 00:05 | Mis à jour le 27/11/2019 à 13:39
Ti Amo Francia livre italie

De Léonard de Vinci à Pierre Cardin, le journaliste Alberto Toscano parcourt avec humour et amour, cinq siècles de symbiose franco-italienne pour célébrer ces milliers d’Italiens qui ont marqué la France.

« La France ne serait pas la même sans ses étrangers. Elle ne serait surtout pas la même sans les Italiens ». C’est ainsi que débute le dernier livre d’Alberto Toscano, Ti Amo Francia, journaliste italien basé à Paris depuis 1986, où il préside le Club de la presse étrangère. Avec humour et amour, le célèbre correspondant de la presse italienne à Paris offre un itinéraire à travers cinq siècles de symbiose franco-italienne. En souhaitant rendre un hommage vibrant tant à la France qu’aux Italiens qui en ont fait leur patrie, il met en valeur les Italiens qui ont marqué la France : De Léonard de Vinci à Pierre Cardin, de Catherine de Médicis à Zola jusqu’à Yves Montand. Des écrivains, des diplomates, des soldats, des hommes politiques, des artistes, des sportifs.

Aux côtés des illustres, Alberto Toscano n’oublie pas les milliers d’anonymes italiens, valorisant leur contribution à la vie française. Pour la plupart, ils sont arrivés au XIXème siècle et après la Première guerre mondiale. Il s’agit de travailleurs - surnommés les « Macaronis » ou les « Ritals » - qui ont construit physiquement la France : nombreux étaient les ouvriers qui ont bâti ponts et barrages, creusé des tunnels, édifié la Tour Eiffel, rappelle le journaliste. Et leurs enfants sont parfois devenus célèbre.

Sans oublier personne, il mentionne les 50.000 italiens qui ont combattu dans les rangs de la Grande armée napoléonienne durant la campagne de Russie, et leur rôle décisif dans la bataille de Moskova, qui a donné son nom à la station de métro et rue de Milan. Il parle de Lazare Ponticelli aussi, le « dernier des poilus », un Italien qui s’est battu pour la France sur le front-allemand en 1918. Il nomme ceux qui ont rejoint la Résistance française pendant la seconde guerre mondiale, comme Spartaco Fontanot. L’auteur rappelle encore un fait méconnu à travers la confession que lui fait Robert Badinter (ancien ministre de la Justice de François Mitterrand), sauvé par la bienveillance des occupants italiens entre novembre 1942 et septembre 1943 : « Il est certain que les Juifs, étrangers ou français, ont trouvé un refuge dans la zone d’occupation italienne. Il n’y a pas eu de chasse aux Juifs ni de rafle dans ces territoires français pendant ces dix mois. Bien au contraire ! Il y a eu une protection des Juifs de la part de l’armée italienne ».

 

Une alchimie franco-italienne

L’ouvrage documenté, aborde l’histoire sous un angle inédit, mais non sans humour.
On y découvre un autre Léonard de Vinci à travers son périple lors de sa traversée des Alpes pour répondre à l’appel du roi François 1er, jusqu’à sa vie au Clos Lucé. On découvre une autre Catherine de Médicis, cette jeune gourmande arrivée à Paris à l’âge de 14 ans, ou encore un autre Emile Zola.

Alberto Toscano met en exergue la contribution italienne à la France dans les domaines des sciences, de la politique, des arts bien sûr. Il s’agit de peinture, de cinéma avec Lino Ventura et Yves Montand (né sous le nom de Ivo Livi), de musique avec le musicien compositeur Rossini, les chanteurs Dalida, Juliette Greco ou Sergio Reggiani. Mais aussi d’architecture avec Renzo Piano, de mode avec Pierre Cardin, de sport avec le coureur cycliste Fausto Coppi et le footballeur Michel Platini, sans oublier l’humoriste Coluche, alias Michel Colucci.

Pour documenter chaque fait, souvent inédit, Alberto Toscano a interrogé des personnalités franco-italiennes. Parmi elles, le chef étoilé Massimo démonte l’origine de cinq plats supposés intrinsèques à la tradition culinaire française. Il n’hésite pas à casser des idées reçues sur le canard à l’orange, la soupe à l’oignon et les crêpes qui seraient en réalité nés en Toscane, la frangipane et les macarons importés à Paris par les cuisiniers italiens de Catherine de Médicis !

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