Trente femmes, ayant quitté le marché du travail pour s'occuper de leurs proches, ont récemment achevé le projet « Nouvelle chance pour les talents féminins de Milan », organisé par le Club RSE de la CCI France Italie en partenariat avec la ville de Milan et AFOL Metropolitana dans le cadre du Pacte pour le Travail. Une opportunité de relance professionnelle et de développement personnel qui aboutira à une Journée de l'emploi 100 % féminine le 30 mars à BASE Milano. À cette occasion, les participantes, pourront rencontrer des entreprises ayant des postes à pourvoir.


À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, la CCI France Italie et la ville de Milan ont présenté leur initiative dédiée aux femmes, fruit d’une collaboration innovante : un projet à impact visant à aider concrètement celles qui ont interrompu leur carrière pour s'occuper d'un proche ou d'un enfant, à se réinsérer professionnellement.
« Le seul intérêt que je vois à cette célébration du 8 mars est de s'en servir comme d'une échéance pour rendre compte des mesures concrètes prises afin de réduire ces inégalités », déclare Alessia Cappello, Conseillère au développement économique et aux politiques du travail de la municipalité de Milan, en rappelant que l'Italie a chuté à la 85e place dans le Rapport mondial sur l'écart entre les sexes 2025 du Forum économique mondial. Et d’ajouter : « Il reste encore beaucoup à faire pour l’empowerment féminin »
Le projet est né d’un constat :
Parmi les 33 % de femmes inactives à Milan, environ 78,6 % ont quitté le marché du travail pour s'occuper d'un proche et rencontrent des difficultés à le réintégrer (d’après les données de la Chambre du travail de Milan, 2024).
Concrètement, l’initiative vise à valoriser les compétences et l'expérience acquises pendant cette interruption de carrière, à renforcer la confiance professionnelle et à réduire l'écart qui se creuse souvent entre les candidates et les entreprises après une interruption de carrière.
Un besoin urgent, comme en témoigne les quelque 500 candidatures reçues pour participer au projet. Parmi elles, 30 femmes sans emploi ont été sélectionnées et soutenues pour leur réinsertion professionnelle. Âgées de 30 à 60 ans, elles vivent toutes à Milan, avec des parcours et des nationalités variés (Italie, France, Belgique, Russie, Pérou ou encore Mexique).
La première phase du projet, d'octobre 2025 à février de cette année, a proposé aux participantes une formation de perfectionnement, grâce à la collaboration de 13 entreprises franco-italiennes membres du club RSE de la chambre de commerce France Italie : Adecco Italia, Afnor, Air Liquide, Crédit Agricole Italia, Edison, Forvis Mazars, Havas PR, Pierre Fabre Italia et Pierre Fabre Pharma, Pirola Pennuto Zei & Associati, Roveda 1955, TotalEnergies et Veolia Italia. Ces dernières ont mobilisé leurs ressources humaines et managers, et ouvert leurs bureaux pour les ateliers de formation. Cette approche pratique a permis aux participantes d'améliorer leurs compétences digitales, d’optimiser leur CV et leur profil LinkedIn, de simuler des entretiens d'embauche ou encore de renforcer leur éducation financière.
Un élément clé du projet était le mentorat individuel : chaque participante, jumelée à un mentor ou un coach d'entreprise, a bénéficié d'un accompagnement personnalisé pour dynamiser son parcours professionnel, renforcer sa confiance en soi et définir des objectifs professionnels clairs et réalisables.
Les premiers résultats témoignent de progrès tangibles : 80 % des participantes ont déclaré être désormais plus conscientes de leurs compétences, mieux préparées au marché du travail et avoir mis à jour leur CV. La moitié des participantes a envoyé de nouvelles candidatures, environ un tiers a décroché de nouveaux entretiens et cinq femmes ont déjà entamé de nouvelles collaborations professionnelles.
Milena Giusto a quitté son emploi il y a deux ans pour s'occuper d'un proche après une longue carrière dans la mode. « Ce fut une période précieuse et exigeante, loin d'un travail frénétique digne du film Le Diable s'habille en Prada », explique Milena Giusto, qui a surmonté le sentiment de culpabilité lié à cette pause et aborde désormais de nouvelles opportunités avec une plus grande lucidité. « Nous n'avons pas à nous justifier », ajoute-t-elle.
Aurora Moriggi a rejoint cette initiative avec enthousiasme mais après cette interruption forcée, craignait initialement de ne pas être à la hauteur. « Cette formation m'a redonné confiance et motivation », confie-t-elle.
« La collaboration entre institutions et entreprises est essentielle pour réduire l'inadéquation entre les compétences et les opportunités, et pour valoriser les talents et la diversité, atouts stratégiques pour la compétitivité des entreprises et de notre système économique. Ce projet démontre que, lorsque les secteurs public et privé travaillent de concert, il est possible de construire des modèles structurés, efficaces et reproductibles », confirme Edouard Neyrand, président de la CCI France Italie.
Une journée dédiée au recrutement
La deuxième phase du projet se déroulera à Milan, à BASE, le 30 mars, avec une grande journée de l'emploi ouverte non seulement aux 30 participantes mais aussi aux 500 candidates.
Elles pourront passer des entretiens avec des entreprises pour des postes potentiellement à pourvoir. Une douzaine d'entreprises seront présentes pour rencontrer ces femmes sans emploi, leur offrant ainsi une occasion concrète d'échanger avec des recruteurs et d'accéder à de véritables opportunités.
Cette initiative entend incarner un modèle reproductible de collaboration entre le secteur public et le monde des affaires, capable de répondre spécifiquement aux besoins de réinsertion professionnelle des femmes et de développer des compétences précieuses pour l'ensemble du territoire.
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