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L’UE donne son feu vert pour le redémarrage de l'autoroute ferroviaire alpine

À l’arrêt depuis 2023, l’unique ligne de ferroutage entre l’Italie et la France à travers les Alpes a reçu l’approbation de la Commission européenne. L'autoroute ferroviaire alpine pourrait reprendre en septembre.

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Photo de Bogdan Nica sur Unsplash
Écrit par Maé Brault
Publié le 18 mars 2026

Seulement 175 km relient Orbassano et Aiton. Mais depuis le glissement de terrain de l’été 2023, la ligne de ferroutage transalpine est à l’arrêt. Mardi 17 mars 2026, le ministère italien des Infrastructures et des Transports et le ministère français des Transports, ont obtenu le feu vert de la Commission européenne pour une mesure de soutien au transport combiné (route et rail) sur l’autoroute ferroviaire entre l’Italie (Orbassano) et la France (Aiton). Ce ferroutage permet de faire traverser les Alpes aux camions sur des rails (environ 30.000 par an) plutôt que sur les routes, réduisant pollution et trafic routier dans la vallée de la Maurienne.

« Renforcer l’autoroute ferroviaire alpine »

« Ce projet vise à transférer le trafic de marchandises de la route vers le rail, réduisant ainsi l'impact environnemental, sanitaire et social du transport à travers les Alpes », indique la note du ministère italien. Le service, qui prévoit de charger jusqu’à 100 trains par jour dans chaque sens, soit 52.000 par an, pourrait reprendre dès le mois de septembre, selon la Société interportuaire de Turin (S.I.TO) citée par Il Sole 24 ore. En raison des fortes pentes et des caractéristiques techniques de la ligne, les trains doivent être tractés par deux locomotives, ce qui augmente les coûts pour les opérateurs. Pour compenser ces surcoûts et encourager le transport combiné, une aide d’environ 5 millions d’euros a été mise en place, financée à parts égales par l’Italie et la France, selon Il Sole 24 ore.

Dans le communiqué, le ministère des Transports a exprimé « sa pleine satisfaction quant à cette mesure attendue de longue date, qui renforce l'autoroute ferroviaire alpine entre l'Italie et la France grâce à un instrument de marché et remplace le modèle précédent, fondé sur le monopole d'un seul concessionnaire et qui était au point mort depuis plus d'un an ».

Un aval décisif

La décision de la Commission européenne était particulièrement attendue. En effet, depuis près de trois ans, la seule ligne de ferroutage entre l’Italie et la France, via le tunnel de Fréjus, est interrompue. Conséquences : pollution, augmentation du trafic routier et mise au chômage partiel pour certains travailleurs de la plateforme logistique d’Orbassano.

Mise en service en 2003, la ligne de ferroutage est gérée par la société AFA (Autostrada Ferroviaria Alpina), une filiale de la SNCF et de son homologue italien FS (Ferrovie dello Stato Italiane). La liaison était parvenue à retirer jusqu’à 240 camions par jour des routes et autoroutes mauriennaises (vallée alpine) pour les faire voyager sur les rails. Mais avec l’éboulement, les coûts des travaux s’élèvent alors que l’activité commerciale est à l’arrêt. Au total, quatre millions d’euros de passif sont accumulés. À cela s’ajoutent les coupes budgétaires des gouvernements de Paris et de Rome. Le 21 avril 2025, l’AFA s’inquiète dans un communiqué de l’absence de « perspective de reprise de l’activité », cessant toute activité. La relance de la liaison dépendait de la validation européenne ainsi que la mise en place d’accords financiers entre l’Italie et la France. 

 

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